‹ Les contes rémoisChapitre 89 sur 98 · LA PRESSE · texte numérisé non relu

LA PRESSE

Pour sortir de ces graves considérations, je vais vous parler d'un livre qui ressemble assez peu à un sermon , les Coules rémois, par M. le comte de C... M. de C... est un homme du monde, un poète amateur, enfant de la Champagne, et qui donne un démenti au trop fameux dicton sur les Champenois. Comment un pays qui pro-

duit de s>i bon vin ne produirait-il pas aussi des gens d'esprit? Ce serait une anomalie contre laquelle ce livre est une protestation nouvelle, après tant d'autres. Le conte est un genre essentiellement français, et l'on voit que M. de G... a étudié les bons modèles, et qu'il a bu à la source où avaient puisé La Fontaine et Marot, ses maîtres en poésie. Ne lui demandez ni la rêverie, ni le sentiment, car la mousse du vin de Champagne ne porte pas à la mélancolie, on le sait du reste; mais si vous aimez les bons tours gaillards qui charmaient tant nos pères, les récits enjoués de la muse grivoise, le trait piquant et le gros sel, vous trouverez tout cela dans les Contes rémois.

Ce qui achève de faire de ce livre une œuvre à part, ce sont les des-ins de Meissonier qui illustrent le texte. Ah! les adorables histoires que raconte Meissonier avec son crayon! Quelle vie, quelle imagination, quelle grâce ! Dans des petits bois de deux pouces carrés Meissonier renferme des tableaux complets, des paysages aux horizons infinis. Les Contes rémois contiennent trente-quatre de ces dessins qui sont autant de chefsd'œuvre.

Clément Caraguel.

Samedi 14 auiit 1858.

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