‹ Les contes rémoisChapitre 9 sur 98 · LA CULOTTE DES CORDELIERS. MS · texte numérisé non relu

LA CULOTTE DES CORDELIERS. MS

Pour lui conter et son désir d'enfant,

Et le moyen qu'une bonne dévote

Vint lui donner d'avoir contentement :

(( Je suis crédule, et je fus assez sotte

« Pour m'adresser au portier du couvent,

« Dont vous portez aujourd'hui la culotte. »

Un homme doux qu'on a mis hors des gonds

Est plus longtemps à se calmer qu'un homme

Vif, emporté, qui pour rien vous assomme,

L'instant d'après demande des pardons.

Disons aussi qu'à ces folles raisons

Notre mari ne voulait pas se rendre,

Qu'il n'eût d'abord été voir le portier;

C'est ce qu'il fit. Mais, trompé le premier,

Le frère André, qui n'y peut rien comprendre.

Ingénument répéta sa leçon.

a Vous avez donc prêté votre culotte? »

Lui dit Arveuf. — « Oui, notre ordre est si bon.

» Et si pressante était cette dévote,

« Que j'aurais cru manquer de charité.

h — Ah! frère André, dit l'époux transporté,

« Béni le saint dont vous gardez la porte,

« Et qui chez vous m'a conduit ce matin !

« Car vous rendez une femme de bien

« A son mari : sans vous elle était morte. »

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