Du a3. Juillet 1667 (Robinki
De l'un de ces Ai^gus ftcheoi
Qu'on nomme Marys ombrageux.
Quoy donc que cette illustre Belle,
Ce m'a-t'on dit . luy fût fidelle ,
Comme il en craignoit , pour son Chef,
Sans cesse le Cornu mécnef ,
A tel point cette frénésie
S'augmenta dans sa fantaisie,
Qu'il conclud de mettre au Tombeau
Un Objet si rare & si beau.
Quelle épouvantable manie ,
Quelle rage & quelle insanie ,
En un mot, quel aveuglementi
Et depuis quand donc & comment
Une Belle est-elle coupable
Par la raison qu'elle est aimable?
Et doit-elle perdre le jour
Pour ce qu'elle est digne d'amour ?
Ce Jaloux , dans ses rêveries , Poussé de toutes les Furies, A ses deux Frères a recours Pour éteindre de si beaux jours , Et ceux-cy, d'une ame inbumaioe , Poussez d'un mouvement de haine , Veulent bien 2tre ses Boureaux. Juste Ciel 1 où sont vos careaux , Alors que ces Crimes insignes En paressent à tous si dignes ?
L Histoire porte que tous deux S'étoient pris dedans les beaux yeux De cette cnarmante Victime , Et que ; leur ââme illégitime N'ayant pu passer dans son cceur.
Ils Kvoient conclud dans le leur De l'immoler i leur colère.
Ainsi donc , pour se satisfaire , Servans le Jaloux sans raison , L'un luy fait prendre du Poison Et , comme un Remède contraire L'emp£che de pouvoir rien faire , L'autre , Camifex inhumain , Luy plonge un fer dedans le sein , Et d'Amour ce franc Sacrilège Fait couler, dessus de la nége , Un Corail liquide à grands flots.
Mais , pour tout dire en quatre motSi Comme sa meurtrière Dague , En faisant cinq fols zague , sague , N'a pas sceu réduire au Trépas Ce Recueil de charmans Appas, Une déloyale Mégère, De ces bons Fils la digne Mère , Vient promptement A leur secours
n.i,z.dbvGoOi^lc
93i 341. — Du 23. Juillet 1667 (Robimet). 93i
Et , par de séducteurs discours Ayant trompé l'Infortunée, Enfin trencne sa Destinée Par un funeste Lavement.
195 O quel étrange Evénement I
D'horreur j'en sens glacer ma Vàne , Et )e ne puis dater qu'à peine.
Je finis cette Lettre , en Juillet , le vin^-trois , Frissonnant jusqu'au bout des doigts.
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pai Chaki.!) robinet.]
Du 3o Juillet 1667.
Agréez , 6 claires Kayades , Agréez , 6 vertes Dryades , Agréez , vous , 6 belles Fleurs , Prez émaîllez , légers Zéphires , OysiUons de toutes couleurs , Qui sçavez concerter & sans Luts & sans Lyres ;
O vous , Plaisirs , 0 vous , Délices , Petits Amours , heureux complices Qui charmez ma Divinité , .^réez que mon humble Hime , Dans vôtre Palais enchanté , Luy rende àl'ordinaire un Tribut légitime.
Vous l'entretenez à toute heure ' En cette charmante Demeure, Pendant la Nuit , pendant le Jour ; Agréez que, chaque semaine, J'aye un seul moment , à mon tour.
Où , tout comblé de gloire . aussi je l'entretienne
Ah 1 je juge à vdtre silence Que vous soufrez cette licence.
Je vous en baise & tous les maint
n.i,z.dbvGoOi^lc
9Î3 243. — Du 9o. Juillet 1667 (Rousn-). 914
Et je vais avec allegrase.
Par des Vers quelque* quinie-TÏtigts , Dire ce que je sçais A sa brillante Altesse.
•5 Madaxk , en premier lieu , j'ay sceu
[Ce qu'on sçaura bien-{6t A Rome)
Que le Neveu du trés-Saint HomE ,
Personnage plein de vertu , Fut Dimanche A S. Clou visiter VOtre Altesse . |o Et qu'il fut comblé de liesse
De voir un ù charmant Palais
Et , plus encor, d'en voir l'Hdtesse .
Si féconde en brillans Atraîts Que jamais le Nature , en sa plus grand'largesse , }j N'en mit tant en aucun des plus rares Objets.
II veid pareillement cette jeune Merveille , Cette Grâce encor en Bouton , Qui quelque jour aussi n'aura point de pareille , Et des Appas de qui l'Amour sera glouton ; 40 C est vôtre mignonne d'iNPANTE,
Si brillante & si triomphante , Dont lea Atraits déjà font tant les entendus Que l'on peut assurer , sans que trop on les vante . Que tous coeurs devant eux seront des cceurs perdus ; 4) Et l'on n'ignore pas . adorable Héroïne ,
Que c'est A leur égard un beau Droit 'd'Origine.
Mais revenons au Cuidimal
Dont je parlois d'abord en ce premier chapitre ,
Car RospioLiosi de cet éminent Titre 50 Peut déjà faire capital.
Ce Personnage donc A Pourpre , sans que j'erre ,
A Tû pareillement la Reyne d'AKSLKTERXB ,
Nompareille en vertu , nompareille en bonté.
Aux soins de qui , je croy, 1 on doit une partie S5 Du grand & solennel Tiurri
Par qui dessus nos Mers toute Guerre est finie.
Ce MoHsiiuR R0SPI6UOS1 , Se promenant par-tout icy , Aux Gobelins alla . n'aguére , «o Et fiit ravy par la visière
De tout ce qu'on bit ta ce Lieu Par l'ordre de Louis , nôtre visible Dieu.
Mais , A propos de luy, son Onai le Saint Pérb , Qui de tant de vertus , ce dit-Kin , est orné <} Qu'il soutiendra des mieux son divin Caractère ,
Fut dernièrement couronné. Lassiidn
Etant dessus un Trône , on luy mit la Thyamb ,
n.i,z.dbvGoOi^lc
935 34>- — Du 3o. Juillet 1667 (Robihet). 936
Thvare à triple rang , sans-doute d'un Prix nrs , Et la chose se fit avec solennité.
70 Mais , à vous parler &anc , certaine circonstance
En ce lieu m'eut dépIÛ , dessus ma conscience , Et trés-peu tout le reste en ce ,cas m'eut ûaté.
Un Maître des Cérémonies
[En telle rencontre iofinies], 75 Ajoutant trop de celles-cy,
Vinst avec une Cane & certaine filasse ,
Et tuy dit , de mauvaise^ace , ' Y mêtant lors le Feu : « Stntr-niis , c'est ainsy
» Que la Gloire du Monde passe :
80 » Sic TRANSIT GlOKU MiINDI. >
Le plaisant Compliment à faire Dans une telle occasion 1 Et quelle Grandeur, tout-de-bon , Entendant ces mots , pourroit plaire?
8) Mais le Cardimai. Barbekin ,
Pour dissiper tout le chagrin Dont ce beau compliment pouvoit être la cause , Alla faire cet autre à l'auguste Clkmbkt , . Et que je mets en Vers comme il le fit en Prose : 90 € Saint-Pére, puissiez-Tous vivre très-longuement I
» Tout le SxutK CoLLÂGB à l'envy le désire. ■ Hé I voila , de par-Dieu , comment il falloit dire,
Messire le Prkiukr visn , Voyant qu'il y va de sa Teste 9j Si la vieille Candie enfin n'est sa Conqueste,
Selon du GnANo-SEiONEna l'impérieux désir A &it la belle Tantalive; Mais la Place , un peti trop rétive , Se rit de tous ses vains éfbrts , im Quoy ou'il ait une Armée ample & non point
Et divisée en trois grands Corps.
Ainsi , je crains qu'il n'ait fort mal pris ses Quand, de l'autre Candie ayant fait des masures. Il a dit & ses Gens que la vieille Ci^ loj Devoit être leur Domicile;
Car, à dire la vérité , Elle pourroit bien être à ce point incivile De les laisser dehors long-temps Tous coucher au beau clair, de Lune, 110 Dûssent-ils en avoir , par mauvaise fortune.
Forte fluxion sur les dents.
En tel cas , le Visnt , plus qu'eux encor fe plaindre , E^n auroit bien une autre & craindre , Qui dessus son cou pouroit choir.
IIS C'est une fluxion funeste ,
Qui coupe cent fois mieux que le plus fin rasoir ; Mais le 1 . - ■ ^
e Lecteur m'entend de reste.
.yGoQi^lc
glj 342. — Du 3o. Jaillet 1667 (Robwct). 938
Laissohs-lii ces laids Musulmans :
Discourons d'Objets tous charmans :
iM Parions de ndtre grand Monarque,
Parlons de sa digne MomA , Où tant de grâces l'on remarque , Qui peuvent mériter toute son amitié ; Parlons du cher Phojpe encore, 115 Plus aimable cent fois que l'Amant de l'Aurore,
Et de l'Illustre MoNTTEHsm .
Qui sçkit si bien mCler & le doui & le fier.
Toute c^te brillante Troupe , Qu'accompagne à présent la Gloire . Amour & Mars , I )o Ayant par-tout le vent en poupe ,
Visite en divers lieux les Forts & les Remparts
Que , par Préludes de Campagne , N6tre parfait Héros a gagnez sur 1 Espaqnb , Et'là, par-tout, Thér£ze étalant ses Appas, 135 Wr eux encor elle regagne.
Tout ce qu'il a conquis dedans les PaI»<Bas.
Ayant fait dans Arras , n'aguére , son Entrée , Où , fort peu s'en falut , elle hit adorée , Elle s'est fait voir à Dooat.
140 Et , comme on la trouva si belle ,
Crtte Université s'écria d'un cœur gay.
Par le mouvement d'un beau zelle , Qu'elle ne vouloir plus enseigner d'autres Loix . .
Que celles de Th^râse & du plus 'grand des Rois,
14$ On devoir , au sortir de cette docte Ville ,
En aller prendre un' autre , importante , dit-on , Car de dire assiéger , c'est la vieille chanson , Et qui discourt ainsi passe pour mal-habile. Je sçay bien que du moins CotnrrRAT t jo Vous diroit qu'il est vray
Qu'il vaut bien mieux dire aller prendre. Voudriez-vous qu'à parler elle vinst vous éprendre?
Mais , â propos , sa Garnison
Fut terriUement atrapée ,jj Dans sa Capitulation ;
Jamais nule , jamais , ne fut si bien dupée. Comme elle eut oublié de faire stipuler Par où vers Oudxnarde elle devoh aller, On vous la promena de terrible importance , ttio Car on dit qu'elle fit dix fois plus de chemin
Qu'elle n'en eust fait d'assurance :
îdbvGoOgIc
$39 343- — Du 3o. Juillet 1667 (Robmbt).
Je pensoîs 1'Eipa6hol un ont loit peu pfau fin.
Avant que d'achever m* Lbttke , Je dois encor un mot y meore De ce qui se passe ft Puis .
Et cela pourra bien révùllM: les Esprits.
Ls PoucK est toujours exacte au dernier point ; Elle ne se rdâche point :
Jugez-en , s'il vous pl^t , par ce que je vay dire.
Vous pourez bien vous en sourire , Mais vous «n conclurez , & selon mon soubait. Qu'il ne faut pas vraymeot que nôtre Bourgeoisie
Nonchalamment oublie De tenir son Devant , soit & matin . fort net.
Vous conessez assez VMai des deux Coxkbilles , Qui , pour vos chers plaisirs , produit tant de mcrveiUes ; Hé-bien I cet Homme-là , malgré son Apollon , Fut n'aguére cité devant ccne Police,
Ainsi qu'un petit Violon , £t réduit , en un mot , à se trouver ea Lioc
Pour quelques Pailles seulement
Qu'un trop vigilant Commiuaire
Rencontra fortuitement
Tout devant sa Porte cochât.
O juges un peu quel afroat I Corneille , en son Cothurne , étoit au DonB(.z-MoKT
Quand il fut cité de la sorte , Et , de peur qu'une Amande bonnist tous ses Lauriers,
Prenant sa Muse pour escorte , Il vint , comme le vent , au lieu des Plaidoyers ;
Mais il plaida si bien sa Cause ,
S(Ht en beaux Vers ou franche Prose , Qu'en termes gracieux la Police luy dît :
« La Paille tourne A vôtre ^oire ;
> Allez , grand Conieilla , u sufit. *
Mais de la Paille il faut vous raconter l'Histoire , Afin que vous «cachiez comment Elle étoit à sa gloire en cet événement. Sçachez donc qu'un des Fils de ce grand Peisonnage , Se mêle , comme luy, de cueillir des Lauriers ,
Mais de ceux qu'aiment les Guerriers Et qu'on va moissonner au milieu du Carnage. Or ce jeune Cadet , à Douay faisant voir Qu'il sçait des mieux remplir le belliqueux Devoir, D'un mousquet Espagnol , au talon , receut niche. Et niche qm le fit aller à doche-pié ,
n.i,z.dbvG00i^lc