CHAPITRE VI
■Qn consortium entre le héros et ses compagnons
Achevons l'examen des moyens auxquels les conteurs ont eu recours pour rendre vraisemblable l'interATUtion des doués.
Le conte arménien a, d'avance, simplifié les choses (lui, ou plu tôt un prototype), en établissant entre le héros et ses compagnons ce qu'on pourrait appeler un consortium. « Soyon? frères, » dit le héros de ce conte à chacun des personnages extraordinaires qu'il rencontre. Et, quand ces personnages demandent au jeune homme « oii Dieu les conduit », il leur répond : « ^Jous allons chercher la fille du roi d'Occident. » Sans doute, h;s « frères » lui disent immédiatement : « Il n'y a que toi qui puisses l'épouser » ; mais
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c'est tous ensemble qu'ils se présentent devant le roi, et c'est à loLis que le roi dit, par exemple, que, s'ils mangent telle énorme quantité de pains et de chaudronnées de soupe, « il leur donnera sa fille ». Ici, les personnages e:« traordinaires sont donc collectivement autorisés à intervenir, chacun pour sa part, dans l'intérêt commun.
Le consortium existe pareillement dans le conte tatare de Sibérie, et il y est pareillement reconnu par le prince, père de la belle Kûnar Sulu. (( Jeunes gens, dit par exemple le prince, j'ai un héros nommé Tsynsyr ; si, en luttant avec lui, vous le renversez, je vous donnerai ma fille. » (i).
T'.utes les taches ayant été exécutées, les « jeunes gens » prennent Kûnar Sulu et l'emmènent. Alors ils tiennent conseil : « Noua sommes sept, et il n'y a qu'une Kûnar Sulu. Si nous la coupons en morceaux pour la partager, à quoi cela nous servira-t-il ? Et chacun cède sa part à Jirtûschlûck (2).
Consortium aussi, en fait, dans le conte grec de Syra, entre Gianaki et ses compagnons surhumains, et, quand ils se présentent, tous ensemble, devant les drakos, ceux-ci leur disent : a Si vous exécutez trois tâches, vous pourrez emmener la drakopoula. »