Du 17. Février 1667 iSobuohy
Parce que son Espouse , avec soa doux nuintien , Sçait ion bien qu elle-même est aussi sans seconde , On ne scauroit avoir un cœur ou bien des yeux
Qu'aussi tost ce ne soit pour eui.
Mais vrayement , Princk , il faut que ces geoi au plus vite
Fassent des Enfans des plus beaux ,
Car , s'ils sont toujours sans égaux ,
La liberté des coeurs est cuite.
< Est cuite > est un fort plaisant mot ; Vous riez , je croy bien, de me le voir écrire.
Mais dans le Carnaval tout vaut :
C'est un temps ob l'on met tout cuire. Qu'avecque nous , Skigneur , ne courez-vous le Bal
Pour bien passer ce Carnaval ?
Nous voyons icy des merveilles ;
Le Codseur de nuit ny Buscok
N'ont point d'aventures pareilles , Et ce qui s'est passé sur tout chez un Tendron
Vaut les plaisirs de mille veilles Que n'assaisonnent pas un incident si bon. Je ne connus jamais ce tendron que de nom ,
Mais dans l'Isle chacun l'appelle
L'aimable & charmante Bodrcok ;
C'est assez pour la croire telle.
Parmy les Masques à grand train
Qui coururent le Bal chez elle ,
Une tres-prompte Damoiselle Qui devoit épouser sans faute au lendemain {Notez que cela rend l'histoire cncor plus bdle)
Ne pût attendre sî long-temps :
A quartier . vistc , & sans chandelle , Elle rendit, dît-on , un des Masques contens , £t, sur quelques sermens qu'on luy seroit fidèle , Fit présent d'une Montre & de quelques rubans.
Jusques aux rubans , Bagatelle I Mais cette Montre estoit par malheur un présent
Du futur époux de la Belle , Et la chance à luy~méme arrivoit justement. Le pauvre Cavalier en avoit bien dans l'aisle ;
Ils s'épousèrent toutefois.
Elle n'en est pas moins haute & puissante Dame ,
A cela prés que quelque mis
II en enrage dans son ame.
Admirons cependant comme on change à Paris : On voyoil rarement enrager des marys
D'avoir dépucelé leur femme.
Mon style passe le galant , Ma bouche vous semblera grasse ;
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