‹ Les continuateurs de LoretChapitre 179 sur 217 · Du a3. Juillet 1667 (Robinki · texte numérisé non relu

Du a3. Juillet 1667 (Robinki

De l'un de ces Ai^gus ftcheoi

Qu'on nomme Marys ombrageux.

Quoy donc que cette illustre Belle,

Ce m'a-t'on dit . luy fût fidelle ,

Comme il en craignoit , pour son Chef,

Sans cesse le Cornu mécnef ,

A tel point cette frénésie

S'augmenta dans sa fantaisie,

Qu'il conclud de mettre au Tombeau

Un Objet si rare & si beau.

Quelle épouvantable manie ,

Quelle rage & quelle insanie ,

En un mot, quel aveuglementi

Et depuis quand donc & comment

Une Belle est-elle coupable

Par la raison qu'elle est aimable?

Et doit-elle perdre le jour

Pour ce qu'elle est digne d'amour ?

Ce Jaloux , dans ses rêveries , Poussé de toutes les Furies, A ses deux Frères a recours Pour éteindre de si beaux jours , Et ceux-cy, d'une ame inbumaioe , Poussez d'un mouvement de haine , Veulent bien 2tre ses Boureaux. Juste Ciel 1 où sont vos careaux , Alors que ces Crimes insignes En paressent à tous si dignes ?

L Histoire porte que tous deux S'étoient pris dedans les beaux yeux De cette cnarmante Victime , Et que ; leur ââme illégitime N'ayant pu passer dans son cceur.

Ils Kvoient conclud dans le leur De l'immoler i leur colère.

Ainsi donc , pour se satisfaire , Servans le Jaloux sans raison , L'un luy fait prendre du Poison Et , comme un Remède contraire L'emp£che de pouvoir rien faire , L'autre , Camifex inhumain , Luy plonge un fer dedans le sein , Et d'Amour ce franc Sacrilège Fait couler, dessus de la nége , Un Corail liquide à grands flots.

Mais , pour tout dire en quatre motSi Comme sa meurtrière Dague , En faisant cinq fols zague , sague , N'a pas sceu réduire au Trépas Ce Recueil de charmans Appas, Une déloyale Mégère, De ces bons Fils la digne Mère , Vient promptement A leur secours

n.i,z.dbvGoOi^lc

93i 341. — Du 23. Juillet 1667 (Robimet). 93i

Et , par de séducteurs discours Ayant trompé l'Infortunée, Enfin trencne sa Destinée Par un funeste Lavement.

195 O quel étrange Evénement I

D'horreur j'en sens glacer ma Vàne , Et )e ne puis dater qu'à peine.

Je finis cette Lettre , en Juillet , le vin^-trois , Frissonnant jusqu'au bout des doigts.

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pai Chaki.!) robinet.]

Du 3o Juillet 1667.

Agréez , 6 claires Kayades , Agréez , 6 vertes Dryades , Agréez , vous , 6 belles Fleurs , Prez émaîllez , légers Zéphires , OysiUons de toutes couleurs , Qui sçavez concerter & sans Luts & sans Lyres ;

O vous , Plaisirs , 0 vous , Délices , Petits Amours , heureux complices Qui charmez ma Divinité , .^réez que mon humble Hime , Dans vôtre Palais enchanté , Luy rende àl'ordinaire un Tribut légitime.

Vous l'entretenez à toute heure ' En cette charmante Demeure, Pendant la Nuit , pendant le Jour ; Agréez que, chaque semaine, J'aye un seul moment , à mon tour.

Où , tout comblé de gloire . aussi je l'entretienne

Ah 1 je juge à vdtre silence Que vous soufrez cette licence.

Je vous en baise & tous les maint

n.i,z.dbvGoOi^lc

9Î3 243. — Du 9o. Juillet 1667 (Rousn-). 914

Et je vais avec allegrase.

Par des Vers quelque* quinie-TÏtigts , Dire ce que je sçais A sa brillante Altesse.

•5 Madaxk , en premier lieu , j'ay sceu

[Ce qu'on sçaura bien-{6t A Rome)

Que le Neveu du trés-Saint HomE ,

Personnage plein de vertu , Fut Dimanche A S. Clou visiter VOtre Altesse . |o Et qu'il fut comblé de liesse

De voir un ù charmant Palais

Et , plus encor, d'en voir l'Hdtesse .

Si féconde en brillans Atraîts Que jamais le Nature , en sa plus grand'largesse , }j N'en mit tant en aucun des plus rares Objets.

II veid pareillement cette jeune Merveille , Cette Grâce encor en Bouton , Qui quelque jour aussi n'aura point de pareille , Et des Appas de qui l'Amour sera glouton ; 40 C est vôtre mignonne d'iNPANTE,

Si brillante & si triomphante , Dont lea Atraits déjà font tant les entendus Que l'on peut assurer , sans que trop on les vante . Que tous coeurs devant eux seront des cceurs perdus ; 4) Et l'on n'ignore pas . adorable Héroïne ,

Que c'est A leur égard un beau Droit 'd'Origine.

Mais revenons au Cuidimal

Dont je parlois d'abord en ce premier chapitre ,

Car RospioLiosi de cet éminent Titre 50 Peut déjà faire capital.

Ce Personnage donc A Pourpre , sans que j'erre ,

A Tû pareillement la Reyne d'AKSLKTERXB ,

Nompareille en vertu , nompareille en bonté.

Aux soins de qui , je croy, 1 on doit une partie S5 Du grand & solennel Tiurri

Par qui dessus nos Mers toute Guerre est finie.

Ce MoHsiiuR R0SPI6UOS1 , Se promenant par-tout icy , Aux Gobelins alla . n'aguére , «o Et fiit ravy par la visière

De tout ce qu'on bit ta ce Lieu Par l'ordre de Louis , nôtre visible Dieu.

Mais , A propos de luy, son Onai le Saint Pérb , Qui de tant de vertus , ce dit-Kin , est orné <} Qu'il soutiendra des mieux son divin Caractère ,

Fut dernièrement couronné. Lassiidn

Etant dessus un Trône , on luy mit la Thyamb ,

n.i,z.dbvGoOi^lc

935 34>- — Du 3o. Juillet 1667 (Robihet). 936

Thvare à triple rang , sans-doute d'un Prix nrs , Et la chose se fit avec solennité.

70 Mais , à vous parler &anc , certaine circonstance

En ce lieu m'eut dépIÛ , dessus ma conscience , Et trés-peu tout le reste en ce ,cas m'eut ûaté.

Un Maître des Cérémonies

[En telle rencontre iofinies], 75 Ajoutant trop de celles-cy,

Vinst avec une Cane & certaine filasse ,

Et tuy dit , de mauvaise^ace , ' Y mêtant lors le Feu : « Stntr-niis , c'est ainsy

» Que la Gloire du Monde passe :

80 » Sic TRANSIT GlOKU MiINDI. >

Le plaisant Compliment à faire Dans une telle occasion 1 Et quelle Grandeur, tout-de-bon , Entendant ces mots , pourroit plaire?

8) Mais le Cardimai. Barbekin ,

Pour dissiper tout le chagrin Dont ce beau compliment pouvoit être la cause , Alla faire cet autre à l'auguste Clkmbkt , . Et que je mets en Vers comme il le fit en Prose : 90 € Saint-Pére, puissiez-Tous vivre très-longuement I

» Tout le SxutK CoLLÂGB à l'envy le désire. ■ Hé I voila , de par-Dieu , comment il falloit dire,

Messire le Prkiukr visn , Voyant qu'il y va de sa Teste 9j Si la vieille Candie enfin n'est sa Conqueste,

Selon du GnANo-SEiONEna l'impérieux désir A &it la belle Tantalive; Mais la Place , un peti trop rétive , Se rit de tous ses vains éfbrts , im Quoy ou'il ait une Armée ample & non point

Et divisée en trois grands Corps.

Ainsi , je crains qu'il n'ait fort mal pris ses Quand, de l'autre Candie ayant fait des masures. Il a dit & ses Gens que la vieille Ci^ loj Devoit être leur Domicile;

Car, à dire la vérité , Elle pourroit bien être à ce point incivile De les laisser dehors long-temps Tous coucher au beau clair, de Lune, 110 Dûssent-ils en avoir , par mauvaise fortune.

Forte fluxion sur les dents.

En tel cas , le Visnt , plus qu'eux encor fe plaindre , E^n auroit bien une autre & craindre , Qui dessus son cou pouroit choir.

IIS C'est une fluxion funeste ,

Qui coupe cent fois mieux que le plus fin rasoir ; Mais le 1 . - ■ ^

e Lecteur m'entend de reste.

.yGoQi^lc

glj 342. — Du 3o. Jaillet 1667 (Robwct). 938

Laissohs-lii ces laids Musulmans :

Discourons d'Objets tous charmans :

iM Parions de ndtre grand Monarque,

Parlons de sa digne MomA , Où tant de grâces l'on remarque , Qui peuvent mériter toute son amitié ; Parlons du cher Phojpe encore, 115 Plus aimable cent fois que l'Amant de l'Aurore,

Et de l'Illustre MoNTTEHsm .

Qui sçkit si bien mCler & le doui & le fier.

Toute c^te brillante Troupe , Qu'accompagne à présent la Gloire . Amour & Mars , I )o Ayant par-tout le vent en poupe ,

Visite en divers lieux les Forts & les Remparts

Que , par Préludes de Campagne , N6tre parfait Héros a gagnez sur 1 Espaqnb , Et'là, par-tout, Thér£ze étalant ses Appas, 135 Wr eux encor elle regagne.

Tout ce qu'il a conquis dedans les PaI»<Bas.

Ayant fait dans Arras , n'aguére , son Entrée , Où , fort peu s'en falut , elle hit adorée , Elle s'est fait voir à Dooat.

140 Et , comme on la trouva si belle ,

Crtte Université s'écria d'un cœur gay.

Par le mouvement d'un beau zelle , Qu'elle ne vouloir plus enseigner d'autres Loix . .

Que celles de Th^râse & du plus 'grand des Rois,

14$ On devoir , au sortir de cette docte Ville ,

En aller prendre un' autre , importante , dit-on , Car de dire assiéger , c'est la vieille chanson , Et qui discourt ainsi passe pour mal-habile. Je sçay bien que du moins CotnrrRAT t jo Vous diroit qu'il est vray

Qu'il vaut bien mieux dire aller prendre. Voudriez-vous qu'à parler elle vinst vous éprendre?

Mais , â propos , sa Garnison

Fut terriUement atrapée ,jj Dans sa Capitulation ;

Jamais nule , jamais , ne fut si bien dupée. Comme elle eut oublié de faire stipuler Par où vers Oudxnarde elle devoh aller, On vous la promena de terrible importance , ttio Car on dit qu'elle fit dix fois plus de chemin

Qu'elle n'en eust fait d'assurance :

îdbvGoOgIc

$39 343- — Du 3o. Juillet 1667 (Robmbt).

Je pensoîs 1'Eipa6hol un ont loit peu pfau fin.

Avant que d'achever m* Lbttke , Je dois encor un mot y meore De ce qui se passe ft Puis .

Et cela pourra bien révùllM: les Esprits.

Ls PoucK est toujours exacte au dernier point ; Elle ne se rdâche point :

Jugez-en , s'il vous pl^t , par ce que je vay dire.

Vous pourez bien vous en sourire , Mais vous «n conclurez , & selon mon soubait. Qu'il ne faut pas vraymeot que nôtre Bourgeoisie

Nonchalamment oublie De tenir son Devant , soit & matin . fort net.

Vous conessez assez VMai des deux Coxkbilles , Qui , pour vos chers plaisirs , produit tant de mcrveiUes ; Hé-bien I cet Homme-là , malgré son Apollon , Fut n'aguére cité devant ccne Police,

Ainsi qu'un petit Violon , £t réduit , en un mot , à se trouver ea Lioc

Pour quelques Pailles seulement

Qu'un trop vigilant Commiuaire

Rencontra fortuitement

Tout devant sa Porte cochât.

O juges un peu quel afroat I Corneille , en son Cothurne , étoit au DonB(.z-MoKT

Quand il fut cité de la sorte , Et , de peur qu'une Amande bonnist tous ses Lauriers,

Prenant sa Muse pour escorte , Il vint , comme le vent , au lieu des Plaidoyers ;

Mais il plaida si bien sa Cause ,

S(Ht en beaux Vers ou franche Prose , Qu'en termes gracieux la Police luy dît :

« La Paille tourne A vôtre ^oire ;

> Allez , grand Conieilla , u sufit. *

Mais de la Paille il faut vous raconter l'Histoire , Afin que vous «cachiez comment Elle étoit à sa gloire en cet événement. Sçachez donc qu'un des Fils de ce grand Peisonnage , Se mêle , comme luy, de cueillir des Lauriers ,

Mais de ceux qu'aiment les Guerriers Et qu'on va moissonner au milieu du Carnage. Or ce jeune Cadet , à Douay faisant voir Qu'il sçait des mieux remplir le belliqueux Devoir, D'un mousquet Espagnol , au talon , receut niche. Et niche qm le fit aller à doche-pié ,

n.i,z.dbvG00i^lc

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