‹ Les continuateurs de LoretChapitre 184 sur 217 · L'INVISIBLE VISIBLE · texte numérisé non relu

L'INVISIBLE VISIBLE

Un cruel & maudit Quidam , Ayant conclud , tnai^ à son dam , D exécuter un Homicide ,

i)o Le détestable Parridde ,

Pour consommer ce beau Dessein , Couvé dans le fond de son sein Depuis desjoursou quinze, ou seize.

Sans scrupule & sans Syndéréze ,

i)j Etoit perché sur le CoMKzirr Il le feroit plus sûrement.

Pour éviter la Catastrophe Des Actions de cette étophe , Et d'être A la Grève grevé ,

140 Ensuite , d'un triste Salve.

Comme il ruminoit de la sorte , Le Diable chez luy se transporte .

Et ce tres-damné Conseiller, Qui de nous voir là-bas griller

14} Fait sa plus belle & grande Feste, Luy met fortement dans la teste D'aller consulter deux Pasteurs , Que l'on croyoit être Enchanteurs , Et demeurans , prés cette Ville ,

ijo Dans leur diampestre Domicile.

11 se rend donc chea-eux soudain Et . leur déclarant son dessein .

Leur demande s'il est possible Qu'il puisse se rendre Invisible ?

15) « MONSIBOR. n'en doutez NULEMEirT.II

Lut RipoNDKirr n.s psestekent ;

< On, NOUS AVONS DES Caractékes

> Poux TOUTES sortes DE MySTÉRES , » Et nous COHTENTEtlONS VOS VŒUX. »

16a Alors ils se parlent entr'eux Et puis vers un Etang le mènent , Autour duquel ils le promeinent . Et vous l'apostrophent aprez , Dedans ces termes , à peu prez :

165 « POUE vous RENDRE KOTKE ART PRO- [PICE,

> Il OONVtBNT FAIRE UN SaCRIVICB

> (Car ifsgr-iji l'uni de nos loix]

» De CE QUI, SUR vous, PORTE Croix,

> Sorr Argent, Chapelet, ot) Livre, 170 > Qu'aux EspRm Nons n. faut qu'on

[livre.

> Iten. Monsieur Plitton pxetbnd

» Qu'on vous PLONQE DANS CET EtANO

» Trois fois, nud comme on vient au

[Monde ,

■ Et, pour n'avoir plus rien d'im-

[monde ,

17; » Que vous soyez, sur vAtxe chair ,

> Etrillé iusqu'aC sang tout olair , » Depuis les pirz jusqu'à la Tests. »

Mais , hélas I A tout il s'apreste , Dans l'espoir lourdaut & grossier

aSo D'être aussi-tfit Maître Sorcier Et de pouvoir alors tout faire , En vertu de son Caractère.

Le voila donc trois fois baigné , Puis , comme un mal-morigîné ,

aS; Fessé de sanglante manière , Avec les tours de Gibedere , Lesquels , en pareils cas , sont faits Afin d'atraper les Niais.

Apres , il vient prendre son Arme

190 Et , seur de la vertu du Charme , Court , le Pistolet à la main , Pour exécuter son Dessein.

Mais, helas I le mal-heureux Hère, Visible comme est la Lumière

19J A tout œil sain & bien ouvert .

Se trouve ma-fby, pris sans vert.

Etant près de tuer son Homme , Pour vous dire la chose en somme.

Il est vu de plusieurs Témoins ;

300 On vous lur serre les deux pdngs , In carcbre l'on vous le traine ; Et la Potence , ou bien la Chaîne .

Attend , par un digne succez ,

L'invisible visible, enfin de sonProcez.

191 Cour.

n.i,z.dbvG00l^lc

983 ^S. — Du 30. Aotut 1667 (Robiket). 984

)o5 Hérojme . en tout accomplie , |

Adieu, c'en est assez, car ma Feuille Lon que je fis ces teb-quels Vers,

{est remplie, i Nous avions d'Août les deux tiers.

APfit, Ou^Ck-ClumU, Ik^. àUi., ntitUH»ekttU,AaxArmni»Ri^. AattPrMUiS, M.

[Pa* CHAiti* ROBINET.] Du 38. Aoust 1667.

Quand je preiu la Plume pour vous , MAbàMB , en vérité , je brûle de bien &ire . Car quel sort peut être plus doux Que d'avoir l'honneur de Vous plaire , A Vous de qui l'Ame & le Corps Sont les plus beaux Recueils des précieux Trésors

Et du Ciel & de la Nature i Mais , hélas ! «ujourd'huy toute ma noble ardeur S'£tcint dans une froide & sombre Sépulture . Où la Mort d'un Amy vient d'entraîner mon Cour.

Rien comme un Amy n'est exquis ; C'est presque le Pbcenix , dont l'on n'a que l'Image , Et, le perdant, l'on pert un Trésor d'un tel prix Qu'on ne sçauroit jamais réparer ce dommage.

Pardon nez-doQc A mon ennuy.

Si je vous parfis sombre en ma Lettre aujourd'huy.

Belle & débonnaire Héroïne, Et daignez, en faveur d'un Intime au Cercueil , Souffnr que je vous offre une Epitre chagrine , Où ma CIÎOD & moy nous paressions en dueil.

Le dix-huit , devant Lilb on ouvrit la Tranchée , Dont elle pesta tout-de-bon , Et par le bruit de son Canoa Parut sensiblement touchée ; Mais elle eut pourtant beau pester Et par son Canon tempester , Il n en fut ny plus ny moins , cette , Et mfime , l'on poussa le Travail assez loin , m p<

,C~.oti<^lc

985 346. — Du 38. Aoust 1667 (Robinet). 9S6

Tant de Nous lei Dieux prennent soin , jo Sans aucune notable perte ,

Car dessus le Terrain il ne demeura pas Seulement quatre ou cinq Soldats.

On dit que te canon , quand il fit son Prélude , Aux seules Plumes en voulut , 3j Et que l'heureux Coinv no Lura

Pour un grand Bouquet quite en fut , Avéque deux ou trois Compagnons de Fortune

A qui la grâce fut commune , Et qui ,]e pense , à Mars en firent compliment. 40 C'étoit , ma foy, l'êdiaper belle ,

- Et je aof qu'une faveur telle Valoii bien un F

Pour moy, j'aimerois bien semblables gentillesi De ce canon de nos Liiou , Et je voudrois que leur Explois

Se pussent tenniner i de telles Prouesses ; Mais il n'en va pas ainsi, non , Car, dans ses progrez , ce Canon

Vous fracassa la cuisse à certain Volontaire , Et deux Cadets trés-valeureux , Y montrans ce qu'Us sçavoient faire ,

En eurent, ce dit-on, pour une Jambe entr'eux.

Un Boulet , plus funeste au Sieur de Banbivillb ,

Le prit au dessous du menton , De façon peu galante & beaucoup incivile : Il le priva de teste en un din^'oeîl, dit-on.

D'autres Boulets, aussi mal sages ,

Emportèrent à deux beaux Pages (N'étoit'Ce pas dommue ?) ou la jambe ou le l»as

Je puis dire , selon l'Adage ,

En ce triste & funeste cas ,

Que les voila tous bors de Page.

La Garnison , le lendemain .

Ayant vu de quel air le Régiment des Gardes . Pn Où l'on voit peu d'Ames couardes , Gagnoit A grands pas le Terrain , S'avisa de sortir soudain , Avec de la Cavalerie Et même de l'Infanterie ; Mais ce petit éfbrt fut vain , E^ nos Gardes , avec fiirie , Ayans en teste de PaAnn.

Comme Lieutenant-Colonel ,

ns,i,z.dbvGo(>glc'

9B7 M^- — I)u ^- Aoust 1667 (RoBtMcr].

En firent une ndilerie , 75 Vous les poussant si vertement

Qu'ils reêagnérent prestement,' Crainte des coups , leur Palissade Maudissans courageusement Leur trop improdente boutade.

Pourtant , comme , le jour suivant .

Ils virent nos Gens plus avant

Et bien prés de la Contrescarpe ,

Tous surpris & tous consternez .

Et le pauvre esprit en écharpe

De se voir de si prés bornez ,

Laissans la crainte puérile .

Ils se piquèrent derechef.

De ^re une Action virile ; Mais cela n'aboutît qu'à leur second mécbef ,

Car telle fiit la Repartie,

Dans cette nouvelle Sorde , Qu'il leur convint encor de retourner en bref.

Mais non pas , certe , en même nomtwe.

On en ût plusieurs Prisonniers, Et l'on en envoya dans le Royaume sombre , Pour y porter l'Avis de nos Explois guerrien.

Ainsi l'on se vengea , tant de la mort d'un Garde , Tué dans cette occaûon D'un franc coup de canon , et non de balebarde , Que , principalement, de la contusion Dont un cher Chevalier [car, là , nul ne s'excepte) A la teste avoit fait trés-mcheuse recepte , Mais en se signalant en ce-Lieu plus que six . Ainsi que le vouloit son Nom de ou I^xssis , Nom des plus dignes de mémoire , Et que le Duc son Pita a rendu plein de gknre.

Mais , à propos de Chevalier.

De Fodrbin , faisant aussi montre De son noble courage en la même rencontre , Eut part au Douaire coûtumier Et sentit d'une Mousquetade , Au col, la fAcheuse Incartade.

Pour épiloguer le Discours De nôtre beau Siège de Lile ,

Nous le devons lever, pour entrer dans la Wle . Avant qu'Août ait 6iit son cours , Quoy qu'on ait-là , sans en rabatre ,

De quatre Nations les Guerriers A combatre ,

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