L'UNION
Nous appelons l'attention de nos lecteurs sur un joli volume, les Cotites rémois, que vient de publier Michel Lévy, et qui nous a été signalé par son succès. L'auteur de ces contes, M. de Chevigné, sait conter en vers avec une aisance et une gaieté charmantes. Le poison inspirateur de M. le comte de Chevigné, c'est le Champagne; c'est à lui qu'il doit ses plus joyeux récits : il ne nous en eût pas fait la confidence en toute franchise que nous l'eussions deviné. On le sent à la verve de son esprit, à l'allure sémillante de son vers, à la démarche un peu leste de ses héros ; M. de Chevigné écrit comme le Champagne pétille, et en lisant ses contes si vifs et si mutins, on se rappelle involontairement ces vers de notre spirituel Colnet :
...Une liqueui' mousseuse, Et de sa liberté follement amoureuse, Frémit dans sa prison, s'indigne de ses fers, Et lnnce en pétillant son bouchon dans les airs.
Il y a mieux qu'un titre en tête de chacun des Contes rémois, il y a un dessin de Meissonier, et c'est là une étiquette fort engageante. Nous ne savons si c'est le conteur qui a inspiré l'artiste ou l'artiste le conteur, mais nous avons été du conte au dessin, de la vigne à la vignette avec un égal plaisir.
Charles Rozan.
Mardi il septembre I85R.
Si II LES CONTES RÉMOIS. «H