‹ Les contes rémoisChapitre 23 sur 98 · LE MARI BORGNE · texte numérisé non relu

LE MARI BORGNE

Se disait-elle, « <>li ! quelle différence! « Il esl si beau! « Notez que notre Hermance Ne se dit plus que le cousin n'a rien, El qu'à sa porte il attendail naguère, Lorsqu'on l'ouvrait à de gros prétendants; Mais aujourd'hui Ici porte à deux battants S'ouvre pour Paul, à moins qu'il ne préfère, La nuit venue, entrer avec mystère Quand le mari du logis est absent.

L'époux rémois s'absentait rarement :

N'ayant qu'un œil, à surveiller sa femme Il le voulait à toute heure occupé.

Pauvre ignorant ! Avec cent, sur mon àme. Il eût été tout aussi bien trompé.

Un matin donc, sans prévenir Hermance Qu'une heure au plus doit durer son absence. Car un jaloux à tout moment du jour Veut que sa femme ait peur de son retour,

Dulaurent part. Par un billet d'amour

Paul averti court chez celle qu'il aime.

Hors de la ville à peine est le mari.

Qu'en sa maison règne un second lui-même.

Roi plus heureux, car c'est un roi chéri.

« Donne un baiser, » dit Paul à sa maîtresse;

Et de baisers celle-ci le caresse.

« Viens sur le lit où l'amour nous attend ;

a Dégrafe avant cette robe inutile,

« Et ce jupon. Ce corset est gênant,

« 11 faut l'ôter. » La belle, trop facile,

N'avait gardé de son ajustement

Que ce qu'il plut à l'indiscret amant

De lui laisser; peut-être rien, n'importe ;

Et tous les deux, sur leur lit étendus,

Allaient goûter des plaisirs défendus,

Quand le mari vient frapper à la porte.

« Grands dieux! c'est lui! se dit Paul interdit,

« Oue faire? où fuir? — Habillez-vous sans bruit, »

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