‹ Les continuateurs de LoretChapitre 181 sur 217 · AVIS POUR RIRE · texte numérisé non relu

AVIS POUR RIRE

Comme la Ville de Paris

ij; Est le Centre des beaux Esprits Et le Rendez-vous ordinaire Où , comme en leur plus noble

LSphére , Viennent toutes sortes d'Agens , Possedans secrets & talens ,

140 Qui font qu'après eux l'on s'écrie Ainsi qu'aprea quelque Messie , Une Dame , dit-on , de Blois , Y fait grand bruit , depuis un mois , Par une Drogue merveilleuse

Hf Et tout A fait miraculeuse.

Les Visages disgraciez Et les plus maléficiez , Ouy, les plus laids , les plus énor- En reçoivent de belles formes, [mes,

ijo Et des Visages de Démon

i}\ ne faut point dire : c'est-mon] Deviennent des Visages d'Ange , Oignes d'amour & de louange.

Enlevant la première Peau ,

)j5 Elle change un Teint de pruneau [O la belle Métamorphose !] En vray Teint de Lys & de Rose , Et . reformant yeux, bouche & nez.

Tant ses éfets sont peu bornez ,

s6o A la honte de la Nature , Leur donne une juste mesure , Ou feu , de la vivacité Et tout ce qui fait leur beauté ;

Si que cette Réformatrice

ié5 Passe quasi pour Créatrice.

On dit que des bourrus Objets , Qui font leur gloire d'être laids , Voyans plusieurs de leurs pareilles Bnller comme jeunes Merveilles ,

170 Par l'éfet de ce grand Secret , Avec un murmure indiscret , En étans sotement fâchées .

Les appellent les Ecorchées ; [pas Mais leurs discours n'empeschent

2ji Que d'autres , qui manquent d'ap- N'ayènt recours à cette Dame; [pas, Et , bien loin que je les en blâme , Je serois d'avis tout-de-bon Que cbaque Masque & Laideron

aSo Mist cette Drogue ft son usage , Pour avoir un autre Visage.

Les deux tiers du Monde à nos yeux En ptairoicnt dix mille fois mieux.

Courez-y donc , suivant l'Afiche ,

1B5 Et voyez si la colle on fiche.

Pauvres Laides à Èiire peur , C'est par ma-foy, d« tout mon caur Qu'à la Dame je vous envoyé , Afin que Belles l'on vous voye.

190 Mais , si c'est conte à plaisir fait Et qui ne soit d'aucun éfet , Je vous conseille, en conscience.

De prendre tout doux patience.

Mabuu , je me suis trompé Touchant le succez de ma Lettss ; La iore , encor un coup , m'« trop préoccupé , Et jel'ay. tout honteux, sous ta Presse fait mettre.

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