‹ Les continuateurs de LoretChapitre 104 sur 217 · Du a. Décembre 1666 (Smuainr · texte numérisé non relu

Du a. Décembre 1666 (Smuainr

I) deffit i piatte couture

Et ses Gakdks & ses Dragons ,

Ses Braves & ses Escadrons.

Deux CoHTES ont pery mesme dans l'avanture ,

Dont l'un Anglois , l'autre Allbmant ,

Combattoient , dit-on , vaillamment.

Chacvkt , General de l'armée .

Qui peu de jours devant , au quartier de Zesrain , Avoit fait tout trembler sous les coups de sa main ,

A la victoire accoustumée ,

Y receut un coup dans le bras Qui pourra bien aussi \uj causer le trépas.

Et , cette victoire gaignée ,

Salin revint vers le Chasteau , Où l'attaque par luy fut encore donnée Et luy fit un sujet de Triomphe nouveau.

Le prétexte du Roy de France ,

Qui demanda la surseance

Entre Messieurs les Electeurs , Tandis qu'on agiroit par ses Ahrassaseors ,

Au PALATm fiit lavorable.

S'il ne s'en fut servy comme il fit sur le champ . Le brave de Saun , fier d'un succcz semblable , L'auroit esté forcer au milieu de son camp.

C'en est U-dessus assez dire ;

Discourons des autres aussi.

Tous les Electeurs de I'Ehpire

Ne se querellent pas ainsi.

Et, tandis que l'un veut combattre.

L'autre ne cherche qu'à s'ébatre.

Je vous dis . je croy, l'autre fiais ,

Ce qu'on fit chez le Roy Danois

Durant la pompeuse journée Que le Prince de Saxe eu épousa Vaisnée. On a recommencé , dit-on , sur nouveaux frais

Et l'on y fait une dépence

Plus somptueuse que jamais Pour conduire ce Prince avec magnïhcence.

Il s'embar<^ua , le dernier mois ,

Avec son aimable Compagne ,

Pour retourner en Allehacne , Et l'on dit qu'elle a bien regretté les Danois.

Mais ce n'est pas estre avisée :

Je ne pleurera^ nullement ,

Si jamais je su» Epouser , Lorsque Voà me fera mettre la voile au vent.

L'Ihpbratricb enfin , malgré le sort contraire , Arrivera bten-tost au Siège Impérial.

Que Dieu la préserve de mal !

uBC. I i7j .4 Htlqot OieuUgirdidcn]

Ckio^^lc

1^. — Du a. Décembre 1666 (SiiBuaiiYJ.

Après un an , mon Pukcb , il est temps de le foire.

Le General de I'Aschipbl, Qui croise la Mer pour Venise , A bit une fort belle prise Dessus son Ennemy morteL Par une action tres-hardie , Il a pris sept grands Bastîmens,' De douze que les Ottokans Pretendoîent passer en Candik .

Et 1 pour des Exploits si nouveaux Il n'avoit rien que buit vaisseaux^ Mais sans raison , Dadphin aimable .

J'appelle nouveaux ces Explois ; A peine ay-ie conté six mois Depuis qu'il en ât un semblable.

Si l'on en croit le grand Visnt , Nous verrons la prochaine année

Messieurs les Candiots soumis à la CanAk : Mais tel n'est pas nostre plaisir.

Et je croy plutost , au contraire , Que , si tous les apprests nouveaux Qu'à ce dessein l'on pourra foire

N'y peuvent mieux passer que les douze Vaisseaux , On pourra voir la mesme année Les Candiots dans la Can£b.

Ouy, si les Tuxcs font de grands frais

Pour entreprendre La Camdie ,

Venise , quoy que l'on en die , Sera pour lors aussi plus forte que Jamais. L'amour que chacun porte à cette Republique

Et tes prodigues traittemens

Dont son noble Sénat se picque

Envers ses généreux Amans

tCar Venise en cela n'eut jamais de seconde) ^uy respond au besoin du bras de tout le monde.

Le Doc DB SAnrr-AioNAN est , c^t-on , de retour Pour passer l'Hyver à la Coon ; La Coua en est donc bien contente , Car Saikt-Aionan est son Amour.

En le voyant au premier jour, Dîtes-luy que je suit sa tres-humble servante.

A LocHBS , aussi bien qu'à Totms , On fait encore tous les jours Pour son fils des Pompes funèbres. - Ahl bon Dieu , que je Vay cbery, Ce jeune Héros de Sext, Qui devoït égaler bien-tost les plus célèbres I

n.i,z.dbvGoOi^lc

Sii 196. — Du a. Décembre 1666 fStmLi«nr). Sifi

N'en dites rien au Dec, qui l'aimoit tendrement .

Ou dites , au mesme moment ,

Que , dans Lockks , un Barnabitb

Y fit une Oraison pour cet Illustre Mort,

aaj Qui répondoit si bien à son rare mérite.

Que cela puisse au moins le résoudre k son sort 1

Quand nous partons de ce bon Père ,

Il me souvient . à ce propos ,

Qu'icy le Reu&ionmaihb ajo A furieusement un Barnabite à dos.

On dit que Don Thomas bu Cresnb ,

Le Supérieur de Paris ,

Ne leur en a seulement pris

Que deux la dernière semaine.

aj} Je n'auray pas le démenty

De ma dernière Prophétie ,

Et , devant que finit sa vie , Ce Don Thomas sans doute aura tout converty.

Adieu ; j'ay si mal à la teste 140 Que je ne sçais où me tourner

Et que le mal icy m'arreste.

On ordonne de me saigner.

Mais je suis peu pour la saignée :

J'ayme mieux prendre du KAVi , Mi Qui guérit en moins d'un Avi ,

Quand le reste ne peut guérir en une année.

Ce mot de Kavâ vous surprend :

C'est une liqueur Arabesque ,

Ou bien , si vous voulez , Torqdbsque , 13a Qiie dans le Levant chacun prend ;

On s'en sert en Affriqds , on s'en sert en Asie ,

Elle a passé dans I'Italis ,

En Hollande & chez les Anolois ,

Où l'on la trouve fort utile ; ijj Et des Akhbniens , qui sont en cette ville .

L'apportent encore aux François.

Sa vertu n'a point de pareille ,

Tout le monde s'en apper^oit , Et sur tout pour la femme elle opère merveille 160 Quand c'est le mary qui le boit.

DE SUBLIGNY

A Paru , Ck4^ AUxa»dn Uiuli» , m enn dt Imra* Dmpkmt , dtvnl It PomI-m^. Avtt PrrcUigt

Lt ngaabirê et ranUMr tt tadrtat d» litrùirt w M trvmni fB( da%i A. — BC placr»! ici la daU 340 A Qiie je t» t(Mj pii où tonraer.

<yf Ui MuM di Cottr 1666 (vq)>. tome I , col. 909) , pp. 91)-Jl8.

DigilizedbvGoO^lc

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pae Charlii robinet.] Du 5. D&:en)bre 1666.

Beau P61e que toujours regarde ma Qion , Lors qu'elle r entre en sa Carrière , Astre de sa Protection Dont elle adore'la Lumière , Illustre Composé du cher Sang de nos Dieuic . Dont le Nom triomphant . dont le Nom glorieux Guide en cent & cent lieux mes Historiques Rimes ; Grande Altesse , si digne & d'Hommage & d'Amour. Par bonté daignez voir si celles de ce Jour Passeront à la Montre ainsi que lègitimcE.

Il faut que je dise , parbleu , Tout en fin & beau premier lieu , Ouy, les Nouvelles de I'Ecole, Et, sans que je fiche la Cole ,

1; C'est de Celi^ des Médecins ,

Les Bien-Aimez des Gens mal-sains.

Jeudy donc , & sans parentése , On y soûtenoit une Thèse , Dont le Sujet est curieux ,

M A sçavoir : qui l'on conêt mieux , D'une ViEKGE ou Femelle enceinte?

Question qui n'est pas succinte.

Et sur qui le Raisonnement Rencontre à s'étendre amplement.

sj J'ay YÛ le Plan de ce Problème , Tant en Ladn comme en Grec même, Proposé par le Sieur Gdérin , Et je l'ay lu sans nul chagrin , Contenant mainte belle cnose,

30 Qu'ici pourtant dire je n'ose , Quoy que tout soit , il est certain , L'Ouvrage d'un Ouvrier Divin , Ou de l'admirable Nature , Qui de Luy prend sa Tablature.

jj On y montre , dans le Début , Quel de CeUe-cy fut le But , Rendant la Femme si charmante , Si mignonne & si ravissante , Et l'an dit que ce fut exprés

40 Pour inspirer par ses Attrais

A rHoHMe cette ardeur féconde Par qui se conserve le Mokdb.

On dit qu'aussi , de son côté , Elle a le cceur fon emporté

4j Dans ce Dessein de la Nature , Et de là l'on ose conclure Qu'il n'est pas de Vierges beaucoup.

Et qu'& grand'peine, encor un coup, On en trouveroit Onze mille

jo Comme Celles de l'ancien stile , C'est-à-dire Vierges de cceur, [tkdk.

Car, c'est comme on l'entend , Lbc-

De là l'on passe sur les Signes Ausquels les Médecins insignes,

;; Les peuvent conëtre aisément , Mais on n'en convient nulement , Pource que souvent la Nature Rend ces Signes pleins d'imposture.

En suite on examine aussi ,

«oCe qu'il faut que j'ajoute Ici Sans le moincu-e terme qui blesse , 'Toutes les Marqdes de Grossesse .

Et , comme la Nature à lors Se peint mieux dedans les Dehors.

63 Le ntoposANT croîd bien conclure :

Que LA Grossesse est Monts obscure Que non pas la VmciNrri , Et c'est , je croy, la Vérité.

Ainsi le gaillard DiooiNS

70 Reconût , sans aucune pnne ,

'^.OOQ

Page 1