‹ Les contes indiens et l'occidentChapitre 66 sur 92 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

La mère, sous une transformation, secourt sa fille avant et après sa mort. — Etranges contes turc et serbo-bulgare

Un. conte de l'île de Corse (miss Cox, n° 2/19), va nous amener à un nouveau groupe, très intéressant, de variantes :

La mère de Mariucella a disparu, sans qu'on ait jamais pu savoir ce qiui'elle est devenue, et le père s'est remarié avec une méchante femme. Mariucella est envoyée par la marâtre garder les vaches en filant du poil de chèvre ; un jour, il Ixii est ordonné d'avoir filé pour le soir un gros paquet de ce poil. Ne pouvant en venir à bout, elle se met à pleurer. Une de ses vaches s'approche d'elle et lui dit :

« Ne pleure pas, IMariucella ; je suis ta mère. Comme je suis fée, je filerai tout ce poil. » Quand la marâtre s'aperçoit de l'aide que la vache donne à la jeune fille, elle fait tuier la vache.

Cl) Dana an conte kabyle dn Djnrdjura, d'un type différent, que nous avons jadis résumé dans les remarques de notre conte de Lorraine n° 23, Le Poirier d'or. une femme meurt, laissant deux eiinfans. petit garçon et petite filJe ; elle défend à son mari de vendre certaine vache : « C est la vache des orphelins. » Maltraités plus tard par une marâtre, les enfants sont, nourris par la vache : puis la vache, tuée. etc. - Dans un conte arabe iI'Kj^ypte iR Basset, Contes pntmiaires (fAfnr/tie. Paris, 190.S. p 102), qui est. au fond, le rai-me (jue le conte kabyle. l'inLroducLion n'existe plus ; mais il semhle qu'elle ait laissé une trace dans (;cs paroles des deux enfants, adressées à la vache ((u'ils mènent paître: « 0 vache, sois bonne pour nous, comme notre niere élait buiine pour nous. »

Page 1