‹ Les continuateurs de LoretChapitre 51 sur 217 · XIII- SEMAINE · texte numérisé non relu

XIII- SEMAINE

Du Jeudy dix-neufiéme Aoust 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Par quel bout commencerons-nous Ce que nous avons à nous dire ?

Je suis dans un transport si dous De vous voir comme je désire Que , dans le feu secret dont je me sens brûler Et dont il faudra que j'expire , Je sçay bien comme l'on soupire , Mais non pas comme il faut parler.

Cher PiuNCE , sujet de mes peines , Vous arrivez donc à Vincennes ; Je puis vous y faire ma Cour :

Je vous y vois : ha 1 l'heureux jour I

.yGoQi^lc

i6o. — Du 19. Aoust 1666 (Subucnt).

Mais , remettons , de grâce , Il quelqu'autre entreveue Ces transports innocens que me donne l'Amour ;

J'apperçois La Mothe HomuNcooK,

Qu'il &ut icy que je salue.

Outre cent rares qualitez ,

Dont cette Maxeschâle abonde ,

Qui vers elle obligent le Monde

Aux plus grandes dvilitez , De nos feux , Monsbicheur , l^RoT l'a &it Maistresse ,

Et je sçay ce que je luy dois

D'avoir approuvé ma tendresse

Pour le Fils du plus grand des Roys.

O Dieu 1 lorsque je la contemple ,

Que de majestueux appas I Si la Majesté peut s!acquerir par l'exemple,

PuNCB , vous n'en manquerez pas.

Tout le monde dit , dans la ville , Que vous arrivez à propos

Pour voir épouser Bkoius â la jeune Baville ;

C'est un Comte du bois dont on fait les Héros ,

Et cette Belle aussi , dit-on , porte la mine De devenir une Héroïne.

Lb Premier Presidekt aura bien du plaisir A les unir tous deux ensemble , Dites-moy ce qu'il vous en semble :

Eut-on jamais pu mieux choisir ?

Il est vray que ta Damoiselle , Tenant beaucoup des Lamoignons ,

Encore bien qu'elle ait l'esprit des plus mignons ,

N'a qu'innocence pure et que douceur en elle , Et que quelqu'un me répondra Que c'est joindre la douceur même A la fierté la plus extrême , Que dans Broille elle trouvera.

Il ne me dira pas de fort grandes Nouvelles ; On sçait bien que De Broille est fier

Et qu'il est né de gens dont c'estoit le mestier ;

Mais cette fierté-la ne va point jusqu'aux Belles. Soyons de nopces , MoNSEioKEna ;

Le Roy , de son cosié , leur fera cet honneur. Si j'en crois le public oracle ;

Et , pour moy, j'aurois bien la curiosité De voir unir, par un miracle ,

Une HDUEtTR kartullb avec la PiEii.

Dites-moy s'il est véritable Que Monsibor l'Abb£ tE Camus ,

i85 160. — Du 19. Aoiut t666 (Sdbugnt). 18

Ce poly, cet inimitable , te Dont LoDis aymoit tant les aymables Vertui ,

Renonce à Cour, à Monde , à Gloire Pour s'enfermer dans I'Oratoirb?

L'autre jour, quand on me le dit.

J'en eus l'espnt tout interdit, t)5 Et je ne le croy pas encore.

Pourcjuoy quitteroit-il une Cour qui l'adore î La raison de cela , MoKSKioNxm , la voicy : La liberté pour luy jusqu-icy fat un titre , Et vous verrez <]u'il mit ainsi 70 De crainte d'avoir une Mitre.

Avecque vous , sans doute , est icy de retour Nostre Cbevaukr db Losuons , Qu'enfin la bien-seance Humaine Avoit forcé d'aller en Cour.

n Que dit-il , & qu'ont dit nos Bxllss .

D'i^prendre tout ce qu'il a fait En quinze jours qu'il fut loin d'elles ? Il est un Cavalier parfait 1 L'histoire du Brûlot ea rend bon témoignage. lo Cependant . mon Prince , je gage

Qu'avec quelque valeur qu'il ait pu , sur les fiots , Sauver un Aiueil de sa perte certaine , Il ne s'est peu sauver luy-méme qu'avec peine - De quelques yeux de Cour, pires que des Brûlots.

1} On m'en écrit encore un eiploit de remarque.

Le Canon avoit fait un grand trou dans sa barque ; De peur qu'elle ne fist de l'eau , Il le boucna de son chapeau , Et , voyant un I^ote en une peur extrême <M (Je rouKÏray peut-estre en vous disant cela) ,

Il mit dans ce chapeau , pour le mieux tenir là , Les fesses du Matelot mesme.

Je promis la dernière fois De vous dire en détail le choc des deux armées ; a Je le répète encore .- on y fit moins d'explois

Que l'on n'y fit voir de fumées.

L'Amral SB Zeunde . mort Après avoir long-temps résisté sous l'effort Que fit sur luy la Flottk Ahbloise , '<o Fut cause que , ma^é le feu

Que faisoit de son bord I'Escadsk Zeukdoisb , RorrEK la vit ployer un peu.

^^ Akl aa ttj. J'en t)cn« li ni«on. j Q)ii fait bien roir qu'il est pltirt,[tre[nbliii

^ A (^'a nrit tmS par tnhîun. -PuUqu'il l'ett mcuni cnoor qund un autn a

H I pitt. [que I Le Ctaon avoit liil ion trou dedana aa barqua

^Hi'4 Onm'acritdaLAHAyaaneehdaadanari. j B9 /f uaa crainte dtrfmc.

)87 160. — Du 19. Aoust 1666 (Sdbuohy). 188

Les EvERTzsNs sont ^ns estrai^ra De vouloir tous mourir ainsi pour les Ebtats 10; Parmy la chaleur des Combats I

Quoy qu'un si beau dessein mérite des louanges ,

Ce dernier eut pu se passer D'obliger par amour à ne luj pas survivre

Trois cens qui l'avoîent voulu suivre , 1 10 Et cent autres encor i se faire blesser ,

Qu'on ne peut envoyer que se faire penser. L'Anolois , fier d'un succès qui luy vient de la faute

De cet EvKRTzSK trop tost mort ,

Juge que sous le mesme effon tij II faut ^ue le General saute.

Pour cela , trois Vaisseaux environnent Rdttbk Et font aller sur luy ce Brulôt effroyable , Que par un coup hardy, que l'on prendra pour &ble. Le fits du grand Harcodr sceut si tîen arrester ; uo Mais ce Brdlot, destrutt , rappelle la victoire ,

Qui sembloit se jetter du pany des Anglois ; Le Souverain , pressé des canons Holiakdois . Sauve le mieux qu'il peut le reste de sa gloire .

Et , perdant son Voile & son Mât , 11; Par le mesme Ruiter est mis hors de combat.

Ensuite un brouillard tout semblable A celuy qui de Juin termina les explob , Croyant à l'un des deux estre encor favorable , Les cacha l'un i l'autre une seconde fois, ijo Le Givévjki. de ta Hollande ,

De son Lieutenant Tromp ignorant le destin ,

Se retira vers le Wbun,

Et les Anolois auprès «I'Ostende , Où tous deux , à l'abry de ta fureur des Eaux , i3> Firent raccommoder le bris de leurs Vaisseaux.

Je dis , la dernière semaine ,

Quelque Nouvelle assez certaine

Du succès de tout ce Combat ,

Et je croy qu'on peut faire estât 140 Que l'ANOLETERaE & la Hollakdb

N'ont jamais fait sur Mer une perte moins grande. Quelqu'un dit que I'Akglois fut maistre de la Mer

Dans cette dernière bataille ,

Et le soutient , vaille que vaille ; 143 Mais on nous le deust confirmer :

Comme , durant cette deffititte ,

Un vent fiftcbeux se soulevant

For^ RtiTTKR à la retraite .

Autant en emporte le vent.

104^ touiiiiut mourir. i IJ4-1}; << Ou l'un et l'iutra , prii peur pria,

ni j4 linon faire pcnwr, 1 Fit ncooni|niMler Mn <M>n*. [conflrmcr

tt4<< croit que doMu*. I4ï-:46W Mai* M brait qui l'etpand , w drat-il 1 19 A Celu]' dont j'ay parlé. Comme, pour luj donner un ai grand avantag*..

' 14S jf Tint toujour» RuiTU au jitrft-

189 i6o. — Du 19. Aoust 1666 [SnBUGKYJ.

■ ;o Troh? est , Dieu-mercy, plein de vie .

Et, le Bixiesme, après midy.

On te vit revenir avecque bonne envie D'en foire encore autant qu'il en fit le Jeudy.

Quoy qu'il n'eust que trente-trois voiles 13; Contre quarante quatre Amglois,

Il leur donna bien sur les dois , A la barbe de leurs Ëstoilles , Et , poursuivant toujours son jeu , Mit à fond le Pavillon blbd.

160 Le reste , craignant mesme pùne ,

Se sauva vite dans Hakwis, Où cet Adhixal fut d'avis Qu'on le laissât reprendre haleine.

Trohp estant brave comme il est , ,6j le craignis peu pour luy de le voir à leur queue ;

Car je fugeay d abort que d'une Escums blsds Il De pourroit sortir que du feu violet.

Si l'on en veut croire une Lettre, Qu'en mes mains l'on vient de remettre , tja Et qu'escrit un marchand Akolois

En dane du douze du mois , Les destins des siens sont bien pires , Et Trohp , dans ce dernier comoat , Mit à fond neuf de leurs Navires , ,-j^ Sans ceux qu'il y mit hors d'estat.

Si c'est ainsi qu on veut , à Londrb , Que les Anglois enfin soient Maistres de la Mer. A cela , MoNSEiGKSDR , je n'ay rien à répondre , Et c'est plurost à moy de vous le confirmer. ,00 C'est une raison que je goûte.

Qu'où le fonds appartient le droit n'est point douteux , Et , celuy de la Mer ayant esté pour eux , Ils en sont les Maistres sans doute.

Pour moy, je n'en croy pas les lettres du Anolois. iSf Comme , en la Bataille dernière ,

Ils se crûrent vainqueurs dans leur propre misère , h se trompent peut-estre une seconde fois.

Trohp a pu leur tuer des hommes {Quand Je diray cela , je me le croy permis ,

190 Car c'est un tueur d'Ennemis ,

Des plus grands du siècle où nous sommes) ; Mats que si furieusement Il ait donné le fond à plus d'une Frégate . Qu'il ait en plus de trois porté l'embrasement, ■93 Comme à n'en croire rien , Prince , rien ne se gaste.

Je le croiray pieusement.

On voit la Flotte de Hollande Dans le Port de Wn^iNo couvrir encor les Eaux i}6 A II kor douH dcuu» lo <toù. | f}6À BC Miiftre.

n.i,z.dbvG00l^lc

t6o. — Du 19. Aoust. 1666 (Sdbligkt).

De quatrc-TÎnts onze Vaisseaux ;

Et , pour la rendre bien plus grande , Un vieux grand Amiru. , appelle le Mntont , Et dix autres encor , dans peu , s'y feront voir.

S'il est bien vray que , le vingtième ,

Elle doit reprendre la Mer,

C'est aujourd'huy le dix-neuSéme , Et je pourra^ bien tost d'elle vous informer.

Le jeune Marquis RiBODAnsB , Sans se mettre en soucy de ce qu'on foit ailleurs , Songe à bien caresser un Ange Qu'on croit un morceau des meilleurs.

C'est une belle & grande Fille Dont L'EsciLOPi&tt est te Nom , Et qu'exprès pour luy, ce dit-on , On tira du Convent pour la mettre en fomille.

Quand il aura fait ce qu'il faut Et ce que veut qu'on fasse un lien d'Hymenée, Je veux dire , mon Prince , assuré sa lignée , Il est homme à courir vaillammant à l'assaut.

Malgré moy, Monsbignedk , on a quitté Cakdib. Depuis peu le Soleil luy-méme se mesla ,

Par une ardante perfidie , De faire aux Venhiens laisser ce Siège là.

C'est le mesme sujet de plainte Que Sainct Marc eut toujours dans un dessein pareil ,

Car, sans les rayons du Soleil , La splendeur du Csoissiitr seroit bien tost éteinte.

Avez-vous entendu , hon Prince , Que le Duc Màzakih languisse , sous l'effort

De quelque fièvre , en sa Province ?

Oa m'a dît , tout franc , qu'il est mort.

Hélas 1 que ce seroit dommage I

Rarement des Seigneurs ont eu , Plus que luy d'habitude avecque la vertu > Et c'étoit . m'a-t'on dit . deux amis de meune fige.

On ^t icy, Lundy, mourir subitement Le Conseiller de Mj^llebrakchb Dessus les Fleurs de Lys de nôtre Parlement > Dont on le crût toujours une fameuse branche , Et l'on assassina le jeune de Massiac

Par une cruelle avanture.

Il estoit le plus beau qu'eust formé la Nature

CklQi^lc

i6o. — Du 19. Aouit 1666 (SmuaHT).

Et Fîls du Makqois d'Esptnchac ,

Dont les regrets vont satisfaire Ceux qui veulent ut mort de ce Mal-beureux Père. Mais ne finissons point des discours pleins d'apas

Par des morts , doQt on ne rit pas.

Il vous est revenu certain Marquis de Fiahdrb . Où depuis quelque temps i) s'en estoit allé , Qui fut , en arrivant , bien étonné d'apprendre Qu'on avoit dit partout qu'il estoit exilé. S'il avoit pu , mon Pkihck , il en aurait fait pendre Et par là seulement il sera consolé.

L'on m'a dit les rares Entrées Que cet Akgbli fit dans toutes les contrées

Où , sur sa route , 11 s'est trouvé ; De l'amour qu'il y prit même nous pourrons rire ;

Mais je me contente de dire , Ju6<}u'à ce qu'un Jeud^ soit encor arrivé , Qu'il y fut toujours pris , quoy qu'on veuille en

Pour quelque chose d'achevé.

(A La MoM de Cour ifi66 (TOf. tome 1, col. 909) pp. 97-104. 'b Li Muk DnphiDc t667 — ^, iio-iiB.

C UMMeDMp)uui668 — pp;it>M8.)

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[ Pit LA ORAVETTG m MaYDLAS. ]

Du 23. Aoust 1666.

Stot pliu tarder. Grande Piuncbsle m'en vais tenir nu promesse [ss, Et décrire fidèlement te boueux événement } De «es deaz Flotes martiales , De ces deiu Cohortes Navales ,

Et de ces deux fiers Ennemis , Qu'on verra quelque-jour amis.

MaÏ9 non , je n'en vais rien écrire; loJ'oze, pour un peu, m'en dédire, Puisqu on dit qu'ils sont prSts , sur P'etu ,

i6i. ^ Du 2:t. AouM 1666 (Mayolu).

De donner un combat nouveau.

Atendons doncques de le mettre Au bas de la présente Lettre , ij Falzant d'une pierre deux coups , Et parlons d'un sujet plus doux , Car la mort , le sang , le carnage N'embellissent point un Ouvrage.

Hier, en aiivant d'Arcueil ,

aoJe sceus que le Duc de Verneuit Lieutenant pour nôtre grand Prince En Languedociene Province, Pour ses vertus fort estimé Et pour SCS qualitez aîmé,

j; Prézenta , de fort bonne-^race , Au Roy, qui tout autre surpasse , Les Députez de ces États Ds Languedoc ou Pays-Bas.

Un Prélat , de haute imporunce

jo Pour son mérite & sa Naissance ,

[Oumrd Qu'on nomme le Prélat d'ALBY,

ii^iou D'esprit brillant comme un ruby,

da Lad»] Et dont l'ame est trés-vertueuze ,

Fit la harangue merveilleuze ,

jjEn luy prézeotant le Cahier, Dont on n'a voulu rien rayer.

De PouGNAC, illustre Comte [Je me trompe , c'est un Vicomte] , Remply de courage & de foy,

40 L'acompagnoit auprès du Roy, Que l'on aime &. que l'on honore , Avec maints Députez encore.

Dés qu'il eut fait son compliment , Receu du Roy civilement ,

45 Ils allèrent trouver la Reins , Belle Sl puissante Souveraine , Qui dans son bel Apartement Les acueillit obligeamment , Ce Prélat faizant la harangue

joEn nôtre florissante Langue; En suite , ils prirent le chemin Devers Monseigneur le Daufin , ' Dont cette Troupe renommée , Avec sa grftce acoûtumée , ■ 55 Fut receue en son Cabinet , Fort joly, fort riche , fort net , Si bien que cette Con^a^ie En sortit contente & ravie.

Jq vais vous conter en un mot 6aComme Monsieur l'Abé Va;.ot,

Fils d'un trés-soge & docte Père , Qu'à juste titre on considère , Le Premier Médecin du Rot, Qui fait dignement son Employ ;

6) Cet Abé , dis-je , trés-babile , En science & vertus fertile , Pour ses beaux talens & divers , Doit être Evêque de Nevers ; Nôtre Monarque in/comparable ,

70 Conoissant son prix admirable , En a fait le choix justement.

Que chacun loue hautement.

A voir ce grand Train & bagage , Tant de Gardes & d'équipage ,

75 De charettes & chariots , De valizes & de balots , Carosses & chaizes roulantes Et mille Personnes brillantes , Je puis vous assurer enfin

8« Que le Roy, la Reine & Dadfin De revenir ont pris la peine De Fontainebleau dans Vinceîne.

Ils couchèrent A Petît-bour Dans la Maïzon &. beau séjour

B$ Du Grand Aumônier de Therezs , Dont il témoigne être bien aizc.

Tout Paris généralement , Qui les chérît fort tendrement , Sent des plaizirs Inexplicables

90 De leurs aproches agréables , Sur tous les opulans Marchans De nôtre Foire Saint Laurans , Qui du depuis , avec franchise , Détûtent mieux leur Marchandize.

9j Un Autheur illustre & fameux.

De qui l'esprit est merveilleux .

Plein de sçavoir & d'éloquance , Dont nous avons la conoissance Par la doae variété ,

looAgrémcnt, force  nétetè De ses Livres scientifiques , Hiilozophiques , historiques , Monsieur Sorel , sans le nommer.

Qu'on doit justement estimer,

:a3 A mis , depuis peu , en lumière Un Ouvrage' dont la matière Et le litre contient en soy La PaiapimcK de soif Roy

197 ^^1 — ^^ **• Aouat 1666 (Mayolab).

Tant de la Terre que de l'Onde , Les prérogatiTes & droits, Pir Armes , par Acords & Loiz , Sur pltizieura Terres importantes , Dedans l'Europe conùstantes.

RMnn TnlUi malm Drdti at FrarofiUTH dMRolid*FruM)B(td*l*iu FraMtDMmrla *ati*a noteda 11 Pw—jm ila rBmpanoi nu In urtm Rois, atqDll » doll irali rar ]■

fm»*, ito. 1 Oïdi im Iltmolm hialorlqiM*

Pm-U SodéUJaLOrmra, IMS. In-».]

lijAu lUais ce Livre est vendu , Et tous ceux qui l'ont déjà lu En louent , avec avantage , Le dessein , l'ordre & le langage.

Je suis content & non mSiy

mQu'au grand Jour de ia MrrODXY, "Jw A DiiPE Feste solennelle , ruKap.La jeunesse spirituelle °?^'* Dicte & produit de beaux écrits , AHn de r emporter un Prix

135 Qu'on donne , d'un aveu âdelle , A la Poëzie plus beUe.

Le Sieur Barbara le gagna , Justement on le luj donna , Et la beauté de son Ouvrage

ijoSur ks autres eut l'avantage.

Le Phœnix de son Chant Royal Alors ne trouva point ^'égal , Dont i] aplique les louanges A l'auguste Reyne des An^es ,

i)S Que l'on a placé , du depuis , Dans cette Cité , sur le Puys.

11 a fait voir que nôtre ViÛe En bons Poètes est fertile , Car, étant natif de Paris ,

■iaII devoit bien avoir le Prix.

Une illustre Troupe Françoise , Dedans la Forest Bolonoize , Ou Bois de Boulogne autrement (Qu'on le préne indiféremment] ,

M) Fit un Rende maniaque A mainte Personne Angélique.

Par bonheur, en passant par-là , Je m'arétay pour voir cela.

Des Bûtes douces , des trompâtes ,

ijaTouchant de gaves chansonnetes , Luts, Violes , "Tuorbes , voix Cbannoient l'oreille dans ce bois , Vaste , tna , ablitaire & sombre ,

,011 régnoit le silence & l'ombre.

i;j Pendant les extrêmes chaleurs , On j goCttoit mille douceurs , Et la nuit êtoit Unt aimable Que le jour le plus agréable N'égale point, dans saclairté,

\6o Sa fraîcheur & tranquilité ; Aussi , dés qu'on le vit renaître , Ce monde vint à disparaître.

Ma Muze avoit beau reculer.

Je me voy contraint d'étaler

165 Que de ce mois c'ôtoit Je quatre Que l'on commença de se batre.

L'Amiral Général KnnrEa , Qui sçait des mieux l'air de la Mer, Etant sorty de la Tamize ,

170 En trois escadres l'Host cÛvizc ; Les Frizons & tes Zélandois Les premiers virent les Anglois , Et , par infortune assez grande , Le preux Amiral de Zélande ■

175 Avec coarage, avec éclat.

Mourut glorieux au combat.

Les boulets & les canonades , Faizans d'étranges incartades , Percèrent le vaisseau fomeux

180 Du susdit RcrrEK , valeureux ; Comme il aperceût ce dommage , De crainte de faire naufrage , En combatant très vaillamment Il se redroit doucement ,

iB5Mais un brûlot, ô toutes voiles.

Le vent enflant ses grandes toiles , Venoit à luy diligemment Pour cauzer son embrazement ; Lors le Chevalier de Lorunb ,

19a Agissant en grand Capitaine, Pnnce aussi brave que civil , Qui ne craint ny feu ny péril , Par une valeur singulière , A luy toutefois coûtumiére , -

19$ S'avance vers ledit brulôt , Qu'il mit en feu tout aussi tdt , Auparavant qu'il ne pût faire Le dégât extraordinaire Auquel l'Ennemy s'atendoit ,

100 Et que, sans luy, fait il auroit , S'êtant mis dans une chaloupe , Suivy d'une vaillante Troupe.

Le nreux Chevalier de Coxuk Etoit dans ce même chemin ;

Cooi^lc

loj De Cavois , de Bnsc* , D&mpiekke, Volontakes en cette guerre , Furent aussi dans ce Party , Qui se trouva bien assorty.

Quoy que le vent, dans cette afaire,

110 Lieur fiit entièrement contraire, On ne sçait si les Holandois L'ont emporté sur les Anglois , Car chacun dedans ce rencontre , Sans assurer ny pour nr contre ,

11^ De part & d'autre , sur les eaux . On perdit deux ou trois vaisseaux ; Mais, tout de nouveau, l'on s'aprSte Poiu* quelque célèbre Conquête.

Le treize Juillet , sur le tard , 3 30 MuuB DE Rocrb-Chodaio) , De Pompadour digne Marquize , Qui , par ses vertus , s'est acquize Un renom aussi grand que beau , Est décédée en son Château , 31) Dont la Province Limozine En est fon triste & fort chagrine.

Les Consuls Limozins aussy, Marquans leur zélé & leur soucy.

Ont Fait faire un pompeux Service , ïjoEt leur Evêque y fit 1 Ofice.

ptoTiMid Le Révérend Père Vidaut CiiwM En ce jour y fit, comme il faut, jj^JI^ Pour elle , l'Oraîzon Funèbre , Devant une Troupe célèbre.

ijj VoiziN, le Prévost des Marchands, Est continué pour trois ans Par l'ordre de nôtre Monarque , Ce qui bien clairement nous marque Que pour le Peuple &pour le Rot

340 11 fait dignement son Employ ; Et Monsieur SANTEOn. , homme ha- Trés-digne Conseiller de Ville, [bile.

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