I)u i3. Aoust 1667 (RoBwsr
Ces Vers , soient-ils bons ou kadtais ,
Du TREIZIÈME D'AoDST SONT FAITS.
I ^rmes d» Kqr- ''c Prnilip
LETTRE EN VERS A MADAMÏ
[Pak Charii» ROBIMET.J Du 20. Aoust 1667.
Madame , à qui j'écris , par un beau Privilège Que , grâce à Vous, j'obans de l'auguste Seguier,
Hélas I qu'un autre encore n ay-je , Mais qui ne dépend pas de ce grand Caancelier ? Il le faudroit avoir des Filles du Parnasse , Et je l'apellerois . par un nom spécieux ,
Le Privilège glorieux
D'écrire & la Suprême Altesse
Dans le pur Langage des Dieux , Avec grâce , enjouement . orillant , délicatesse
Et tous les autres agrémens , Dignes de son Esprit , le plus beau de ce temps.
Mais , pour ce Privilège , en vain je le désire , En vain je le demande à ces Sçavantes Sœurs,
En vain sur leur Mont je soupire , Afin d'en obtenir ce comble de faveurs; Je m'en suis avisé trop tard , ce disent-Elles , Et je ne parés pas assez jeune à leurs yeux
Pour désormais écrire mieux.
Croyons-en les nobles Pucelles ,
Et vous , grand Chef-d'ceuvre des Cieuz , Héroine par&ite & toute des plus belles . Au lieu du Sacrifice , agréez, par bonté ,
Comme les Dieux , la Volonté.
Brillante Altesse , à propos d'âge , CAZtMnt sur le sien , m'a-t'on dit , s'excusa ,
Lors qu'on luy proposa
Un second Manage ; II iun»t souhaité d'avoir dix-huit ans moins ,
CklQi^lc
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30 Afin de s'aquiter plus galamment des soins
Qu'à jeune Epouse l'on doit rendre.
Ainsi , rEntremeltcur, aux yeux de maints Témoins ,
Eut beau diseitemcnt s'étendre Sur les rares Appas d'une paire d'Objets 33 Dont il laissoît régler le chois k ses souhaits ,
Il n'eut pour ces Beautez nulement le cœur tendre.
Ces Beautez-là pounant Sont de bonne Maison , de Mérite éclatant : Des ScBDHs de l'EMPEttEUR l'une m£me est l'atnée , 4» Et l'autre l'est aussi des Prwcbsses d'iKsraucK , d-AnwSïSÎM*!»!
Et de bien des Vertus ornée. rà»™j*pflwu
je pouvois nmer facilement en pruck , .. .^ - —
J'étendrois leur Panégyrique ; Mais la Rime . en ce lieu me faisant trop la nique , 45 Je vous proteste , par Saint Luc ,
Que nulement je ne m'en pique.
Revenons au Roy Polonois :
Il va dépescher au plus vite , Auprez du grand Duc Moscovirs , 5^ Que l'on dit Stre un franc sournois.
Un Ambassadeur de mérite , Lequel sera chargé , pour ce Duc , de Présens Dont A moy de pareils sembleroîent fort plaisans Et , sans mentir, fort acceptables.
3} Un beau Char attelle de six rogues Chevaux ,
Qui pourront le traîner & par monts & par vaux , En est un qui n'est pas des moins consiaerables ; L'autre est un grand Bassin d'argent.
Accompagné de son Aiguière , te Qui , ce m'a dit certain Agent,
Certe au premier ne cède guiére , Car il est de vingt mille écus.
Pour le moins & non pour le plus :
Itbm , une Montre sonnante 65 Est de ce beau Régale encor ,
Montre tout-à-fait éclatante Et couverte de plaques d'or, . Où brille flussy la nerrerie Dont l'Inde Orientale est si riche & fleurie , 70 Si bien donc que le Duc y pourra plaisamment
Compter les heures de sa vie Et mesme en voir marquer jusqu'au dernier moment D'une Aiguille de Diamant.
Mais cette Montre-icy rapelle en ma mémoire. 73 L'assez plaisante Histoire
D'un Ministre de Charenton.
Allant foire , un matin , le PrSche . ce dit-on ,
n.i,z.dbvGoOi^lc
975 ni. — Du 20. Aouit 1667 (Roantn). 976
Il trooTa trois quidam qui disputoyent sur l'Heare Et qui , l'appercevans , disojrent i « Voicy Monsieur 80 > Qui pourra décider qui gagne la Gageure. >
Alors, tous i la fois , & d un ton de Brailkur: < Monsieur, » s'écrient-ils à l'honnête Ministre , « I>ai|[nez~DOUS dire , s'il vous plaist , • L'Heure que maintenant il est. > B> Lut, ne prévoyant nen en cela de sinistre ,
■ Tay, * leur replique-t-il , • la Mesure sur moy. >
Ce disant , une Montre il tire Et la leur laisse voir tout & la bonne-foy; Mais l'un des Compagnoas . se metant i sourire : 90 a Devineriez-vous bien , ■ ce luy demande-t'il ,
« Quelle heure marque cette Aiguille î > — « Faut-il , pour vous répondre , être sî fort subtil ? » Repart le Ministre à ce Drille , « n est sept-heures demy-quart. ■ 9j « Ouy, mais, > réplique l'autre, « ajoutez que c'est l'heure
» Quil faut que vôtre montre à tous trois nous demeure.* Et, là-dessus , tous trois luy dirent: * Dieu vous gardl » Vous jugez bien qu'iceus étoient gens d'industrie , Et , pour l'homme dupé , vous jugex bien de plus i«o Combien , après sa perte & telle raillerie ,
Il demeura confus.
Au reste , iju'il est de ces Drôles Habiles à jouer ainsi de jolis rôles 1
Le bon Jour de l'AssoiipnoK ,
Il s'en trouva dans Nâtre-Dame
Qui s'avisèrent , par mon ame ,
D'une diantre d'invention Pour dessus les goussets fain une irruption. Tandis qu'on y chantoit l'Office en haute game, Quelques-uns d'eux , étans & la Voûte montez , Jetèrent dans la Nef & parmy l'assemblée Trois ou quatre plâtras qu'Us avoient apportez , Et l'Assemblée en fut en un tel point troublée , Ces marauts-là crians que la voûte alloit chtMf,
Que tout chacun son poste quite .
Avec des cris de désespoir.
Et , pesle-mesie , essaye k gagner la guérite. Or, dedans ce désordre , où fun est décoSfié .
Ob l'autre a les cAtes froissées , Où celur-^ du moins a quatre dents cassées ,
Et tel autre est même étoufé ,
Où celuy-cy pert sa perruque , ^
Qui laisse à nud sa laide nuque ,
Cet autre enfin son beau rabat , Et telle Dame aussi son mouchoir & ses perles ;
Pendant , di-je , ce beau sabat , Le reste des Filous , qui sont tous de fins Merles . , Nettoyeat les goussets , se chargent de butin
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