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CHAPITRE lï

En Orient

Les personnages extraordinaires délivrent une jeune fille enlevée, mais non encore captive

Les (jualie contes que nous avons à ranger dans celte subdivision, — va liantes presque identiques, d'un même thème, — proviennent du Cambodge, du Laos et du Siam, c'est-à-dire de ces peuples d 'Indo-Chine qui, pour leur ^\e intellectuelle, ont tout reçu de l'Inde, jiar le brahmanisme d'abord, puis par le bouddhisme (i). Tous les (juatre font partie de livres, dont l'origine est inconteslablemenl indienne. C'est donc, en réalité, des versions, très peu différentes, d'un même conle indien que nous allons avoir à examiner (2).

La version candxxigienne juibliée par M. Aymonier nous jiaraît la meilleure f.H) :

(jiialic lioiimies onl icrti les Icrniis (i'iui sn<.;(> l)rahmane, à Taxila, << la Jurande ville >i. l/iiii a (''Ind'h' l'astrologie ; iiii aiilie la seieiire <les armes, le lir à l'arc ; le Iroisièine, l'ai'' de ])l()ii<itM- et de marcher dans l'eau ; le deiniei-, l'arl fie ressusciter les moits.

Cil .joui- (jii'ih sont ensemble au Ixtid de la mei-, l'astrolotiiic annonce que hienlol ils \eii(iiil lUi aiiile eiii|,()i 1er dans son l)ec la filh^ du roi <ie

(ly II n'y a pas lien de revenir ici sur ce (ju'a de particulier en Indo-Chine, hi civihsation annamite (voir la Revue des Trtidilions populatres, juin 1913, p. 2C)'^. p. nS du tiré à pa' t).

2) (lonics cimlxid^iions : E Ay.momkr l'e.vtex Khmêrx (Sa'igon. 1878), p ^^. — Adhémar LEciiau;, Ca7)il)odj/e. f'nnies et Légendes fl'aris, 180 0. P- !<'• — Conte laotien : Adii. LEci.iÏRK. Contes laoliena et Contes cambodgiens 'Paris. 1903), j). 87. — Contes siamois : Ad. Hastian, fieofjra/>hisc/ie und h.lhnolnqiscUe Bilder (lena, 1873), p. 2();)-267.

(3i Nous avons di-jà donné (Rerue des Traditions populaires, mai-juin I9I(), p 101. p. 2SÎ> du Lire à part, note 2) ce comte cambodgien, à l'occasion d'un conte arabe des Mille et une A'ui'/s de Gali.axd, sur lequel nous aurons à revenir.

lU'uarôs. L'oiMMii c^i'. gurll('' cl abatlu par l'anlicr ; il tombe avec la j)iiiu-es,s(' au inilitii de la lucr. Le plongoiir repèclic la piincesse et l'appoile inariiiuéc mit le inauc, où elle esl ressiisrilrc par le (pialriènio coinpayiion.

I,t'(|ucl lies (|ualro épousera la princesse ? Cl 'est 1(! roi qui décide la (|Ui'slion, el l'on \erra son lrt>, cnrltux jugi'nienl dans la MoiiO' yniiihic spéciale sur la Dispuie entre les prétendants.

Les trois auti'es contes indo-chinois sont, nous l'avojis, dil^ des \ariantes de ce récit, avec quelques petites différences.

Seuls, les quali'c héros du conte siamois ne sont pas des étudiants ou plutôt des jeunesi gens qui viennent d'achever leurs études el ipii ont repris le chemin de leur pays ; ce sont (( quatre grands brahmanes », qui font, pour leur agrément, un voyage sur mer, et Ion ne voit pas comment ils ont acquis leurs talents extraordinaires. Les autres vaiiantes ont certainement mieux conservé sur ce point la forme primitive, surtout la version cambodgienne (jue nous a\ons résumée. La mention de Taxila, la ville sa\ante du \ieu\ bouddhisme, dans l'Inde du Nord, est une marque de l'origine indienne du conte. Les Djâtakas (le livre canonique où sont relatées les aventures du Bodhisattva, le futur Bouddha, le Bouddha //( jhri, (dans ses existences successives) parlent en maint endroit de cette ^ille où l'on va chercher la science. Dans le Djàtaka n° oi3, p(ir exemple, le Bodhisattva <( acquiert la connaissance de toutes les sciences à Takkasilà ». Dans le n° 37Z1, un jeune brahmaiu, lait spécialement les plus grands progrès dans l'art de tirer de l'arc, et il est désormais connu sous le nom de 1' (( Habile petit archer ))... C'est le Tireur de nos contes.

Du reste, le livre siamois, livre à cadre, dans lequel figure notre 'onte, n'ignore nullement ce qu'on pourrait appeler la grande univeisité bouddhique. Dans le récit-cadre, un fils de roi se met en route avec trois compagnons pour aller apprendre les u sciences magiques » dans la ville de Takkasinlâ.

h Les personnages extraordinaires délivrent une captive

Le petit conte indien que nous alloîis résumer est extrait du recueil sansciit la W'i'àhi-panlchavinçali (Les Yingl-cinq [Récits]

d'iiii Vi'tâla, sorie de vampire), recueil auquel on ]>i'ul fixer une date mininia ; car il est reproduit lont entier dans k- l\(ithâ Sarit Sâgam, (}' « Océan des fleuves de contes »), Acisifié au \i* siècle par Soniadéva de Cachemire.

Nous domiona ce conte, d'après pliis.ieiiis liaduclions allemandes:

Le bialniiaiie HaridAsa a nni> fille 1res l)el]e, MaliAdevî. ()uaiHl elle esl eu àfre d'être mariée, elle dit à son i^ère qu'elle n'épousera qu'un jeiuie honune ayant d'éminentes qualités. Envoyé par son roi elie/, un roi voisin, Haridâsa s'y voit demander sa fdle par un bralimaue qui dit remplir les conditions exigées : il sait construire im char qui, à travers les airs, va où l'on veut. Et il montre .^ Haridâsa un tel ctiar, construit de sa main. Après expérience, il est accepté comme gendre par Haridâsa.

Pendant le voyage de ce dernier, nu second brahmane, qui dit jx)sséder l'art de « reconnaître » les choses (par exemple, de découvrir où e' quand s'est passé tel événement), a obtenu du frère de Mahâdevî la main de celle-ci.

La mère, de son côté, a promis sa fdle à ini troisième brahmane, un Tireur, q\ii, sur un simple bruit, atteint infailliblement son objet.

Les trois prétendants se présentent à la fois devant le brahmane, à sa rentrée à la maison, et im grand débat s'élève entre eux. Mais, le lendemain matin, l'on s'aperçoit que la jeune fdle a disparu. Alors, le second des Ijrahmanes prend un morceau de craie, fait ses calcids et dit : « Elle est sur la montagne de Vindhya, où elle a été emix>rt<îe par un râkshasa (mauvais génie, ogre). — Je tuerai le râkshasa, dit le Tireur, et je ramènerai la jeune fdle. — Monte sur mon chai', dit le Construclenr, et pars ».

Le râkshasa tué et la jeune fdle ramenée, le débat reprend de jjIus l)elle. <( Tous m'ont prêté aide et assistance, dit le père ; h qui dois-je (loiuier ma fille ? »

Nous renvoyons la l'éponse à la Mouoyrapltie spéciale sur la Dispute cidre les libérateurs.

D'une \ariaide, égalenveul iiuli(M)U(\ di^ ce conte tlérive cerlainenieid. par \oie de traduction ou iriinilaticm, un conte que nous Irduvons dans deuv recueils persans, ]c T()l|.li-^'nuv''h (le (( Livre du Peri()(pift », imitation de la Çoiikasanfati, los (( Soixante-dix |Ké(it-| du Perroquet ») et le Singlïâsnii HalUsi (imitation de la SiiilKhiina-flmtrinçikâ, les (( Trente-deux f Récits] du Trône »):

Tn riche marehaud de Kâbonl a mic fdle d'une extrême beauté, noniniée Zolufi. Rechen:hée par de grands personnages, elle déclare qu'elle

ir^ipi)arli('iulra (]u'U celui (|ui se (listin^^iinail de lous aiilrcs par la ï^cioïKC cl le lalont.

I,a luMiNclIc s'iMi ii'païKi dans loin' le paNs, cl liois jeunes f,'eus, (leincniatil dans une \illc \()isinc. se icndciil ensemble à Kaboul, an|iiès dn inaiibaiid. Le |)rcniicr dil (|u'il possède; l'ail de connaître loute ( hose ipii arrÎM" en ce monde. Le sotoiid sail fabriquer Tin cheval de liois cl l'animer ]ïar des talismans, de t'a(^-on (pie son cavalicM' vole, à tr-avers les airs, où il \cul. Le lioisième csl un Xiclicr, (]ni ne maiiqur jamais sou bvd.

La jeune fille, inrormce ])ar sou père, dii (pi 'elle 1er a connaître sa décision le leudeniain. Mais, pcMidant la uuil, elle dis})araîl. Le marchand va trouver les trois ])réten(lanls. Le premier, a a])rès ra\oir l'ail attendre une heure », lui dit que la jeime fille a (Mé enlevée ])ar une f)cn (Hcc). et transportée dans un ehâteau, sur une monlafjue. Le marchand dit alors au second de fabiiquer sou cheval enchanté : l'Archer montera dessus, frappera la l'é<' d'une flèche et ramènera la jcum; fille.

Tout se fait ainsi. iNlais le(juel de ces habiles jeunes gens sera-'-il elioisi '.''

Celle variante indo-persane est pins simple <pie le conte de la ]'cfà[(i-pnnfchavinçnti. Les trois jeunes iîens se présentent ensemble dnanl le père, pour que la jeune fille choisisse entre eux un mari, et il n'y a pas cette circonstance, peu > raisemblable, de la jeune fille promise par trois personnes de sa famille à trois pré- Ipndanls.

Ce qui est important à faire remarquer, c'est que, dans le petit conte indien, comme dans les variantes persanes, le thème de la Ca/)//nc délivrée, — auquel, d'ordinaire, est juxUiposé le thème de la Dispute eiU're les libératenrs, — est enendré dans ce dernier Ihènie : les personnages 'à talents extraordinaires sont des pré- I tendants à la main de la jeune fille, avant de l'avoir délivrée, et ils font valoir leurs talents respectifs, avant d'avoir en l'occasion de h's mettre en œuvre. Il va là, certainement, rme forme non y^oint primitive, mais secondaire du thème de la Captive délivrée

\ons ne connaissons, comme présentant celle disposition des dîMix thèmes, qu'un conte italien de Yénétie. résumé précédemment.

Les trois prétendants et la jeune fllle délivrée non de captivité, mais des étreintes de la mort

Dans notre Monographie D, l'Epouse-iee (Section 11, ChaiVdrell)

(i), nous axons, sous le litre de \oiirounnih(ir, t'Iiidu' la |iicMiiirre Ijaitio du route arabe bien connu des Mille et une ^ltils de (ialland, VHidoin' du prince Ahmed a' de la fée Pari Banou.

Dans ce conte, cxinune dans le conte indien et dans ses variantes persanes, trois prtUendants (tiois l'rèresj briguent la main d'une j, iin(> fille : mais dès le début du récit, le lluMne des Ohjvis iiinvvillcii.r \ieiil se substituer au llième des T(dcnis ciiniordiiidircs : le liileur d- la jeune fille décide iiu'elle épousera celui des trois jeunes ^en< cpii rapportera do voyage l'objet le plus rare et le jvhis précieux.

Maliiié cette différence initiale, le conte arabe n'en aura pas moins, dans sa niarcbc^ c^e qu'on pourrait appeler la mèmc> ajluie l'énérale cpi(> leMonte indien. La jeune (ille, Nourounniliar. au lieu d'cMie enlevée par un être malfaisant, sera subitement atteinte d'une j^M-ave maladie ; mais, comme dans le conte indien, il; y aura, pour la sauver, l'action conoeirtée des trois, prétendants. L'un des l'rèic's. au moyen d'une lunette magique acquise jiai' lui. décou- \rira que la jeune fille se meurt (connue le calculateur du ci^i\\c indien découxre cpi'elle est c-aplive du ràksbasa); un .'^econd TriM-e. pnssesseur d'un tapis volant, lui fera jouer un rcMe. analogue à celui du cbai- \ol int indien : il transportera au cbevet de la inour.iule le troisième frc're qui, en faisant respirer à ce>lle-ci une pomme merveilleuse, tuera la maladie, connue l'Archer indien lue le ravisseur.

L'analogie entre les deux t>pes de contes est évidente. Dans une variante de^ !\ourounnili(n\ elle sera plus frappante encore; car les lalenl< extraordinaires y prendront (ou reprendront) la place des objets merveilleux.

Il en est ainsi dans un conte grec de l'île d'Astropialia (ancienne' \<lypal;ea) h.):

'l'idis ienrx'S jjens. jimis, s'ap('i-c;oiviMil . un Iveau jour, (lue c esl la lurriie jciine fille cpTils veiileni épciiiseï-. Ils coiivieiHicMti eni'V er.x cpTils ])aTlir<)nl en voyage, rhacmi "(le son côté : celui cpii ti'\ iiii(lr,i. « a\anl rq,|.ris le meilleur incVicr ». ('i)Ousora la jeune fille. A lent rrlmn. i; se Iroioe (pic l'un est (levenii un -( fameux astrologue, (pii i)ent (lire joui sni- loiile cliese )-;|e second esl (lc\eini un grand mcxleein, <( ea])al)le (le noiinici- nirinc les ruorls »; le îroisiènie a appris h courir plus \ili' inic ||. M'iil. cl « là on il \(Mil (Mi'e, il v esl en un instant n.

n- nevue (ha Traditions populaires, l'.)l(). p. 100; p. 28i du tiré à pari

(2) E. M. Geldart, Folk-lore of Modem G/vwe (Londres, 1884^ p. 111 (>i siuv

Pour sn\oii- (Oinniciil \,i l,i jcniK^ fille, riislrolo^^iic fixe les youx sur « l'rloilc (II" (l'ilc-ci » K \oit (|iic l;i huiiièro est ;m inoinonl de s'(''l<'iii- (irr. (I i;ilc cM inoiirnnio, dit-il. Mrchviii, vite un rcuirdo ! » Le nu'vliH'iii m ))r('>|tiii(> un ;\\rc dvt^ pl.uitcs. cl cclni qui coiirl ])lns vilo {]\\v ]r vrnL v,i faire .iviilci' vc iciurdc à la jcuiic (illc, (|iii ;:nriil au-ssii'ùl.

<.>iif I i)\\ nicllr ce (■(Uilc litci- cm icyaid i\v \ (iiiron milli(ii\ la syiii(''liic, (|nanl aux ohjcis cl aux laliMiis, c>-l iiaifailc. \ii possesseur lit' l.i luncl'c inai:i(|uc Cdi rcs|i()ii(l l'asl loloifuc ; au possesseui- de la Iiouinie (|ni liuérit lnul, le iiiiMlecin, )iiéparalpui- du renicdr \\\\fianl : au possesseur du lapis \idan!, le doureui', ce Coureur (|uo l'on a \u à l'aHnrc dans laiil île coides se r.diacliaul aux Ihèmes des l'i'rs(ni!!<i/ies cHraordincircs (i).

l n coule de l'Ile de Mada,L'ascai- picsenle, sous uni' loiiue 1res -■iuiplili(''e. le llièiue du coule ixvcc. Nous le donnons, Ici cpi'il a élé publi',' |:ai- M. D. C.liarnay (■>.) :

Trciv lioiunics se renconlrcnl ; Tun est médecin liés habile ; l'aiihc a la MIC la ])lus perçante du monde, et le troisième est \m hercule (sic), d'iuie \i^Miein- incom])aral)le. Tout d'uTi cou]), l'homme à la viie ])erçai'/c s'('ciie : te .Te Aois, dans le Sud de l'île, la fille d'un roi cfui est malade „. P(> Tuédecin dit : « Si j'étais là, je la guérirais )>. L"liomm<^ foit r(''|,'()iid :

(( Nous n'avez (ni'à entrer dans ma barque ». Et, d'tm seul coupy de liagaie, il les porte à l'endroil indiqué. Etc.

Ici. riioniine (( fort » remplace (assez mal) le Coureur ou idulôl, — 1a liarcpii^ le iiioul;-e, — le l'abî-icant de bateau merveilleux de lanl de coides dei celte familhv

1 n ro'de. ipu provient des ( l)réli(Mis catliolicpies. dits « clialdéen.s », liabiiaid les rives du lac d'Ourudali (Perse), a déjà été lésumé à propos de h^ouroutmihar. 11 a rinfroduction du conte arabe : pionr le reste : il e'st du type dont nous venons de donner deux spécimens, mais très ininlelligemnieni altéré. Les. « métiers », aipris l'ar les trois fières à l'élranaer, sont le métier d' « astronome ». celui d' (I inu'énieur » (/ic) et celui de (( nuklecin ».

l/asli'ononie a>aut découvert que la jeune fille, doif' chaeun des trois \oi!(!rail oiiicnir la main, est malade à niuuiir, l'infrérneur indiq\ie

(1) Le Coureur dun coule grec (i'-Vlliènes ol d'iui coule sicilien (déjà cités, l'un et l'autre, dans celte .]fo)inf/rnphie H'". 1" fîranclie. Cliap. T r) jeuc. bien mieux encore (\ue te Coureur du coule d'Astropalia. le rôle du lajii?; ou du ctiar volaiit: il voitui-e à toute vitesse dans ses bras ses six frères vers le repaire du ravisseur de la princesse, et celle-ci en plus, quand elle est délivrée.

'2i Souvenirs de Madagnscar, Conférence, i\i\ns \& [{crue dea C"Urs littcrinrex, 18(i;>. n •![{).

— (lo;^ —

exactement combien de journées tle ninrche Icrf séparent d'elle (!;, et le médecin, muni de ce renseignement (qui remplace 1res imparfaitement le tapis volant du conte aralxi), so met en roule, et, fort lienrenscnient, i! arrive à lenips pou.r guérir la jcime (ille.

(l Encore des captives orientales délivrées

LU livre persan, recueil de contes avec conte-cadre, le Sindibâd .\àni(i, traduction ou imitation d'un original indien disparu, a un tonte intéressant, dont feu W. A. Clouston, en 1887, donnait le lés.unié, ^1 "après un manuscrit (qu'il dit uniqui'ij de la Bibliollièijne de l'india Office (i):

l.a fille (run roi, tandis qu'elle joue dans un jardin avec ses suivanù'S, csl enlevée par un (dv, qui l'emporte dans sa caverne, au milieu des moidagnes de l'^émen. Le roi promet la main de la j)rincesse et moili''de son royaume à celiù ipu la iamèneja.

(hialre Irères tentent I axen'uie. L'un est un « guide ». (pii a \o\ai.^é par tout le monde [un « agile eherelieur de pistes, di'. la vcrsiojj lu]'- (piej; le second est un hardi \oleur <( qui aurait eidevé la proie de la gueule du lion »; le rroisième, lui Liuerrier, n scinblahle à Uousian | le héros ];ersan] », et le quatrième, un lir.hilc médeciin.

Le « guide » conduit ses frères à la caNerne du div; le \oleur enlè\e la princesse en l'absence du di\. La princesse étant très malade, le médecin lui rend la santé, lùillu le ^iienier met en fuite toute mie année de(li\<. (jui ou" l'ail iiruiili(.n avec d'énormes massues.

Assiin'iueid, ce conte [)ersan n'est pas un in(Klèle de i)onne coiiservalion du type priniitil', tju'il alTaiblit en pins d'un eudioit. Mais il offre cettei particularité de présenter, dans un conte (pii doit être rangé parmi les contes indiens de la subdi\ision h, un personnage de la subdivision n, le u médecin », si prosa'ique que soit devenu son rôle, et surtout il nous pormet de constater, dans le l'olk-loro orieidal, l'existeTice d'un personnage, le (( \:)leur », rencontri' juscpi'ici >eul( uieid dans les contes europé(>ns.

(t) l'opuldr Talcs nnd Futif.ns I. 1. \>. ii^ii. — tic conte, dans une vcrsieii tur que du livre iicrsaii, est éceiirté à fini des eudruits les plus iniperianls. la dr-livrance de lu captiYe (Voir J. A. ItEcnriiDF.JiANeiiE, Notes sur le livre de Seiidabud, Bévue des Tradilions />o/iulaires, 1S'.)9. p. ii I et suiv.).

l 11 ronlo^ airi\é de I'IikIc clii'/ les Aluiiguls, piubablemeiit par \oic tihél.iino, — Je Premier Hécit du recueil mongol le Siddln-I\i)r vu Le Mdit d(in{'' du suUlhi », (•'(•s,|-;Vdifi\ eu .s;(uscrit, {l'uut' \eiiu magique), iiuilalioii du fiecuril ijidieu la l'cfàln-iHinlc.liamitçdii

((( Le.s \ingt-citu| [Récilsj d'un ret'àld », sorle de vam.pire),

(^sl inléiessanl, lui aussi (i). Est-ce chez ces grossiers Mongols que Il conle piimilir s"est déiraqué, et que ses divers éléments ont été ajustés daîis un ordre nouveau, pour iormer deux contes juxtaposés, ou le fait s'élail-il déjà produit avant rexportalion hors des pays indiens :' c'est ce que nous ignorons.

Los personnages que le récit mongol met en scène, sonl le (( nisdiiii lioninic riche », le « Ois d'un médecin », le k fils d'un peintre », le (( (ils d'un calculateur », le u fils d'un sculpteur on bois » et l(> (( {\\s d'un forgeron ». Presque tous sont des personnages extraordinaires, et ils portent à une pcrfeclimi iiicr\cilleuse l(^ mélier paternel.

\ oyons-les à l'œuvre dans les deux parties du conle.

I^iU'Miiauî PARTu:. — Apiès avoir quitte ensemble leur pays, les six jeunes gens arrivent au confhieut de plusieurs cours d'eau. Là, cliacun plante un « arbre de \ie »; puis ils se séparent, se donnant rendez- >.ous eu ee même endroit, dans tel temps. <( Si alors ils voient fanées les feuilles de l'arbre plan'é par l'un d'eux, ils se mettront à sa recber- (lie dans la direction qu'il a prise eu se séparant d'eux » (2).

Le « fils de l'bomme ricbe » rejuoute l'uni? des rivières jusqu'à sa MMirce el s'établit là, cbez un bou vieillard et sa femme, qui lui ont donné leur charmante fdle en mariage. Or, un .jour, les serviteurs d'un [.uissant khan, éi'ant venus en partie de plaisir en cet endroit, voient mi aiHieau. ottié' de jiierres précieuses, qui flotte {sic) sur la rivière ; ils le prennent cl le portent au khan. Celui-ci leur dit d'aller lui chercher la femme à laqinclle appartient cet anneau, e'. qui certainement habite à la source de la rivière. La femme du jeune homme est amenée an khan. (|ui. euchanté de sa beauté, la met au-dessus de ses antres femmes.

(1) Dans ces Monor/raphics. nous avons eu plu.sieurs fois à citer le Sidil/ii-Kùr par exemple à l'occasion du •' château de fer )i. qu'un coup d'un certain marteau fait surgir de terre (Hcvue dex Tradiiiom poi-ulmres, 1917. p. 2'i."i-2i() ; — pp. 4;W- 440 du tiré à pari). — Sur la littérature, toute d'emprunt, des Mongols, et l'aclion (lu bouddhisme tiiiétaiii, on peut voir notre travail Les .\fowjo/s cl leur pri'teiit/u roi-' dans la trcmsiinssion des ronips indiens vers l'Occidenl europi-en /{et ne des Tr/idiltons populaires. 1912), pp. 339-341 ; — pp 3-5 du tiré à part).

j2i Au sujet d'objets, et notamment de plantes, qui annoncent les aiallieurs dont les héros peuvent être frappés, on trouvera quelques indications dans les remarques de notre conte de Lorraine n» o, Les Fils du Pêcheur (L pp. 70-721.

Cîoinnie il icniarqut' qu'elle garde toute son allVclion pour son mari, il (li!- à ses serviteurs de le débarrasser du jeune homme. Celui-ci, attiré sva* le bord de la rivière, y est enterre, puis recouvert d'iuie grosse pierre.

(^)uaud les cinq autres jeunes gens reviennent au lieu du rendez-vous, ils voient llétri 1" « arbre de vie » de lur ami. l.e calculatenr dt-couvre, par ses calculs, l'endroit où est le cadavre. Le forgeron, avec son marteau, brise la grosse pierre. Le médecin rend la vie au jeune lionnne, an moyen d'une po'ion qu'il lui verse dans la bouche.

SiîcoNDE PARïiii. — Reste à délivrer la jeune lemme prisonnière du khan. Le sculpteur fabrique en bois un gurouda [1 oiseau-géant de la mythologie hindoue], dans l'intérieur duquel un homme i>eiil se placer, le faisant monter ou descendre à sa volonté, selon qu'il frappe en haut ou en bas. Le peintre donne à ce garouda de l)elles couleins. Cela fai', le (( jeune homme riche » s'envole, dans le garouda, jusqu'à la résidence du khan, autour de laquelle il tournoie.

Le khan, enchanté de ce spectacle nouveau, fait dire à la jeune femme" de monter à l'étage supérieur du palais et d'offrir à manger à ce bel oiseau. Là, son mari se fait reconnaître d'elle e' l'emiDorte avec lui dans son garouda.

Finalement, après avoir, ainsi qu'on l'a vu, réuni leurs efforts pour rendre au jeune homme et la vie, et sa femme, les compagnons, à la vue de la belle jeune femme, se la disputent, chacun faisant valoir ses droits sur elle. Nous parlerons, dans la Monographie H, de l'étrange dénouement.

Dans ce conte mongol, les éléments disjoints d'un thème primitif, analogue à ceux que nous avons étudiés ci-dessus, ont été regroupés, pour former deux récits :

1° enlèvement de la jeune femme ; meurtre du mari ; découverte du cadavre ; revivification ;

3" construction d'un appareil volant, par le moyen duquel la capli\(' est délivrée.

On a pu remarquer que certains des, personnages extraordinaires joucnl un rôle qui n'est nullement le rôle primitif. Le (( calculaleur » découvre, quoi ? non pas l'endroit où est la captive, mais l'end ruit où gît, mort, le niai'i de celle-ci. Le médecin ressuscite, (pii:' non pas la captive, victime d'up accident après sa libération, mais son mari, ce même mari.

e Ce que donne la juxtaposition des deux types indiens a et b

Imi inetlani boni à bout les deux types indiens <i et /) de la pré-

veille iinlur mais- <-lalis l'urdic iiixcisc, c'C^I-à-dii c h il abuixl,

iim> II, — 1 on î>'apcicc\ la qat', iiKiu'iiiiaiil un ccilam laccoid^ la juxlaposilion de ers iku.v types donne, à peu de cliuse piès, les conlos européens de lu notice précédente.

Au iDuli' uidien el au.v conlts pi'isans de la suljdi\isi(ju h, coiifs^.diul la picuiièie pallie di'S conli's eurt)péen> : la jeune Idle en- K\tv' |;ai- un être niall'aisant ; le Dcviiiciir ou astrologue, (pu ae- (ouxie le lieu oi^i elle est tenue captive; le constructeur d'a])])areil nier\(Mlleu\, t rans,portanl en cet vndrod ceux tpà enireprennem lie la délivrer. — Le conte persano-indien de, la subdivisMoii " a même, parmi ses personnages, le Voleur, qui dérobe au ravisseur sa prisonnière.

Mais les (oïdesi européens, en général, ne sarrètent pas là : une seconde partie montre l'être mall'aisant se mettant à la poursuite (le la jeune fille et de ses libérateurs. Alors intervient le Tireur, (pii, d un coup de son aline intaillible, lue reniiemi.

I) ordinaire, les choses ne marchent pas aussi vite : la jeune iiiie délivrée est reprise par le ravisseur (souvent un dragon ailé), et rmporlée par lui de nouveau à travers les airs. C'est alors seulement que le Tireur décocbe sa flèche. Mais, quand c'est un dragon (pi'il abat, la masse énorme du monstre fracasse , dans sa chute, le bateau des jeunes gens,, que répare, en un rien de temps, l'un d'eux, .S'oat/cur extraordinaire ou Tailleur k l'aiguille enchantée. Ou bien la jeune fille, que le ravisseur atteint laisse échapper de ses griffes, tombe dans la mer, d'où la retire un fUongeur merveilleux, et, s'il la repêche inanimée, un Médecin sans pareil lui rend la vie.

En regard de cette seconde partie des contes européens il faut mettre les contes indo-chinois (en réalité indiens) de la subdivision a. Seul, l'ordre des temps n'est pas le même. Ce li'est pas pour la seconde fois que l'oiseau-géant, le garouda (c-ii coirespond au. dragon ailé des contes européens) traverse les airs, emporlant la jeune fille ; c'est pour lu première fois., et il vient seulement (h' palais paternel, lorsqu'il est transpercé par la flèche du Tireur. Quant aux événements qui suivent, ils sont les mêmes, de part et d'autre : chute de la jeune fille dans la mer, intervention du Plongour et du Revivificateur.

T.e raccommodeur du vaisseau, mis en pièces, par la chute du dragon, est le seul personnage que, pour le moment, l'on ne retrouve pas en Orient. C'est seulement dans le conte khmêr de

M. Aynionicf ({uc l'oiscau-géaiil (Diiibc avec la jeune iille '( au milieu de la mer », et les libérateurs noiit pas de vaisseau qm puisse èlre fracassé, ni par conséquent réparé. Dans les trois autres contes (second conte cambodgien, conte laotien, conte sianiois), la |Hincease, (pie, blessé, l'oiseau laisse écbappei' de ses serres, londx' seule dans la mer ou dans un lac, — Peut -èlre, un beau jour, découArira-l-ou là-l)as nu coule |)rrseiUanl à la foi- la ( luile de l'énoniie garomhi et ses cousé(}uences, telles (|ue celles île la cbule dc l'énornu' diagon (i).

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