‹ Les contes rémoisChapitre 7 sur 98 · LA CULOTTE DES C0RDRLIER · texte numérisé non relu

LA CULOTTE DES C0RDRLIER

Oui éveillé l'ouvrier citadin,

Irveuf s'habille, el prend sans examen

De notre aman! les grègues pour les siennes.

Il sort, ayanl ses jambes dans l'étui

Que le tailleur n'avait pas fait pour lui.

Léon, charmé de voir éloigner l'hôte

Dont son oubli l'avait fait prisonnier,

Court demander le pardon de sa faute.

Claire sourit et lui donne un baiser:

Danger passé pour l'amour a des charmes.

Nos deux amants, remis de leurs alarmes,

Se sont donné tant de preuves d'amour

Qu'on se leva quand il était grand jour.

Fallut chercher la culotte oubliée.

Il s'en trouve une au pied du lit tombée ;

Mais, ô douleur! c'est celle de l'époux.

« Dieux! dit Léon, notre perte est certaine.

« Voici sa chausse, il aura pris la mienne.

'i Sauvez-vons vite, ah! je tremble pour vous, i

Claire un moment est pensive et muette. Femme à bien moins pouvait être inquiète. Mais son esprit bientôt se réveillant : « Eh bien ! Léon, dit— elle à son amant. h Pour si grand mal n'est-il pas de recette'.1 « Vous vous taisez? rassurez-vous, ami, « Je sais remède à votre maladie. »

Lors le chaussant des grègues du mari, Les adieux faits, elle le congédie.

Claire ayant mis son corset des beaux jours. Son mantelet, sa coiffe de dentelle, Chaîne et croix d'or, enfin tous ces atours Que tient pour plaire en réserve une belle. S'en va frapper au couvent révéré De Saint-François. Puis au bon père André, Humble portier, faisant la révérence.

Elle lui dit d'un ton plein d'innocence : « Frère, je viens avec un cœur fervent

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