LE BON COUSIN
Sur le penchant de ces coteaux vineux Qui du Rémois flattent au loin les yeux, Est un gros bourg dont la route escarpée. Bien que royale, est surtout fréquentée
Par les rouliers au pas pénible et lent. Jean, de ce bourg le maréchal ferrant, Dès le matin pour eux chauffait sa forge ; Et leurs chevaux, mangeant l'avoine ou l'orge, Étaient par lui ferrés en un moment.
Adroit et fort, il ne craint pas l'ouvrage ; Jeanne, sa femme, a le soin du ménage. Il arrivait pourtant que Jeanneton.
Quoique petite et de douce figure.
Frappait l'enclume à l'envi du garçon.
Quand son mari s'absentait d'aventure *. Aussi l'argent pleuvait à la maison.
Il en tombait de deux sources amies :
L'une est travail, et l'autre, économies. Mais Jeanneton, qui n'avait que vingt ans. Aurait voulu que Jean, moins économe.
Lui fît parfois quelques petits présents. Elle en parlait ; c'était en vain : notre homme Ne portait point de cadeaux au bilan ;