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Do 24. AtoI 1667 [Robimbt

Se trouve assoupie A la an , Non pas sans un cruel chagrin

5S Et même une douleur mortelle P^^l Pour le Patriarche d'icelle ,

Qu'on a déposé dans Moscou , Pour ce ^ue , par un esprit fou , Voulant inover mainte chose ,

^Du Grabuge il étoit le Cause.

C'est avoir l'Esprit fou , de fait , El je mets cette chose en fait , Que de vouloir, sur la CRiANCE , Raffiner en Intelligence

6i Et , par des Dogmes singuliers Et Sentimens particuliers , Prévaloir, en vrais Refractaires , A la Doctrine de nos Pères.

Cazuir , RoY des Polonois ,

7« Ayant été quatre ou cinq fois Insulté de la FiÉviœ Tierce , Pour laquelle la Veine on perce , S'est vu, fatigué du ConHit , Contraint de demeurer au Lit

7i Et d'assambler dedans sa Chambre , Qui sentoit lors plus doux que l'am- La Grande Diète , deux fois, [bre, Les Esprits y semblent plus cois Qu'ils ne sembloyent A l'Ouverture ,

80 D'où , par une autre Conjecture , L'on condud que , selon les VcBUx , Tout doit aller de Bien en Mieux.

Cependant, Messieurs les Tar- [tares, Dans leurs beaux Fais toujours

8; Ont, sans nule Discrétion, [Barbares, Fait encor une Irruption , Ce dit-on , dans la Podoue ; Mais , les laissans dans leur folie , Les Moscovites , sagement ,

90 Exécutent fidèlement

Leur Accord avec la Poloone , Et , prenans part dans sa Besogne , A ses Forces ont joint la leur, Et poussent avecque chaleur

9i Ces coupables Tourne-Casaques Que l'on appelle les Cosaqdes.

Grâces au Cibl , sa Saintctè Recouvre si bien sa Santé

(Ce m'a dit un nommé Rodolphe]

100 Qu'elle veut à Castel-Gandolphe , Agréable & plaisant Séjour, Aller &ire bien-tôt un Tour.

Pour y desopiler sa Rate , Encore que maint Hvpocrate

105 Lui remontre que le bel Air D'illec pourra lui coûter cher.

Aussi n'est-ce , je vous assure , Que bagatelle & chançonpure, Et le Saint Père fait très-bien .

1 10 Sur ce Point , de ne croire rien , Se souvenant que , l'autre Année , Ces Gens de Casse & de Saignée Vouloient, par leurs beaux Argu- Et leurs subtils Raisonnemens [mens

■ ■ 5 Le divertir de ce Voyage ,

D'où , nonobstant tout leur langage .

Il revinst , le cas est fort vray , En bon Efstat & Pape gay.

Dieu luy doint encor longue vie t 1*0 J'en auray l'Ame bien ravie , Car il a de pieux Desseins Pour les fameux Républicains , C'est à dire ceux de Venise , Dont le grand Renom s'éternise , i>3 Et ce noble & sacré Héros Aux Dalmatiens & C an mors Doit envoyer , en diligence , Des Secours , certe d'importance , Tant de Troupes comme d'Argent, 'y> Dont ils ont un besoin urgent.

Comme , par prudence , on s'ap- [preste A foire , à qui le faudra , Teste , Par tout on agit sans arrest , Et, n'aguére , du Port de Brest

■ 15 On fit sortir & mettre en Rade Un Vaisseau , certe d'un haut grade.

C'est le Vaisseau de I'Axiral , Qui , dit-on , n'a pas son égal , Monté , sans nule erreur au compte.

140 De quatre-vingte Canons de fonte.

Et dont (j'en puis jurer ma foy) L'Equipage est en tel arrc^ , Que ce redoutable Navire De la Mer mérite l'Empire,

M5 Ajoutez à cela son Chef , Dont il faut parler derechef.

ai8. — Du 24. Avril 1667 [Rownir).

Ce Duc, tout rempli de bravoure ,

Lecjuel si bien l'Ennemi bourre ;

Et jugez s'il doit faire peur I S" Et par tout semer k Terreur.

Deux autres, la Perle & I'Hercti-

Qui pour nul hazard ne recule, [le ,

Passèrent à la Rade aussi ,

L'Onâénae de ce Mois-ci , ■ 35 Et , te lendemain , le Vandômb ,

Aussi haut que le plus haut Dôiib .

Devott les suivre en bon esait ,

Pour le service de I'Estat.

Ce sont les Effets d'importance 160 Des Soins & de la Vigilance

De ce nompareil de Beacfort ,

Digne d'un tres-Sorissant Sort

Et qu'admîroient , de trente Lieues,

Les Néréides toutes bleues.

( Cependant , pour rendre témoins Les'lNsuLAntES de ses Soins , Ses Frégates Avanturiéres Vont , BUS Occasions Guerrières , Assez souvent jusques chez-Eux ,

170 Et, bref, par des Succez chanceux, Chacune sa Prise en rameine , Qui la console de sa peine.

L'autre jour, le Sieur de Bléok , Avec la Diligente encor,

175 Qui, sous lui, sillonnant Neptune , Busqué & sans cesse fait Fortune , Enleva , d'un Coup de Filet , Coup qui ne me semble pas laid , Trois Batîhens fort raisonnables ,

iteQui s'estoient, en vrais petits

Courageusement défendus, [Diables, Mais, pourtant, & la an rendus.

Or, un d'eux fut coulé sous l'Onde, Faute d'avoir assez de monde

1B5 Pour l'amener jusques au Port , D'où le susdit Sieur de Bl£ok Est retourné chercher Cipture , Laquelle pour lui je tiens sûre , Sçachant de quel air il s'y prend :

■9^ Et j'ay là-dessus pour Garand Celui qui m'a narré ces Choses , Dans la mieux écrite des Proses.

Mois passons , de Brest , autre part Et dépéchons , car il est tard.

ij Madame I'Arbessi de Chbiu, [val Laquelle peut tirer l'Echelle jtJiJ

Apres Elle en plusieurs Talens, '

Tous du Ciel les plus excellens, .

Ayant esté, sans menterie,

K>Bien malade & puis bien guérie.

Toutes les Mkxbs & les Sotins , Dont Elle possède les Coeurs , En ont fait voir une Alaigresse Aussi grande que la Tristesse

■5 Qu'elles sentirent dans son mal , Qui sembloit à ses jours &t3t.

Elle aussi , pour montrer la Joye Dont lors son coeur estoit U Pn^, Apres un pieux Te-Deuh ,

1° Apres mainte Procession , Pour rendre avec quelque Décence Grâces de sa Convalescence , Festina magnifiquement Et tout à fait splendidement

'5 Les Nobles & Gens plus notables ,

A quatre plantureuses Tables ,

Où l'on servit tout ce que l'Eau

Produit de Poisson le plus beau.

Plusieurs Muids de bonne Yen-

[dange

>o Furent vuidez à sa Louange .

Ou , pour mieux dire , à sa Santé , Par le Peuple de la Cité .

Ayant premièrement bû celle (Ainsi que l'Abbesse de Chelle

'ï L'avoit ordonné dans ce Jour ) Des Majestez de nôtre Cour.

La Feste enfin fiit solennelle , Et chacun y montra son zèle Pour la Traitante, en bonne foy,

io Excepté , comme Je le croy.

Les Personnes qm , dans la Lyce , Avoient couru son Bénéfice

Nôtre incomparable Lotns , Dont tous les \eux sont éblouis ,

»33 Par l'éclat qu'on void sur la face. Où la Divnnié se trace , Vinst, Mbrcredy, fort gravement En son auguste PARLEMEtrr.

Pour tenir son Lrr de Justice ,

140 Aux uns d'inâuance propice , Et contraire à d'autres aussi , Mais [ce qu'on doit noter là\ Toujours par un Sort equitibk.

Réglé de ce Prince àaOMÀMiM.

\..OOQ

8i7 aaS. — Du 34. AtiiI 1667 {Rowhet),

145 Lors que , d'un &. d'autre côté

De sa charmante Majesté,

Dccs & Pairs, en bonne ordonnance,

Eurent aussi pris leur Séance , ^oaa Le sage & preux Grand Chambellan ^y^ Etant à ses pieds, en son Rang,

Le Grand SEcniER , toujours lui -

Avec une TÏgueur extrême , [même .

Qu'on ne peut trop exagérer.

Se fit mille fois admirer, is$ Parlant sur le Sujet du Code

Qui , reformant l'ancienne Mode

De mettre en estât un Procès ,

Fera plaider A moindres Frais

Et donner ( Chicanes cessées] 1^ Des Sentences moins épicées.

Ledit fameux Chef de Thehis ,

De plus , toucha d'autres Edits

Concernant diverses A^res ,

Et , du moins , autant nécessaires , 3<ï Sur quoy le Chef du PARLEmifr ,

Lahoiqnon , parla dignement ,

Ainsi que fit , à l'ordinaire ,

Ce bel Esprit , plein de lumière ,

L'Avocat Général Talon , *T> Sans doute un François Cickron,

a «toit MomiEDR, le digne FRiasllKiQUB, "^i^ Qui de belle Gloire se ptque , uan^bni Fut aussi de sa Majeïix ui^iii] Manifester la Volonté .

kl nâ»n ^'^ l'exacte Chambre des Comptes , Où l'on rend rie à rie ses Comptes.

Monsieur son premier Présidant, Dont le mérite est transcendant , Harangua lorg d'une manière 180 Qui ravit l'Assamblée entière ;

Mais n'en soyez pas ébahi .

C'est l'illustre NicolaÏ.

Or , avant lui , le Sieur d'AucRE , Tres-humain , quoy qu'il rime à

18s Et l'AvOCAT GÉNÉRAL DhEOX [Tjgtt,

Firent aussi fort bien tous deux.

Monsieur le Duc, avecque grâce, Aux Atdes alla prendre place , Encor sur le pareil Sujet,

190 Et Pdssor, en Sdle bien net

Et mBmement rempli d'Emphase , Ravit l'AuDrroniE en extase.

Apres lui , parlant 4 son tour.

Le premier Chef de cette Cour '

"95 Fut alors l'Aimant des Oreilles, Par l'efTet de ses nobles Veilles , Et , pour achever en un mot , L'Avocat Général Ravot (Car à chaque Saint sa Chandelle :

jooFit sa Harangue , aussi fort belle.

Au reste . en toutes ces trois

[Cours, Ensuite de ces beaux Discours , Par une juste Déférance A la Souveraine Puissance , lo^On enregistra les Edtts

d( JusOM , i'BiU pour li itasSoù k ]■ ConroDne dn DomalDM alUaiai, rBdtt pool 11 xnpnsrioo dM cniidc M b«IUi failBtna da Rmh M PorM , «t mi (Dln portant poaioir «m CoouniiDMrtai dô nDtmduu Imn nn|M, tMOdUBOMi M

Dont ces quatre en marge j'ay mis.

J'aurois encor bien des Nouvelles , Toutes curieuses & belles , Dont l'une regardoit le Camp Où le Rot s'ébat , en plein Champ, A revoir ses nobles Milices , Qui de ses Yeux sont les Délices ; Mais , mon Papier &e trouvant cour.

Je m'en vais les saler jusques au premier jour.

Adieu, belle & grande Princesse , Je vais vite envoyer ces Vers dessous la Presse.

.yGoogIc

8l9 xx8. — Du 34. Avril 1667 (Robinkt). 8h

Ib sont du vingt-sept Aprilis , Oti le Printemps enfin se couronne de Lys.

A Périt , Ck*^ F. Nafxf , rmtit U Htrpt , «u Trvâ Rait, Âvtc PriçiUgw A Ktj.

(ffibKotb. Mt., Le*, 21. Ra. — BiblieSi. MiuriM, 196. A^.

— Biblioth. de l'Ancnil , B. L. 1 rSM.

— BibUotb. de M. li barea Jana de Rotliackild.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[P*« Cr*«lii robinet.]

Du 1. May 1667

Encor qu'un maudit Rbeumatisme ,

Aussi dangereux pour le Corps

Que , pour l'Eglise , l'est un Schisme , Fist le Dragon sur mojr, par ses malins eHbrs ,

Je ne Uissav pas , â Princesse , Le dernier jour, d écrire à vôtre belle Altesse , Tant j'ay de la servir de plaisir & d'ardeur , Et , même , ou par justice ou par galanterie .

Maintes Gens d'Esprit & d'Honneur M'ont juré qu'ils trouvoyent ma Lettre assez fleurie.

Mais ce Rbeumatisme bizâre ,

Qui fiirette de tous costez ,

D'une manière si barbare

Redouble ses hostilitez ,

Que je n'oserois me promettre De pouvoir aujourd'hui vous fournir une Lettre , Ni , bien moins , de l'écrire un peu passablement .

Quoi que , pour pompeuse matière .

J'aye le Royal Campement ; Mais je vais au hazard enfiler ma Carrière.

Le ^ngt d'AvRiL , Ph(bbiis, montrant ses Rais propices , Tout exprés en faveur des Royales Milices , On les veid défiler toutes de leurs Quartiers Et , de l'air noble & fier qui sied bien aux Guerriers , S'avancer en bon ordre où le Monarque illustre Devoit les visiter & les voir en leur lustre.

Chevaux &. Fantassins, Offîders & Soldats, >- Pour plaire à ce plus grand de tous les Potentats , Avoyent , comme il l'envi , relevé l'Equipage

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