‹ Les contes populaires en ItalieChapitre 11 sur 31 · LE CURE · texte numérisé non relu

LE CURE

H y avait une fois un curé qui ne savait pas même compter les jours de la semaine. Tous les matins il mettait un fagot sur un autre et quand il y en avait six, il disait la messe le lendemain, jugeant que le dimanche était arrivé. Un jour la servante oublia de placer le fagot, et le curé n'en comptant que cinq, n'alla pas dire la messe le lendemain ; c'était pourtant un dimanche. Le sacristain vint le chercher dans son lit et lui dit de se lever. Le curé répondit que ce n'était point fête et il fit ainsi perdre la messe à tous les paysans. Les paysans enragés se plaignirent à l'archevêque et l'archevêque répondit

qu'il viendrait voir lui-môme ce qui s'était passé. Alors le curé prit peur, etcourut chez la Perpétue ; la Perpétue lui dit de ne pas avoir peur, et que ce n'était rien. Elle mit au feu une grande chaudière et versa l'eau bouillante dans le bénitier de l'église.

— L'archevêque arriva le matin môme et le curé lui dit:

— Ce n'est pas moi qui suis fou, ce sont les paysans, vous le verrez tout à l'heure.

Ils allèrent ensemble à l'église, et les paysans qui ne savaient rien trempèrent leur main dans l'eau bénite, mais il la retirèrent aussitôt en poussant des cris et en faisant des sauts d'enragés.

— Vous le voyez bien, dit le prêtre.

L'archevêque fit une grande réprimande aux paysans, et le curé rentra dans.sa paix.

Tasse un char d'huile d'olive.

L'histoire est belle et finie.

Les contes milanais comme les florentins et les siciliens se terminent souvent par deux vers où il n'y a ni raison ni rime. Voici une autre histoire de curé.

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