Du 17. Février 1667 (Sobuont
VoiU déjà l'effet de cette Prophétie.
Les Génois auront bonne part
Aux premiers hazards de la Guerre
Que va faire le Sàvoyart ,
Car il prétend que , de la Terre
Dont iu sont Maistres aujourd'huy, ViNTi-iin.LE & DiN&N de plain droit sont à luy. Comme leur Republique à faire cette perte
Ne pourra consentir si-tôt ,
A bon entendeur demy-mot ; C'est-à-dire , SEiaNKuii , que voila guerre ouverte.
S'il est vray que le dernier mois Leur convoy de Caihx soit arrivé dans Gsmbs Avec deux milions de Piastres A la fois , C'est de quoy, s'il en faut . payer dw Capitaines. Cet Estât , quand j'y pense , est bien ricne A présent
Et devient grandement puissant.
Son Sénat autrefois cedoit tout aux grands Princes Et , sans leur envier les honneurs Souverains . Se contentoit de vivre avecque les Humains
Dedans ta petites Provinces ;
Mais , SsiaKBUR , ce n'est plus cela :
Les tilcres que l'on donne aux testes Couronnées
Ne sont plus trop pour ces gens-li.
Depuis certain nombre d'Années.
Je veux qu'ils leur soient deus, j'en ay peu mal au cœur ; Mais il me souvient bien d'une vieille Sentence Qui dit que , quand on est au faiste de grandeur .
On doit craindre la décadence.
Croyez-vous que I'Anglois soit en Paix au Printemps ? II me semble qu'on met long-temps A commencer la Conférence Dont on nous donnoit l'Espérance.
On dit que le Likgxois a rcveladon
Que c'est chez luy que se doit faire
Cette Negotiation.
Je le veux croire pour luv plaire ; Mais on ne me verra luy conseiller iamais
De dire qu'il y fasse faire
Tant de Loges pour les Valets Et les chevaux des hostes qu'il espère ; Qu'il ne publie aussi qu'on y fait des Palais. Les plusnabilet sens de France & d'ALLSHAONE , Les plus spirituels de la Grande Brbtasne .
De la Suéde & des Estats
Iront Ift pour leurs Potentats ;
Ce ne sont point des railleries ,
n.i,z.dbvGoOi^lc
ai3. ^ Du 17. Février 1667 (Sosugnt).
Et , quand il fait sçavoir que ses plus grands travaux
Sont à bastïr des Escuries , n semble qu'il n'y doive aller que des Chevaux.
Fort insensiblement nous disons des Nouvelles Et nous avons quitté les plaisirs de la Cour ; Mais n'importe , achevons, puisqu'dles sont si belles On n'en a point , Seigneur , de telles chaque jour.
Le Rot de Pologne respire :
Or dit qu'un de ses bons sujets A presque ruiné les perfides projets Des traîtres révoltez contre ce pauvre Empire.
Le Butin & les prisonniers
Que le Cosaque & le Tartare
Avaient faits dans ces mois derniers ,
Par leur irruption barbare ,
Sont revenus dans le Pa!s
Et chez les Polonnois fidelles ,
Par la deffaite des Rebelles Qui peu de jours devant les avoîent envahis. Casuir. toutefois craint toujours de plus belle ;
Les Tdrcs , joints à ces scélérats ,
Menacent ses tristes Estats
D'une ruine universelle.
Il demande secours & tous les Roys Voisins Et vingt Ambassadeurs occupent les chemins. Déjà mesme un Courier est arrivé dans Rome,
Le vingt & un du mois passé ,
Pour en demander au Saint-Hokxe ; On peut juger par là combien il est pressé.
Le Turc entreprend trop : il en veut k Candie , Qu'il voudroit bien oster aux bons VKmriBss , Et pour cette entreprise , k mon gré tres-hardie . II arreste en ses Ports tous les Vaisseaux Chrestiens Et les force à charger les choses nécessaires
Pour avancer k ses affaires.
Il va , d'autre côté , rompre avec I'Empereor
Sur un prétexte assez bïsarre , Et , d'un autre , il se joint au rebelle Tartare Qui contre Casimir marche avecque fureur.
Je conçois peu sa Politique ,
Que presque tout le monde craint ; Mais . de quelqu esprit fin pour ce coup qu'il se pique ,
Qui trop embrasse mal étraint.
Premièrement , Sbiokbdr , quoy que le Monde die Qu'il prendra cette Année asseurément Candie ; Que , cette Capitale estant prise demain , Il faudra dans un An dire : Adieu la Siole , Adieu Ports i>'Itaijb , Adieu PaIs Romains ; Chacun n'estime pas la chose si facile :
n.i,z.dbvG00i^lc
667 ^i^' — ^ '7- Février 1667 SiiBLraNr;.
Venise ne craint point cela.
Depuis un temps le Makqois Ville , Pour soutenir ce siege-là ,
»'» Avec force Officiers s'est jette dans la Ville.
Ah mais , me dira-t'on , le Turc est bien puissant Et la République , au contraire , Va tous les Jours s'afFoiblissant ; Encore un de ses Chefs, & d'un rang peu Vulgaire , "o Cadet du Dec de Parme entin , {Bonor p«r
Dans les Isles de Ssille a ûny son destin : Cela n'avance point de beaucoup son affaire. Venise est sage , cher Dauphin :
Nous n'avons qu'à la laisser faire.
115 On vous rappelle k vos plaisirs ,
C'est assez parlé de Nouvelles.
Adieu, Comble de mes désirs ; Jeudy prochain encor nous en dirons de belles.
DE SUBLIGNY
A Ptrâ, Chif Pitrri Lr Mmmùt, m ia MalkuriKi , ai Ftu Divi» i66j. Avtc Privilrp.
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pai Chailii robinet.] Du 20. Février 1667.
Muse qu'on Aate de divine ,
Essayez à la devenir
Et faites que , dAns l'Avenir,
Vous teniez de vôtre Héroïne.
Que vous feriez de bruit si vous lui ressembliez ,
Et fi , comme Elle . vous aviez
Tous ces Charmes d'une belle Ame Qui font voir que le Ciel épuisa ses Efforts
A dessein de rendre Madame Aussi belle par là que du costé du Corps I
Par cette noble Ressemblance Vous attireriez son amour ,
n.i,z.dbvGoOi^lc
669 2i3. — Du 30. Février 1667 (Robinet}.
Et l'on ne verroit point en Cour De plus parfaite Intelligence.
*5 Par bonté , je le sçais , Elle vous ^t accueil ,
Et vous en fait assez pour vous enfler d'orgueil ;
Mais ce seroit bien autre chose.
Là donc , cultivez-vous toujours de plus en plus Et de l'Original qu'ici je vous propose ^o Contretirez en vous les divins Attribus.
LesTABTAXEs, ces francs Espiègles Qui vivent sans aucunes Régies , Ont à leur tour eu sur les Diaigts Par les Troupes des Polonois ,
1$ A qui , comme l'on sçait . n'aguéres Ils avoyent taillé des Croupières ; Et , de Batears étans Batus , Bien loin de &ire les Testus Et de vouloir tirer Revanche >
30 Leur On tout honteux se retranche.
Et n'ose plus montrer le nez A ces Saiuuthks r'allîez.
Mais , las 1 pour cela , la Pologke N'est pas à la fin de Besogne ,
3i Car ces Tartares de mat-heur.
Qui par l'ordre du Grand Seigneur Se sont joints aux Tourne-Casaques, Que l'on appelle les Cosaques , Doivent , avec d'autres Secourt ,
40 Totit désoler, aux premiers jours ,
' A l'entour de certaine Place Devant qui I'Otomank Race, Qu'on voudroit voir au Bemiquel , Désire planter le Piquet.
45 Déjà . ce dit- on , sa Hautbsse . Avecque beaucoup d'alaigresse , A fait porter diligemment Le Baton de Cohmamdkmemt , Comme aussi I'Ensbionb & le Sabre,
50 Dessus un Cheval qui se cabre , Au Bassa qui doit aller là Conduire ce beau Siége-!à , [fiére, Ce Grand Ssigneiir , d'humeur fort Bouillant d'une ardante Colère '
»i Contre le Sauuthe affligé , Dont il se tient tres-outragé , Pour n'avoir pas de belle sorte Envoyé Quelqu'un à sa Porte En qualité d'ÉiUAsaADKOR ,
60 Ce qui beaucoup lui tient au cœur.
16 Elk TMu «a bit uMt.
C'est pourquoi le Polonois Sire , A£n de détourner son 1rs , En envoyera promptement un Qui ne sera pas du conimun ,
65 Et, d'autre- part , à tous les Psincks, Des plus grands jusques aux plus Il dép&cbera des Couriers [minces , Dessus d'alaîgres Destriers , Pour en avoir quelque Assistance
70 En cette pressante Occurance.
Mais chacun d'eux sera ravi
De se signaler à l'envi
Dedans cette commune Cause ;
Ainsi du moins je croi la chose.
75 Déjà les vaillans SuÊi>ois .
Cherchans matière à leurs Exploîs , Se promettent dans cette Gubrbb De oien jouer du Cimeterre Et , toute raillerie à part,
So D'abatre du moins, pour leur part , Vingt mille des M^hones Cornxs Qui, ne pouv&ns soufirir de Bornes, Voudroyent, par des progrez divers, Se planter par tout l'Univers.
S5 Mais nous en avons assez d'autres , Beaux Musdusans ; gardez les vdtres.
Je trouve pldn d'un grand loisir Leur Monsieur le Premier Visut .
De faire , en guise de Fusées ,
90 Voler des Bombes embrasées En si nombreuse quantité Dans la Capitale Cité Du beau Royaume dk Cakdik , Et l'Entreprise est bien hardie
9f Qu'il fait de la réduire enfin Dessous le maudit Joug Turcain.
Quoi qu'en Guerre il soit tres-ha- Je pense que le Marquis Ville [bile,
.yGoQi^lc
2i3. — Du so. Février
Et tous W ChBFS ViNITIKHS ,
■oo Aussi vaillans que bons Chrêtient, N'auront pas moins d'intelligence Et de guerrière Expériance , Et que , comme il ataquera , Tout de mime on se défendra.
>û5 Incertain aussi de l'issue.
Craignant de faire une Bévue , Il tâche , comme fin Regnard , De foire Paix avec Saint Marc ; D'autant plus que te Sultan même
iioSe trouve en un besoin extrfime D'avoir ses Troupes en un Bloc .
S'il veut donner un si grand Choc
A la POLONOISE COURONKR ,
De la façon qu'on l'en soupçonne.
11» Le jeune Pkinck Raoosqui , Qui rime avec LuBOMmsQUi , Qu'inspire un si mauvais Génie , Voudroit de la Transsylvanib uad Chasser le Compère Michel ,
I lo Qui lut cause un triste Martel , Et , comme chante le Proverbe , Pour lui couper sous le Pied l'Herbe Employant le Sec & le Vert , De tous les moyens il se sert.
>is MflisquelquesSKiGMKtTasdeHoiroiUE, Voyans la chose fort aigrie , Moyennent l'Accommodement , Afin d'arrfiter l'Armement Qu'on prétexte de leur Querelle ,
>i° Mais qui met beaucoup en Cervelle Les HoNGKois & les Alekams , Craignans fort que les Otomans , Qu'on tient sujets à fourberie , Ne leur fassent supercherie.
'J5 L'EspAONOL & le POKTOOAtS
N'ont encor fait Trêve ni Paix , Et chacun d'eux , d'une Ame âére .
Est toujours en Garde meurtrière.
Les Anqlois & les Hollandois , 140 Que l'Hyver contraint d'fitre cois , Témoignent n'avoir pas envie D'être en repos toute leur vie , Mais de vouloir, & ce Printemps, Estre derechef Combatsiis.
■4) C'est des Régions étrangères
1667 (RoBtMcr). 671
Ce qu'avec ses Ailes légères
Répand la Dame du Rbnon ;
Après quoi je vais tout de boa
Dire d'Ici d autres Nouvelles ,
ij» Dont voici l'une des plus belles
Monsieur le Carimhal de Retz ,
Ayant essuyé tous les Trais De la plus averse Fortune , Avec une Ame non Commune,
'35 Mais telle qne l'ont les HCros Nais pour les illustres Travaux , Est venu , tout brillant de Gloire .
Consommer sa noble Victcùre Aux Heds du plus grand Potentat
■ 60 Qui jamais ait régiTEsTAT. [qde Un Trait d'œifde ce cher Momak- De sa Faveur portant la marque .
A foudroyé le Sort htal Ennemi de ce Cardinal ,
'^* Et l'on revotd enfin en Frahcb , Avec joye, une autre Ekinence , Car, en un mot , jusqu'à ce Jour, La PouRPKE a fort orné la Code, Et puis les VntTUi Cauunalbs
'7<>Accompagnent bien les Royales.
Mais , i propos de nôtre Con .
Les Amba^adeurs . l'autre jour, Y complimentèrent la Retnb .
Cette excellente Souverain»,
175 Dessus l'aimable Evénement De son heureux Accouchehbitt , Lequel nous donne une I^mtCBStE Qu on admire déjà sans cesse , Et qui , se faisant bien nourrir
I So Avec Elle aussi fait fleurir
Une Troupe de jeunes Charme* Qui causeront bien des Allarmes.
Ensuite ces Comdimenteurs , Qui parurent bons Orateurs .
'B5 Furent , par l'ordre du Grakd Sas. , Tous conviez , pour leur Bien-dire .
A se divertir au Balkt P'Jr
Et traitez en Festin complet. •■■
Ou a , depuis le Treizième .
■90 Dancé trois fois ce Balet même Qui, changeant encor beaucoup plu* De Visages que Proth^ds ,
ai3. — Du 30. Féfrier 1667 (Roantn-).
AToit Iws deui autres Emtiiu Qu'on a beaucoup coaàdéréea ,
Tara SçaVOÏT dtU MOWS A MaUOHS ,
J^ Deux tret-perversct Nations.
Le Eu aussi par fois se donne , Où des mieux l'on coUaàonne ; Puis la CoMÉiHK, en son Jour, MO Divertit de même' , à son tour, DnidÉi Par quatre Troupes différantes ^^Sm Et oui sont toutes excellentes.
"^ La Chasse enfin & les Festins , frSSÊB* Les cbers Amis des Intestins , [Lnu] £t )„ beaux Concerts de Baptiste , Qui n'est point un Amabaptistb , Font les Ebats du Cakmaval Chez le MoNutQtm sans égal.
Mais ce sera bien autre chose , »<> De la manière qu'on en cause , Demain & les deux Jours d'aprds , Et l'on fait de rares Apprés , A cet Effet , dedans Veksaillbs, Où l'on ne paye point de Tailles.
*'f Des Gens qui ne sont point Menteurs M'ont parlé de cinq cent liqueurs , Employez à larder des Viandes , Toutes exquises & friandes .
Ddnt nôtre magnifique Roy lao Veut qu'on régale en bel arroy Tous & chacuns Messieurs les Mas- [ques, Qui . sans commettre aucunes fras- Voudront aller voir sagement [ques, Ce nouveau Divertissement »} Dowel te TOUS promets de mettre Le Détail en mon autre Lettre.
La PuNCESSK de Monacho
Etant relevée à gogo ,
Et mtoie plus fraîche & plus belle , ajo Pour s'en féliciter chex elle ,
Avaot-bier, y donna le Bal
Avec un Festin sans égal.
Entr'autres TCte* principales ,
Les belles Altsssbs Rotalbi 1)5 Y charm(^ent les Yeux & les Coeurs
Par mille & mille Attrais vainqueurs,
Et toutes les Dahu parées ,
Afin d'être illec admirées ,
Avoyent , parmy leurs Omemens , >4»Tant de Psrles & Diamans
Qu'on auroit juré que la Sale Etoit une Inde Oeientale.
C'est ce qu'on m'en a dît en gros :
Aussi je tranche en peu de mots ; *45 Mais , si j'en apprends davantage , VousTaureadansquelqu'iiutrel^ge.
Le sage & preux MARQms d'Aloi , Qui de SouRDis l'est aujourd'hui , A, pour couronner sa Constance , »ïo La plus belle qui aoit en France , Epousé l'illustre Fouilloux.
O le noble Exemple pour vous , Indignes Amans de nôtre Age .
Qui n'avez rien qu'un Feu volage 1
»55 Achevons par l'Evénement Arrivé tout nouvellement.