‹ Les contes rémois (volume 2)Chapitre 11 sur 33 · LE GROS DOGUE ET LE PETIT CHIEN · texte numérisé non relu

LE GROS DOGUE ET LE PETIT CHIEN

Lorsque Léon, fidèle au rendez -vous, Vient à son tour japper sous la fenêtre.

L'âme occupée à des plaisirs si doux.

Notre marquise y prêta peu Toreille.

Quant à Nanon, que Taboîment réveille.

Elle se dit : « Que veut donc ce fripon,

« Qui de ses cris étourdit la maison?

« Suis- je une garde aisément qu'on abuse?

tt Passez, mon cher! on n'entre point ici.

« Vous eussiez dû, pour employer la ruse,

« Attendre au moins que Léon fût parti. »

Le faux Léon, que le bruit épouvante,

Rend grâce aux dieux, voyant qu'on n'ouvrait pas ;

Mais, ennuyé d'une si longue attente, ,

Le vrai Léon, qui croit que la servante

Est endormie, ou qu'il jappe trop bas.

Prend d'un roquet la voix claire et sonore.

Et frappe l'air d'un aboîment aigu.

Pour cette fois Alfred était perdu.

Il craint l'éclat de celle qu'il adore. \^

Chez elle enfin s'est fait jour le soupçon;

D'abord la voix, puis quelque autre raison,

Dont, en cherchant à se rendre bon compte, ^^

La Champenoise éprouvait quelque honte, j^ ^

Viennent jeter le trouble en son esprit. ^

Pour éclaircir cet étrange mystère.

Elle veut donc sonner sa chambrière.

Quand l'écolier, d'un bond sortant du lit,

A deux battants court ouvrir la fenêtre.

Léon, pensant qu'Élise va paraître.

Lui fait, Hap! hap! Mais l'autre avec humeur

Haussant la voix comme un dogue en fureur.

Répond : Hop! hop! c< Celui-là parle en maître, »

Se dit Léon. «Ami, je te comprends,

tt Les petils chiens sont chassés par les grands.

« C'est juste, adieu. » J'ignore ce qu'Élise

Dit, se voyant ainsi changer d'amant.

Bien que le sexe aime le changement,

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