‹ Les contes rémoisChapitre 22 sur 98 · L'ÉPOUX MATINAL · texte numérisé non relu

L'ÉPOUX MATINAL

Certain bourgeois, ami du jardinage,

Se maria sur le retour de l'âge.

Dans son faubourg, pour meubler sa maison.

Il s'avisa de choisir un tendron

Droit comme un lis et frais comme une rose.

Le vieux mari, deux jours après l'hymen. Avant l'aurore était dans son jardin.

Quelqu'un le voit qui bêche, plante, arrose; Surpris de l'heure, il lui dit : « Mon voisin, (i Vous travaillez aujourd'hui bien matin ! » L'époux répond : « Eh non, je me repose. »

LE MARI BOP.GNK.

Tous les bossus ont do l'esprit à vendre : Sur nos marchés quand l'esprit aura cours, A la fortune ils pourront tous prétendre ; Mais je les crois malheureux en amours.

La jeune Hermance, en causant mariage,

Disait un jour : « Malgré tout son esprit,

« Jamais bossu n'aura place en mon lit. »

Six mois après elle entrait en ménage,

Et son époux était borgne et bossu.

A la laideur l'argent prête des charmes :

Le premier joui", quand notre belle eut vu

Son prétendant, elle versa des larmes;

On le dit riche, il lui parut moins laid;

Et quand notre homme eut montré son carrosse,

Ce n'était plus un borgne contrefait :

Le jour suivant on célébrait la noce.

Mais à l'hymen la fille qui se vend Bientôt se donne à l'amour sans argent. A peine Hermance est la maîtresse et dame Du bossu borgne ayant nom Dulaurent, Que le regret vient attrister son âme.

« Si pour mari j'avais pris mon cousin. »

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