‹ Les continuateurs de LoretChapitre 180 sur 217 · Du 3o. Juillet 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 3o. Juillet 1667 (Robinet

Si bien qu'eo ce moment, étant estropié.

Il folut , quoy qu'il dist sur ce cas cent fois briche.

Toute sa bravoure cesser Et venir à Paris pour se faire penser. Or ce fut un Brancart qui , dans cette Avanture , Luy servit de voiture ,

Etant de paille bien garny.

Et , comme il entra chez son Père ,

Il s'en fît UD peu de litière :

Voila tout le Récit fîny,

Qui fait voir â la Bourgeoisie

(II est bon que je le reçue)

Qu'il faut , comme par-cy-devant , Qu'elle ait soin de tenir toujours net son Devant.

Je a'ay plus qu'une Historiette , Et puis je date ma Gazette.

L'axiunte Jalousie.

Une Femme est jalouse aussi-bien qu'un Mary. II est vray que la chose est moins à l'ordinaire ;

Mais aussi quel charivary I Une Uonne a moins de bile & de colère. N'aguere , une telle Junon , Dont je dois taire icy le nom , Scachant que son Epous volage Alloit porter ses Droits ailleurs , Tous les plus beaux & les meilleurs , Voicy ce qu'elle fît dans sa jalouse rage : Elle dressa, dit-on , un Bûcher sous son lit , Et , comme le mal-beureuz homme Y ronâoit en son premier somme , Le feu , tout soudain , elle y mit ; Puis elle même aussi se couche , Pour brûler avec luy tout ainsi qu'une souche , Suivant le beau dessein Qu'elle couvoil de longue-main.

Le feu dianc , à ses vœuz trop & trop favorable , A pénétré bien-tôt & plume & matelats Et tiré du sommeil le pauvre misérable , Qui se Sent pris sans verd & griller dans les draps. Igaoraat d'où provient ce fatal Incendie , If se levé en sur-saut; au feu soudain il crie ; Mais , las ] sa jalouse Morne , Qui veut , par éfet d'amttié , Qu'avec elle ce feu promptement le consume , Le retient & lui dit ce qu'icy met ma plume ;

« PeRPCDE , n. PAUT BRULBR DEDANS CB FEU VANGXUa

» Qu'exprès vieett o'allumek la juste Jaloosie » Dont kon akk est saisie ;

n.i,z.dbvG00i^lc

943 34a. — Du 3o, Juillet 1667 (RaBWEr].

» Il faut QO'ATltC ut KIEM IL SEJOIONB TON COniK ,

151 > Il faut... > — « Il faut, » repart l'Epoux, tout en fureur De se aentir griller la fesse.

Et s'arachant des bras de sa fiére Tygresse , « Il faut qu'en ck brabier tu brûlbs , s'il tz plaist ; > Mais n desirb , mot, hk sauvsr de sa flahs.

>6o > OUT, JE LK veux , 6 BONNZ LaXK ,

» MALOlti TON XiaOUREUX AjUlSST. >

Mais , Us ! il conte tans son hôte ; Sa Femme , en son transport , de la moitié trop caute , Dessus eux a Fermé la porte à double tour, 165 Et s'il veut échaper de cet ardant Bissttre ,

Faut que ce soit par la fenêtre Et que , s'il ne brûle en- ce jour.

Il ait le cou cassé par fortune d'Amour. Quelle diantre d'alternative 170 Où contre luy le Sort également estrive

Et luy montre un trépas certain I Mais , quelque rigoureux que semble ce Destin , En même temps qu il le menace , Il luy fait grâce , ST5 En stmfrant qu'il soit secouru

Par un favorable m-pROicrrn ; Car, iN-pxoliFra , son Voisinage Vinst métré la porte dedans , Malgré , dit-on même , les dens sto De sa Femme , au félon courage ,

Qui , pour l'empêcher, faisoit rage ; Et , dés que l'huys est abatu , Le Mary, de tré^grand courage , S'enfuit tout comme si , selon que dit l'Adage , iSj II avoit eu le feu au eu.

L'histoire dit que de la âSme Aussi l'on retira la Femme , Ayant plus de mal quede peur.

Car, helas ! la pauvre Femelle 090 A peine de ce feu la cnaleur sentoit-elle ,

Tant de sa jalousie elle sentott l'ardeur ; Et vous pouvez juger, sans que ye vous le die , Si ce n'étoit pas-là I'Ardante Jalousie.

Grande Altxsse , daignez , de vôtre air gracieux , *95 Acueïllir cette mienne Lettse , •

Qu'en vos chanhantes mains on doit demain remëtre , Car je l'ay vrayment faite exprés pour vos beaux yeux.

Nous étions dans le sept des jours Caniculaires , Alors que j'achevay ces Cannes circulaires.

Quiconque portera les yeux Dessus ce petit Apostile ,

cs,i,z.dbvCo(>glc

34^. — Du 3o. Juillet 1667 [Robdikt). 946

Que l'on adresu aux Curieux ,

Dehors & dedans cette ville ,

Sçaura , s'il ne le scavoit pas , Que dea Lettres au Roy, dont l'on fkit très grand cas ,

Et qu'on nomme Histoike Royale, la^H^da

S'impriment du bel-air & , certes . comme il fiiui ^wj*

(Croyez en ma Mnzs Ic^ale) .

Chez le même Charles Chenaolt Où l'on presse à présent les côtes i ta Lettre Qu'a Madame j'écris , comme l'on voit , en Métré : Et , si de son Hostcl tous êtes en souct, En Prose , cy-dessous , tout joignant , le voicy :

, Imp. Si Lih; nu ii la Huehtttt , Aux Arma i» K»f. Avte PriviUp

, Ls>, M. Rct — BlblÎDth. Miuriae, «96. AJ.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pai Ciiaii.ii robinet.)

Du 6. Aoust 1667. ^

Belle Princesse . un Imposteur Aujourd'lfuy me met hors de game ;

n faut que je l'avoue , il me ftit perdre cœur. Et je n'ey ni vigueur ni nflme.

Vous avez encor dans l'Esprit Toutes les choses qu'il vous dit ; Il ocupe encor vos oreilles

D^nis le dernier jour qu'il vous raisonna tant , * ■ Et , quand je ferois des merveilles ,

Autant, je m'en assure , en emporte le vent.

Hélas ! vous avez écouté Avec plaisir, avéque joyc , Ce que le Séducteur devant Vous a conté , Et de me foire ouïr je ne sçay plus de voye. Mais quoy ? qui ne l'écouteroit Et qu est-ce qu'il ne séduiroit , Quand il est instruit par Mouerb ?

Hélas) Madame, hélas! tout viendra l'écouter; Il aura de chacun l'oreille toute entière , Et d'avoir charmé tout il poura se vanter.

Dés-bier , en foule on le veid , Et je crqy que long-temps on le verra de m&oe ;

;.Cooi^lc

947 *4^- — Ou 6. Aoost 1667 (floKNn'). ^

On se fiùt étoufer pour ouir ce qu'il dit . Et l'on le psjt mieux qu'un Prêcheur de Carême. >} Princesse , agréez néantmoins

De ma Clion les petits soins ; Daignez luy donner audiance :

Je puis voua assurer qu'elle fait de son mieux Pour plaire ft vâtre Esprit , qui n'est qu'Intelligence jo Et qui brille de pair avec vos divins yeux.

Aujourd'hui j'ajr tut de matières Qu'à peine deux Lettres entières Sufiroient pour la contenir.

Fussent-elles plus que plenières ; 1) Mois à-bout il en faut venir.

Le moyen que je m'en propose , C'est (ravoir recours à la F^ose , Qui sçait des mieux l'an d'abréger :

Et puis c'est quelquefois une agréable chose 40 Que d'ainsi mélanger

La Prose avec la Rime , Quand des deux ua peu l'on s'escrime.

Le Roy des Sarmathes est , sans mentir, lout^-bit digne de pidé. L'apt-

rance du repos dont il se âate de temps en temps est aussi tôt détruite . ou

4j par ses Sujets rebelles , comme les Cosaques, ou par de mauvais voisins.

comme les Tartares. Ces derniers se proposent encor d'entrer dans la Pologne

au nombre de 40,000, sous deux Chefs qui spnt deux étranges Garnemeos.

C'est le Bassa de Silistrie

Et le Seigneur SulUn Galga . Ï2S.*S%*SS'

JO Qui dessus ce dessein plein d'atroce furie

Tiennent conseil à Rusava.

L'Ambassadeur de Tartarie ,

Désirant palier cela ,

Dit , mais c'est pure raillerie , 5) Que ces maudits Tartares-là

• Ne sont que gens à volerie ,

Que le Grand-Kam , &. cAibra ,

Ni peu , ai prou , n'aprouve mie ;

Mais , sur ce point , ouy-da , ouy-da.

60 On Sfait à peu près ce que l'on doit croire , Sl l'on ne doute point que ces Malins ne se laissent du moins emporter à leur grand Mobile.

Ce grand Mobile c'est la Porte , Laquelle . comme on tient , les porte A ces projets d'ini<^uité; 6j Mais , sur ce , le Ciel reconforte

Cazîmir, car, en vérité , Sans que ce Sort l'outrage encore de la sorte. C'étoit assez du mal de sa vuiduité :

Comme dit l'Axiome , à qui je me raraorte , JO Mal dessus mal n'est pa* aanti.

rouz^db,GoOgW

949 '4^' — Du 6. Aooit 1667 (Robtkkt]. 950

Nôtre fflorieux Héros , qui ne veut pas que ses Armes soient moins utiles au secours de ses Alliez qu'à l'augmentation de ses Conquestes , avoit résolu d'en envoyer une partie à ce Moauque persécutd; Mais l'Assemblée des Electeurs & Princes de l'Empire, qui oevoient donner passage à ses Troupes, 75 a répondu (je ne sçay 'si c'est sincèrement) que rien ne pressoit si fort en Pologne qu'il exigeât de luy une si prompte Assistance ,

Et qu'elle suplioit ainsi 3a Majesté D'en demeurer à c« beau zelle , Qui faisoit éclater sa générosité 80 Et U devoit couvrir d'une gloire immortelle.

Vous devinerez ce qu'il vous frfoîra là-deuus , & moy j'ajoûteny qua

Les Députez de l'Empereur ,

Ainsi que ceux de tous les Princes ,

Tant des pliu Grands que des plus minces, S5 Ont tous promis , en Genfr-d'honneoi,

Suivant Le Munstérien Pacte .

Auti)entique & sdennd Acte,.

De n'envoyer aux Pays-Bas.

Oti ribére est ainsi , ma foy, pprcé fort bas , 90 Aucun Secours . quel qu'il puisse èOC.

Après cela . 4irez-^oiu pas Que LoDis des Dtstjna en tous Lieux eat le Maître ?

Au reste, ce Résultat fat pasad sur la demande que fit en son nom, dan« cette Assemblée , le sieur de iGwuiioiit, Gentilhomme ordinaire de Sa Majesté & son Député en ce Lieu-U , ce qui suffit pour luy donner un caractère ^orieux & le faire compter panay les Personnes que le Ftince a distiaguées.

Th£s|se , au sortir de Douay.

Fut aussi visiter Toumay, Et ces Citez firent merveiUes , 100 On le peut dire, en vérité,

Pour témoigner leur zelle â cette Majesté , Dont les grâces sont sans pareiUes.

Elles semèrent son chemin De Roses & de Lys , d'Oillets & de Jasmin , loï Et chaque rue alors sembloit un beau Parterre .

Oti le Printemps avoit , d'une prodigue main , Epanché les trésors qu'A ta floK il desserre.

IvCS mêmes rues êtoient aussi toutes tapissées, & l'on ne découvroit

qu'agreabies spectacles de tous cdtez. ainsi qu aux Triomphes des Conquérans.

iioAussi, cette Auguste Princesse étoit-elle conquérante d'autant de cœurs

qu'elle 'avoit de Spectateurs de ses divins charmes , de manière qu'on ne luy

devoit pas moins qu'aux Vainqueurs les pl;ua célèbres.

.yGoQi^lc

95 1 343- — r Du 6. Aoust 1667 [Robinr). 95»

D'abord sept jeunes Cavaliérea , Qui representoient des Vertus , its Mais toutes plus douces qu'dustéres,

Et si charmantes que rien plus , Vinrent à ses Appas ren^e un profond hommage. Toutes luy presentans , d'un air modeste ft sage ,

Le nombre aussi de sept Lauriers , "

tM Comme autant d'honorables marques

Des principaux Exploits guerriers Qu'a &its en leurs P»ys le plus grand des Monarques.

Plus avant, cette belle Princesse rencontra un superbe Chariot. Qb l'Asie , l'Aflrique , l'Amérique & l'Europe paressoient soumises aux bellilaj queux Destina de la France ; & au milieu Ctoit, sur un Dauphin mouvant, un Arion , qui , après avoir salué la charmante Héroïne , chanta un Récit sur ks Victoires de nôtre Héros , dont toute la belle Cour demeura presque enchantée.

Après un spectacle si beau , i|tt On en découvrit un nouveau ,

Qui n'étoit pas moins admirable.

C'étoit un lar^ & long Vaisseau ,

D'un frtîâce mcomparable ;

Lft se montroit la Piété , ■jj Debout , avec la Charité .

Qui dignement apostrophèrent

Du Grand Lona la tAusni , ' Et très-bien Imj représentèrent

L'élix)inible captivité 140 Des Corètiens chez la Gent pro&ne

Que l'on nomme Mahométane.

Cette Harangue tendoit , pour fkcîliter le passage aux Mathurins qui s'employent à la délivrance de ces malheureux Captin , & persuader au Roy la Conqueste de l'isle de S. Jacques , & , par un merveilleux artifice , elle parut 14J en même temps comme réduite , & la Victoire en étoit annoncée par les fanfares des Clairons & le, bruit des Tambours , qui formoient un Concert tout-à-£ut convenable au Sujet.

Enfin , deux Gèans , hauts de dnqnante coudées , Qui des plus grands ainsi passoient toutes idées , ijo Se firent voir en bel-arrojr ,

Et , par cette hauteur, designoient la puissance De nôtre incomparable Roy Et la grandeur de nôtre France.

Hé bien ! se peut-îl rien voir de plus galand que la magnificence de oot i;5 nouveaux François , & ne diroit-on pas qu'ils n'ont jamais Uàt autre choK que préparer des Entrées fc des Victorieux , aussi bnllans & aussi augustes que leurs nouveaux Souverains?

Est-il rien plus plaisant aussy Que de faire ainsi des C

cs,i,z.dbvG00i^lc

9^3 243. — Du 6. Aouat 1667 [RoBiNn'). 954

160 Et de trouver par-tout ainsr

Des jeui , des ébats & des Festes ?

En bonne-foy, si mes Avis

Etoient dignes d'être suivis ,

Nôtre charmant Seionbiik &. Sike 16} Preodroit încessamment de nouvelles Citez

Et , se divertissant , étendroit son Empire

Au Pajrs-Bas de tous cdtez.

Mais il n'est vrayment pas besoin de luy donner dcis Avis sur ce sufet. Ce brillant Potenut n est que trop ardant à la victoire. A peine a-t'îl pu donner

lyoquelques jours à ces Entrées de la Rùne , qu'après l'avcûr fait reconduire ù Arras , il s'est remis à la teste de son Armée , & qu'Oudenarde a sceu de ses nouvelles de plus prés qu'elle ne l'auroît souhaité. Je veux dire la Garnison , car, pour les Habitans, il n'auront pas esté moins charmez de se voir sous la Domination Françoise que ceux des autres Villes , qui sont leurs Ainez dans

■7ï cette bonne fortune.

Ce n'en fiit pas , dit-on , pour un bon dejûner, Et jamais on ne fût en besogne si vîte. En vain elle voulut tant-soit-peu lanterner : En six heures au plus elle qmta son gîte ; iBo J'entens ladite Garnison ,

De qui le Gouverneur & les Soldats , dit-on , Furent bits Prisonniers de Guerre.

C'est donc un nouveau Te Didm Et nouveau Feu par tout, sur la Françoise Terre.

i8t On dit que deux cens Egrillards , SirtSî uS

Pour gagner quelque renommée,

Quitans de Lite les Remparts ,

Quand Louis rejoignit sa triomphante Armée ,

Vouloient , en qualité de petits Fanbrons ,

190 Surprendre aux environs

Un grand Corps de sàze Gens~d' Armes. o«i itatihi ta rdj Ils n'agissoient pas en Poltrons , Et c'étoit-lâ sans doute un fameux Exploit d'armes :

Mais on ne leur souffrit pas l'honneur d'une belle Action , & nos Volon- 19) taires, par une étrange jalousie de \e gloire de ces Messieurs , leur coururent sus Sl achevèrent de les mener batans chez eux , avec 80 Gens d'Armes survenu» eu secours de leurs Compagnons.

Monsieur le Duc , en ce rencontre.

Faisant de sa valeur une nouvelle montre, MO A la teste de tout , les poursuivit fort loin

Et . de leur hardiesse étant tout en colère , En força du moins trois de mordre la poussière. J'ay de ce que je dy maint illustre Témoin ,

Car le Duc de Bouillon , qui est des premiers de toutes les belles PirtÎM, tttnt

,C~.oti<^lc

955 343> — Du 6. AouK 1667 (RowNrr). $56

*o5de celle-là et y signala admirablenicnt bien m gtorielise bravoure . ainsi qne

le Comte d'Armagnac . le Mbrquîs de Coaquin , las Comtes du Lude & de

Nogent , les Marquis d'Albret , de ChamiUy & de Montaterre , & je ne sçay

combien d'autres qui firent les petits Lions en cette occasion.

D'autre part . le Duc de Soubiae , ^fiStHL^

>■<> Qui n'a pomt du tdut fece bise , «mOm^ruam,

Comme ausri le Marquis d'Iliers taJSiat^t^Sa

Et. bref, le Sieur de Saint Maurice, «.^IcompM-i.

Montra qu'il n'étoit point Novice

Dans le noble Champ des Lauriers , S15 Et vous rossa les deux cens -Maîtres

En petits Valets portes-guêtres.

J'av appris du Havre de Grâce que la première pierre de la Plate forme d'uq Bassin y a esté mise par un M' Manœuvre le plus galand du monde. Sa Règle étoit de bois d'Inde , garnie de Fleurs de L^s d'argent, sa Truelle, uoaussi d'argent cizelé , son Tablier , de peau de senteur, doublé de satin , & son Mortier, détrempé avec des Essences dans un Vase doré , gamv de fleurs par dessus. Jamais Apollon , quand il fit ce Métier, ne fut si joliment ajusté que l'étoit cet admirable Masson , qui est le cher favory de ses doctes Scéurs.

Devinez qui ce pouvoit être:

' ai5 Vous le devinez sans baban ,

C'étoit le Duc de Saint Again , En toutes choses si grand Matstre.

N'aguére on en vid, à seize ans, Uq Grand dans la Hiilost^hie . "^"îïiâS*"

sjo Et l'on n'avoit vu de long-temps tmh«,jii«w

Un si franc Nouriçon de la belle Sophie. com,. d. a«»««.

C'étoit le Fils Maé de liUustre Colbkbt , [j—bm*-!" cou-rt

Qui l'Etat toujours si bien sert, Et l'un des Ecoliers de nos bmeux Jésuites: »ii Je dis tout en disant cela:

L'on conêt ces grands Casultes.

Au reste , à cette Thése-U , On ne veid que des Gens des plus rares mentes.

MTstolt,i*tBll'Mni

4* FiMo», 1« PnmlH I ,

sa PiMisa »a HorOat «t ton

Mais , sus , achevons promptement Par un risible Evénement.

Lb Loop de cbair db vsao , ou l'ahoukbusk GdAkison.

Un Galand , féru d'une Bbllb , Se coosumcnt d'amour pour elle ,

HS Sans qu'à sa peine elle eust égard Et qu il y prist aucune part, Quoy qu'en beau stile d'Elue , Il luy dist avec é

n.i,z.dbvGoOi^lc

343' — Du â. Aoust 1667 (Robinst).

« O BsuLK Okphise, zh Qm les Dieux ijo » Ont mis lkdxs Dons plus précieux,

■ Crdellb, hélas] sous vAtreempirk, » Depuis tant de temps , je soupire ; > Je songe NDrr & iour a vous ,

■ Je fay l'esclave a vos genous , i$5 ■ Je me plain . je me kesespérs ,

» Je ne sçay plus tant6t que faire , » Et, oe langueur, depuis deux ans,

■ Je tombe a la nN sur les dents ; » Avec tout ce rendre langage ,

160 II ne peut fléchir son courage , Ny mitiger la cruauté De cette superbe Beauté Qui tourne , au contraire , en risée Les voeux de son ame embrasée.

16$ Mais , par un plaisant coup du De sa prison enfin il sort , [Sort . Rompt ses Fers&sentque son Ame Est exempte de toute tlàme , Et , cher Leaeur, voicy comment.

i-jo Un beau matin , le triste Amant , Voulant auprès de sa Rétive Faire encor une tantativc , Tout transponé , tout interdit , Va la surprendre au chaud du lit,

I7J Où jamais il ne l'avoit vue.

La Soubrette , mal entendue , Ou le Trotin , bref, l'un des deux , Laissant monter cet Amoureux , D'abord qu'il entre dans la chambre,

iSo 11 sent autre chose que t'ambre .

Et , plus il est prés du Dortoir, Plus it a besoin d'un mouchoir.

Tant cette odeur, un peu trop forte,

Le prend au nez d'étrange sorte.

283 Mais , tirant le rideau du lit , Ou sa belle Geôlière git , Justes Dieux, quelle est sa surprise De voir un Spectre au lieu d'Orphise, Eialant l'odeur d'un Tombeau I

190 Car, sous un loup i>e chair de vead. Qui sentoit comme la charogne, Elle cachoit sa noble trogne , Comme on peut penser, à dessùn D'humecter & polir son tein.

195 Elle , bien décontenancée Et contre ses Gens couroucée.

Ne sçaït que dire à son Amant Sur ce risible acoûtrement.

Voulant parler, elle marmote

)oaEt s'explique en contuse note, Luy disant qu'elle hait le Fard Et qu'elle n'a mis ce Placard Qu'A cause de quelijue élevure , Ou bien , que sçay-je ? égratignure.

jo) Mais l'Amant , lors tout éfaré De voir ce visage emplfltré , Et, qui plus est , suffoqué mgme Par cette puanteur extrême , Se retire , sans compliment ,

jtoEn faisant un ferme Serment Que jamais la channànte Orphise Ne r'atrapera sa franchise.

O que d'Amaas seroient guéris Des maux que leur fant leurs Cypris,

jtf Leurs Philys & leurs Amarantes, Dessus le midy si charmantes.

Si , comme ce pauvre David , Ils pouvoient les surprendre au Nid!

Je fis , le (juatre Aottt , ces Historiques Pages 3M Pour ua Ob|et Royal qui vaut toas nos Hommages.

.yGoQi^lc

[Pas Chakli* ROBINET.] Du i3. Aoust 1667.

Le bon vent soufle dans nos Voiles .

En dépit de quelques Jalous , Et nos favoraoles Etoiles , O ma cbén Clion , leur donnent du dessous. } Mais , sans nous expliquer à prtsent davantage ,

A qui nous le devons préparons nôtre Hommage , Et de l'air le plus gav c^ue nous ayons fait voir. Ab I que je sens ma Veine en ce moment fertile , Et qu'il me doit Stre facile lo De m'aquiter de mon devoir !

Ouy, mon adorable Patronne , Digne , par vos beaux Attribut , De la plus brillante Couronne , St Tty trancher pour Voua , en un mot . du Pbébua ; ■j Je sens dessous mes pies ployer tout le Parnasse.

Mais , justes Dieux , quelle est aujourd'hui mon audace I Ah I Pmncesss , excusez l'éfel de mon transport : Ma joye , en son excez , me rendoit téméraire. Je ne me promets rien , je remets tout au Sort , M Et je croi plus sagement faire.

L'EupAKETta , touché de pitié Pour le Roy de Poloonx , en son triste veuvage , Luy propose, dit-on , une illustre Moitié, Et mêmes de son Parentage ; ■) Mais cette marque d'amitié

Luy parfit un cruel outrage , Tant sa belle Défunte est toujours dans son cceur Et tant de son Trépas est grande sa douleur.

Certain bruit avoit couru même jo Qu'il vouloit déposer l'éclatant Diadème ,

Qui , sans Elle , & présent , luy sembloît odieux ,

Et qu'il avoit dessein d'achever sa cariére

En quelqu'un de ces sacrez Lieux

Où , pendant tout le jour & la nuit toute entière ,

J5 On peut entretenir commerce avec les Dîeox.

Mais ce n'étoit qu'un bruit frivole.

n^i,z.dbvGoOi^lc

961 344- — I)u i3. Aoust 1667 (Robwr). 963

Semé par du Eiprita malini Qui , le semant , avoyent leun fins , Je vous en donne ma parole ; 40 Et des Nonces de SANDOitn , M^iut

En ayant audit r-*«iin»

Osé parler, dit-on , de façon indiscrète . Ils furent obligez de palinodier , C'est-à-dire , s'il faut que ce mot s'interprète , 43 De changer de langage & de s'humilier,

Demandans , en un mot , une douce indulgence Pour leur discours plein d'indécence.

Loin tout penser des Pays-Bas ,

On ne songe qu'à ses ébas , fo Comme ailleurs je l'ay dît . chez I'EmpAbsur Iokacs.

Le douze du mois expiré ,

Où la Naissance se retrace De cet illustre Objkt, de son cceur adoré ,

Et la Perle des Marguerites . h

5j On fit merreille aux Favorites.

Le lendemain , sur nouveaux frais ,

Pour mieux honorer ses mérites , Un Balet , à cheval , fut dancé tout exprès .

Lequel plût fort à ses Atrais.

60 Son Epous^ conduisant une sienne Quadrille

Y faisoit . ce dît-oo , flokes .

Car, en de pareils Jours, il brille.

Le PaiNCK CiuRU , allant après

Avec une autre longue File , 6} Atirolt sur lui maints aspects ;

Et leurs Baladins qu'on étrille ,

La plus-part tous jeunes Genetx ,

Pour Eitire honneur à la Castille ,

Dansèrent comme des Cadetz.

On a dancè , devant l'ancienne Camdik , Ma-foy, bien un autre Balet; Je ne croy vraiment pas que le Visia en rie Et qa'ily trouve rien de unt soit peu folet. C'est qu'avec de certaines Mines , Et je ne scay quelles Machines Caksix a nit caprioler De ses Gens plus de quatre mile , Je pense , demy-lieue en l'air s Ne fut-ce pas un tour habile } Mais l'on ajoute encor de plus , Ce qui rend ce Vwa au dernier point Camus , Qu'ayant, par six endroits . fait donner à la Placr

Un second & terrible Assaut, Il se trouva si mal de cet excez d'audace Que douze mille encor des Sien» firent le saut.

n.i,z.dbvG00i^l(!'

9^3 a44- — ^" >3- Aoufit 1667 (Ronmet). 964

Et rendirent l'esprit à Mahox , leur PicorBETB. Apres quoy, plein de rage autant comme penaut. Il leva le Piquet & fit promte retraite. ■ - - Voyez en quel endroit ses Gens vo Pourront élire Domicile,

Et par quel fâcheux contretemps Il fit imprudemment démolir l'autre Ville ; Cnd» ftmm

Voyez comme , après ce beau coup , Il pourra garantir son cou 99 De la foudre qui le menace I

Mais , sans trop m'en mettre en souci, A RoKK promtement je passe , Sans neantmoins bouger d'icy.

Clément Nkof y fait, d'importance , 100 Toutes Papales Fonctions ,

Et montre dans ses Actions Grande vigueur & vigilance.

N'aguére , il a donné sa première Audiance A nôtre brave Ahbassaordr , 10$ Et de manière , en conscience ,

Qui fait voir que les Lys sont gravez dans son cceur.

A l'EioMBKCB de Vendôme , Avant qu'elle sortist de Rome , 11 a donné pareillement lia Le Chapeau de couleur de rose.

Ce Prince ainsi , présentement .

Est un franc Cardinal indubitablement.

Sans qu'il luy manque aucune chose.

Le sage Rospiguosi , 115 Par-tout en odeur de Saint-Homme ,

Qui partit l'autre-jour si satisfait d'icy. S'avance tant qu'il peut vers ledit lieu de Rome , Et j'ay sceu qu'il y porte un précieux Pourtrait : U vaut vingt mille Ecus , & même davantage ; iM C'est , de nôtre Grand Suts , un Présent à lui fait ,

Où l'on void , trait pour trait , Son auguste Visage.

A propos , aux Villes conquises , On veut avoir par-tout ce cher Pourtrait du Rot ; 13} EUes l'auront aussi , je croy,

Et d'une Main des plus exquises Ou plus expertes au grand Art De peindre un Alexandre, un Pompée , un CAsar ; Mais , sans trop dire du Rot nôtre , J30 Ne vaut-41 pas & l'un ft l'autre?

.yGoQi^lc

965 344- — ^1* '^- Aoiut 1667 (Robinet). 966

Ayant campé , dît-on , un jour, Proche la Ville de Demionde , La Garnison , croyant se voir prise à son tour De ses Ecluses fit tout autour courir l'Onde ; ij$ Mais, elle a voit pour lors le plus grand tort du Monde;

I<onis ne pensoit pas è luy faire l'oonneur De se rendre alors son Vainqueur , Et, s'il l'eût entrepris, sans faire de miracle, Il l'eût mise à Jubé, malgré ce vain obstacle. ■40 Mais LiLE , en ce moment , étoit tout son Objet ,

Et , fut-ce Lile inaccessible , Rien k Loois n'est impossible :

S'il la vouloit avoir, c'en seroit bien-tôt fait.

MoNsiECB LE Dec , Vaillant de Race , 141 A donc investy cette Place ,

Avéque deux mille Chevaux

Que ce brave Prince commande ,

Et cette Armée , aux grands Travaux

Et de SiÉoEs si friande , 150 Dont, pour vous dire tout en bref.

Le Mar^rax D'AmoNT est Chef.

Le MoNARQtTE , avec son Armée

Par tout à vaincre acoûtumée ,

Aussi-tât marcha sur leurs pas , 15) Avéque PutupES as FRutcB ,

Ce jeune Héros plein d'Apas.

Ainsi , selon toute apparance ,

An premier Jour nous apprendrons

Que Lile humblement s est rendue ; >6o Te Dedh nous en chanterons

Et par-tout nôtre joye eu sera répandue.

En attendant un tel Avis , Sur un autre sujet nous sommes tous ravis : C'est sur la guerisoo charmante ifij De nôtre Dauphin précieux ,

Dont une Fièvre trop fbrfaate Insultoit le sang glorieux.

Grâce à maint célèbre Hypocrate (A qui Dœn sauve foye & rate I] 170 Et grâce ft la Nature aussy,

La galante a quité ce plus beau sang du Monde , Et , pour rendre la joye" entre nous sans seconde . On nous doit ramener le jeune Pumcb icy.

L'aimable Iris ainsi le mande En son agréable Légende ; Elle adjoûte de plus que , des Gens Espagnols,

ns,i,z.dbvGoOi^lc

9&7 ^44- — ^u >^- Aoiut 1667 (Robihkt).

Etaos venus chercher, assez loin de CoM»rioNE , Je croy, des nids de Rossienols

(O Dieux I faut41 encor qu'en ce Tien l'on les cndgne ?) iSo Ils ont fait sur le teint d'une jeune Phylis HMmUf^ia u.d

Pâlir une moisson de Lys ,

Craignant d'être par eux pour un Rossignol prise.

Mais quoy? s'ils enlevoyent un Butin si charmant.

Ce seroit , que je pense , avec dtccrnement, i8j Et non point par telle méprise.

La Rkine est toujours dans Axius , Où cette excellente Princesse Est presque en Prières sans cesse Pour les progrés du Rot dedans les Pays-Bas.

A propos , vous sçaurez , sans que je goguenardk , Qu'on s empara d'AiosT, ayant pris Oddenàxde ^^m Et que cette Alost-là , très- civile aux François , danaoB, Les receut de plein pié chez elle , n*i**

Sans vouloir avec eux avoir nule querelle. *" oaaùn

Us l'en devroit aimer plus qu'un' autre cent fois.

Je vous ay cy-devant parlé d'un Maître Mt^ne, Qui vouloir CoULioDitE aux Ennemis livrer. Hé bien 1 ce Galand-là , d'une façon idoine , A receu le garot & s'est senti serrer,

De fort bel air, à la Luette

Par strangulation étréte.

Achevant de Gazetiser, Car c'est assez aouvelliser, 11 faut que pour la an , je die , Qu'au çrand Collège de Clermont, Où , mieux que sur le Double-Mont, On trouve l'Encyclopédie ,

On a distribué , Jeudy dernier, les Prix

Dont nôtre Giuxn PoRTE-CotFROKKi , Une fois tous les ans , guerdonne

Les jeunes Cicérons, qui sont les mieux apris.

Cela fut précédé d'un Poëme Tragique ,

Contenant d'ANDRotfic le Martyre autentique , Sous I'Empérbur Diocletien;

Et les Etudians , revêtus à merveille*. Vous le récitèrent si bien

Que de tous les Latins ils charmèrent l'oreille. Ce noble Divertissement Etoit , avéque bien-séance , Mêlé fort agréablement D'un beau Bmxt de I'Innocknci,

n.i,z.dbvCo(>glc

»44- — I^ *3' Aoust 1667 (Robinet).

Où, par des Ennemis félons.

Dont se trouvoient les faux Soupçons, La Belle étoit persécutée ; Et puis , malgré la rage , envers elle irritée , De ces injurieux Frelons , Elle se voyoit couronnée. D'ailleurs , la Décoration Etoit, certe, fort magnifique; Bonne pareillement se trouva la Musique, Et tout, bref, y donnoit de l'admiration. Mais c'est aux Jesuîtes à faire , Et c'est aux autres à se taire.

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