‹ Les contes populaires en ItalieChapitre 2 sur 31 · LE MOINILLON · texte numérisé non relu

LE MOINILLON

Je vais conter à présent un conte qui fait peur ou peu s'en faut, c'est le conte du Moinillon.

On conte et on raconte qu'il y avait une fois deux moines, ces deux moines allaient chaque année à la quête, car c'étaient de pauvres gens. Une fois ils perdirent leur chemin, prenant un sentier mauvais, mauvais. Le petit dit au grand :

— Ce n'est pas notre chemin, celui-ci.

— Gela ne fait rien, marchons toujours.

En cheminant, ils virent une grotte bien grande, et il y avait dedans un animal qui faisait du feu, mais eux ne croyaient pas que ce fût un animal. Il dit (le grand) :

— Nous allons maintenant nous reposer ici.

Ils entrèrent, et il y avait cet animal qui tuait des moutons (parce qu'il avait des moutons) et les faisait cuire. Comme ceux-ci entrèrent, cet animal était en train de tuer une vingtaine de moutons et les cuisait.

— Mangez !

— Nous ne voulons pas manger, nous n'avons pas faim.

— Mangez, vous ai-jedit.

— Quand ils eurent fini de manger tous ces mou-

tons, le diable se leva (car l'animal était diable) ; eux se couchèrent, et lui, l'animal, alla prendre une très-grosse pierre, la mit devant la grotte, prit un fer très-grand, pointu, pointu, le fit rougir au. l'eu et l'enfila dans le cou du plus grand des moines, il le brûla, et voulut le manger en compagnie du petit.

— Je ne veux pas manger, je n'ai plus faim, dit le petit.

— Lève-toi, sans quoi je te tue.

Le pauvret transi de peur se leva, se mit à table; il prenait, le pauvret, un petit morceau, il faisait semblant de le manger et le jetait à terre.

— Marie! je n'ai plus faim, bien vrai.

A la nuit, le bon chrétien {lu bonientu) prend le fer, le réchauffe et le lui plante (à l'animal) dans les yeux, et les yeux lui jaillirent dehors.

— Ah ! que tu me tues !

Le bon chrétien se blottit de peur dans la laine des moutons ; l'animal à tâtons va ôter la pierre de la grotte et en sort tous les moutons un à un. Vint le mouton où était le bon chrétien, et le bon chrétien n'y était plus (dans la grotte). Il s'en alla à Trapani, en mer. Il y avait à Trapani toutes les barques et les marins. Il dit :

— Faites-moi mettre là dedans, et je vous en tiendrai compte.

— Il se mit dans une barque, l'animal alla pour le repêcher, et les marins firent courir la barque (à toutes rames). Tandis qu'il court (le moinillon), il prend une pierre dans sa poitrine, et lui (l'animal), qui était aveugle, tomba et se cassa la tête. Le Moinillon s'enfuit, et l'animal resta là.

Et l'histoire est finie.

Qu'aurait dit Guillaume Grimm, qui a écrit la légende de Polyphème, en entendant l'histoire du i cyclope racontée ainsi, dans l'ile où elle s'est passée, après tant et tant de siècles, par une petite tille '. de huit ans. ;

Voici encore une légende des temps antiques : ici ^ nous sommes forcés d'abréger le récit un peu^ chargé de détails, mais nous en conservons l'allure ^ et le mouvement. ji

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