Du 38. Novembre 1666 (Rounet
Ayant acea que le Gumd SnoMEim , Pour le traiter en Suborneur, Luy feroit serrer U Luette Par Strangulation étrette,
160 S'il n'opéroit devant ses yeux Quelque Miracle spécieux, A confessé , sans nul mystère .
Qu'il n'en s^voit nulement flaire Et s'est fait un maudit Mahon
165 De peur de Strangulation.
On ajoute que sa Hactbssr , Pour un tel acte de souplesse , L'a fait régaler à l'instant D'une Somme d'argent comptant
170 Et d'un EmploT de Janis&ukb ,
Et c'est ce que le chétif Hère,
Dont l'on s est tant entretenu ,
Est fort plaisamment dereou.
Si des imn la honte en est grande,
17J U ne faut pas qu'on le demande :
Mais un ntopHÈTB de Gaza Ayant af^ria ce beau tour-lA , Comme il avoit en ftntaiste Que ce DrMe éttrit le Messie
iSo A juré , vienne qui voudra .
Qu'il nul Messie il ne croira.
. loNACB est toujours à l'écoute, Pour sçavoir dessus quelle route Est sa MomÉ pleine d'appas ,
185 Que l'on arrête à chaque pas; En tous les lieux de son passage.
Afin de luy rendre hommage , En quoy certe on n'^argne rien , Témoin Vallier , le WivmsH ,
190 Qui , montrant qu'en sa Bimutpss De belle Dépense on se pique Quand il s'agit d'un pareil cas , A mis deux cent mille Ducas
(Ce que je dis n'est point c 19J haaS les Frùa de son Aiiba8Sai>e>
La Princesse au grave maintien , Sortant de I'E^at ViMmEN , Est entrée en celuy de Trkntk , Ob , d'une manière éclatante , aoo Quoy que peut-être à moins de frais. On a bien-vàgné ses Atlrais.
J'ay sceu d'une charmante Fois ,
Où l'Esprit & la Vertu brille .
Et qui , selon son Nom en Ob',
10) Vaut sans doute son pezant d'Or, Que dans Aubusson , en la Mabchb .
Où chacun en droiture marche , On s'en va rétablir des mieux , Ainsi qu'en plusieurs autres Lieux .
».o Les Utiles Mani
Que des Laines & des Teintures On y fait déjà les Apprests , A fin d'y travailler, après , A de ricnes Tapisseries
II j A Personnages ou Prairies,
Et qu'on les marquera d'un plomb Ob [ce qui me semble fort bon) Seront les Abmbs du grand Sire Digne d'un Monde pour Empire ,
iioAvec celles de la Cité, De l'un & de l'autre costé , Afin que te Public discerne , Sans Bézicles & sans Lanterne , Les Ouvrages bons & loyaux
315 D'avec les suspects & les faux.
Or, tout ce qu'ici je vous marque Provient des bontez du Monaxqde Vers cette Vuxe d'AnaossoN , Qu'il fait voir de belle façon
ijo Par ses amples Lettres Patentes .
Mainte autre chose contenantes En sa faveur pareillement , Et non pas sans cause vraiment.
Car c'est qu'il a vu de ses Œuvres ,
ijj Qui sont autant de vrais Cheb-d'œu- [vres.
Aussi beaux qu'on en fasse ailleurs , Au dire des bons Conesseurs.
Tout roule , au reste . sur le zélé De ce Sujet sage , fidelle ,
«40 Infatigable & très-expert :
Vous jugez Qui? Monsiedb Colbbst.
Las ! je n'ose quasi le dire , Car nul Eloge il ne désire , Etant assez contant en soy
145 De servir I'Etat fit le Roy.
Cesjours passez, aux EsnoLiKTiNss, NoNES tout a fait abbastrines , Tant au dedans comme au dehors , On translata deux dignes Corps, 150 A ces Viei^ venus de RÔms ,
Qui sont, amst qu'on me les nomme.
Lie premier de Saint Flokian ,
'^.OOQ
tgS. — Du 28. Novembre 1666 (Robinet).
L'antre de Saikt Fiucus ,
Et tous deux Martyrs d'importance.
3J5 La pieuse Magnificemce
Fut complette en cette Action , Et, sans aucune action , On la ât comme il faut paraître , SoitdanslaCour, soit dans le Clottre,
a£o Soit dans l'Eglise, soit au Chœur.
Pour leur rendre un pompeux Honfneur.
Là , le grand GÉNdiuL Don Coiie , Voisin de I'HCtel de Vandôhb , U^ Fit venir quarante Feuillans ,
165 Des Dhis lestes & des plus blans , Pou laugmenter U Compagnie En icelle Cérémonie , Où les Nones , Mércs & Sœurs , Charmoyent innocemment les cœurs,
370 Ainsi que de visibles Anses ,
Chantans des Martyrs les louanges , Avec maints ravissans Objets Qui , par de célestes Projets , Vivent comme Pensionnaires
375 Chez ces Feuillantines austères.
La Symphonie , à ce qu'on dit ,
bi4
Aussi des merveilles y fit
Par un fort excellent Prélude , ,
Où l'on n'ouit pas un Ton rude.
aSo Mais , pour conclure & dire tout , La bonne bouche fut au bout , Car, en beau langage Oratoire , Le Général , avecque gloire , Fit un Discours sur le sujet
385 Dont on fut plus que satisfait.
LuNDT, deux de nos belles Lanoubs Mouinii
Firent deux charmantes Harangues pnmtor
Dessus l'ouverture des Plaids , M^at
Dans la Grand'Chàmbre du Palais. Jf^*'*",
atotaa
190 Nos Pavez , grâce à la Poucs , ''*'°" Sont plus Inisans qu'Amande-lisse , Et le Rot, lors qu il vinst Ici , L'admira comme nous aussi.
J'en voudrois dire davantage ,
195 Mais si plane est ma tierce Page Que je n'y puis rien ajouter, Si ce n'est aeux Vers pour dater.
Ce fut , donc , des Avents la Veille Que je conclus ainsi , sans faire grand'merveiUe.
4 Paris, ClUj F. Uagtt, ttêiila Harpt , mÊXtniiKoti. AvttfrMUgê Al R»f,
.yGOQl^lC
LA MUSE DE LA COUR
[Pa« PEKOOU m SUBUGNY.]
XXVin. SEMAINE.
Du Jeudy deuxlesme D«cembre 1666 , à onze heures du soir.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Bon jour, mon beau petit Ajumt,
Comment yous va cette semaine?
J'ay haste & vajr, sans compliment.
Vous parler de ce qui m'ameine.
TireK-moy d'abord du soucy
Que depuis peu de jours me cause
Un fâcheux bruit qui court icy. '
Si j'en croy le monde qui cause ,
Et qui met ïa gens au cercueil
Dés le moindre mal qui les presse.
La Rkyne de Pologne a fait perte d'un oeil : Peut-estre assez la Cour en elle s'intéresse Pour demander souvent Testât de sa santé.
En sçavez-vous la vérité ?
On l'assure fort dans le monde ,
Mais , s'il est vray, Pbincg , admirons
Le caprice des fluctions.
Les yeux d'une coquene blonde .
Qui font désespérer mon pauvre amy Maupou
Et qui le rendent pis que fou Eviteront plustost un accident semblable , Comme ils viennent de faire après cent maux soufferts ,
Que ceux d'une Reine adorable
Qui ne se sont jamais ouverts Que pour guérir les maux d'un peuple misérable.
Ce peuple , par moy bien nommé , Peuple tout remply de misère , Est , m'a-t'on dit , encor armé Contre son Roy, d'une horrible manière : Cela n'est-il pas bien fâcheux , - Que les Polonois belliqueux N'eussent esté vaincus jamais en guerre ouverte. S'ils n'eussent trouvé pour leur perte
B C perttiaiimpUmnl TXVW.Snatiitt. | 19.4 Contre»
klQi^lc
5i7 196. — Du 2. Décembre 1666 (Subugmtj.
Leurs propro* ennemis en eux ?
ij Dieu sçait si le fin Moscovttb
Fera comme il &ut ses choux gras De la dinsion maudite Qui les remet dans l'embarras.
Il a condud la Paix avecque U Subi»
4e Comme U Sdbbb a voulu ,
Mais au Diable s'il a conclu Avec eux , qu'il a reus rebrouillez sans remède. Ce D'cat pas toutefois qu'un de leurs Généraux, Le StBUR DoRszENSEo , bien vite 4« Ne se soit mis aux champs contre le Moscovm ,
Avecaue cent mille Chevaux ( Et cent mifle Chevaux s'appellent quelque chose ) ,
Pour répondre à ses Ennemis ; Mais cent mille brouillez , quoy que l'on se propose , je N'en valent pas cent bien unis.
Je vous parlois de la Subok.
Quelque vaillance que possède Son grand Gbnskai. d'aujourd'huy, I*™
BiiiHB n'est pas morceau pour luy ; J5 Aussi quitte-t'îl cette place
Et va l'abandonner, dît-oo , de bonne grâce. Bien-tost son difiierend doit estre termmé Et le traîné de paix signé.
Il aura raison de le faire , te Car BitâiiE a de tels habitans .
Qu'autant vaudroit avoir afaire A presque tous les Allbhans.
On escrit de la nlle meame Que ces habitms sont bien fiers , 65 Et qu'allant en partj, leurs meilleurs Cavaliers
Ont surpris un Conroy qu'ils ont mené dans Br^me ; Que les Députez Hollandois Ont obtenu des Scboois Trêve de coups pour trois semaines, 70 Et qu'on espère dans ce temps ,
Si les bonnes raisons ne demeurent pas vaines, Rendre les deux partis également contens.
On conçoit la mesme espérance Des diffiHvns du Faut»
Avec l'Electeur de Mayence , Que va régler Monsieur Covrtik.
161 <4 Aui plui fil 66 BC Btai.
CklQi^lc
5i9 196- — Du 2. Décembre t666 Subliony).
Ils ont fait cessation d'srmei ,
Aussi bien que les Suédois , En suitte d'un combat qui se fit l'autre mois, ■o Où le Pàiatih eut de cruelles allarmes.
Nous n'avons parlé que Fort peu,
Jusques icy, de cette ^erre Que nous n'estimions pas des grandes de U terre ;
Mais , mon Princb , ce n'est pas jeu , 85 Et , lors que vous sçaurez rhistoue
De ce combat que je vous dy.
Vous trouverez que c'est le coup le plus hardy Qui se soit de long-temps trouvé sur mon mémoire.
L'Elkctbijx pALATm voulant , le mois passé , 90 Assiéger un Cbasteau de l'Evbsque de Spwe ,
Par deux Prwcss Lorrains fut soudain repoussé ; Mais ce n'est pas encor ce que je vous veux dire. Ces Princes , dés le mesme jour Luy voulant rendre le retour, .^5 Commandèrent un gentil-homme.
Qui Monsieur de Sauh se nomme , Pour en investir un de ce mesme ELEcrEOR ; Ce gentilhomme fit ce qu'il crût nécessaire Pour cette entreprise d'honneur, luu Et c'est ià le recît que je prétens vous Eaire.
Quand , l'ayant investy, ce brave se fut mis Entre le camp des ennemis Et le chemin creux du village , Comme il observoit leurs desseins io{ Pendant que le Chasteau , pris avec avantage ,
S'attaqucroit par les Lorrains , Cent-cinquante Dragons de l'armée ennemie
Et cent Mousquetaires encor.
Commandez par Chauvbt, leur gênerai Major. 1)0 Vinrent fondre sur luy, tous remplis de fune:
L'Electeur mesme s'avança , Suivy d'un nombre de Noblesse Qui fit que Sàuh rebroussa :
Il pouvoir reculer sans honte & sans faiblesse, II j N'ayant alors pour tout appuy.
Que quarante hommes avec luy ; Mais pourtant ce fut par addresse ; II recula pour mieux sauter :
Ce ne fut que pour se poster iM Dans le chemin creux au village ,
Où , tout à coup tournant visage Et chargeant ses fiers Ennemis , Il eut pour luy tout l'avantage Que rÈLKCTEDR s'estolt promis.
8j jt Voua (-t'on raconM l'hiXojre. \ ^j jt La LouAitii.
87 ^ Cnt bien le coup la pJiu hinljr. llj ,4 (^i tant d'abord le repoM
ql yf Pir 1» LotAiHi fut repouus. I 1 14 << S*>-<" P<^ reculer.
Ckio^^lc