LE MARI BORGNE
Se disait-elle, « <>li ! quelle différence! « Il esl si beau! « Notez que notre Hermance Ne se dit plus que le cousin n'a rien, El qu'à sa porte il attendail naguère, Lorsqu'on l'ouvrait à de gros prétendants; Mais aujourd'hui Ici porte à deux battants S'ouvre pour Paul, à moins qu'il ne préfère, La nuit venue, entrer avec mystère Quand le mari du logis est absent.
L'époux rémois s'absentait rarement :
N'ayant qu'un œil, à surveiller sa femme Il le voulait à toute heure occupé.
Pauvre ignorant ! Avec cent, sur mon àme. Il eût été tout aussi bien trompé.
Un matin donc, sans prévenir Hermance Qu'une heure au plus doit durer son absence. Car un jaloux à tout moment du jour Veut que sa femme ait peur de son retour,
Dulaurent part. Par un billet d'amour
Paul averti court chez celle qu'il aime.
Hors de la ville à peine est le mari.
Qu'en sa maison règne un second lui-même.
Roi plus heureux, car c'est un roi chéri.
« Donne un baiser, » dit Paul à sa maîtresse;
Et de baisers celle-ci le caresse.
« Viens sur le lit où l'amour nous attend ;
a Dégrafe avant cette robe inutile,
« Et ce jupon. Ce corset est gênant,
« 11 faut l'ôter. » La belle, trop facile,
N'avait gardé de son ajustement
Que ce qu'il plut à l'indiscret amant
De lui laisser; peut-être rien, n'importe ;
Et tous les deux, sur leur lit étendus,
Allaient goûter des plaisirs défendus,
Quand le mari vient frapper à la porte.
« Grands dieux! c'est lui! se dit Paul interdit,
« Oue faire? où fuir? — Habillez-vous sans bruit, »