‹ Les continuateurs de LoretChapitre 52 sur 217 · Du 22. Aoust 1666 (Matolu · texte numérisé non relu

Du 22. Aoust 1666 (Matolu

Pareillement Monsieur Lusson , Du Châtelet Conseiller bon , HS Furent choîns avec justice , Ainsi que par un sort propice , Pour fitre Ëcbevins de Paris , Ce qui nous confirme leur prix.

Il est bien juste que je mette 350 Que Monsieur l'Abbé de Roqoktfk , Le futur Evêque d'Anxim , Plein d'un mérite non commun , Fit Dimanche un Panégiryque, A' Devant la Reine Britanique , 1J5 Au sujet de l'Assomption , Qui cauza l'admiration De cette Reine tré»-zélée Et de toute cette Assemblée.

Les Révérends PéreS Feuillans , 360 Illustres , vertueux, sçavans.

Qui ne manquent point, chaque an- De bien célébrer la journée , [née , Du matin jusques sur le tard.

De leur cher Patron Saint Bernard , 365 S'en sont acquitez d'importance.

Par le soin ou par l'ordonnance Du Prieur, du Provincial , Et sur-tout de leur Général ; Aussi Monsieur l'Abé de Pilb , 170 A qui rien ne fut dificile.

Loua de trés-belIe façon Les merveilles de ce Patron.

PRmcESSB , voila ma Missive Qui chez vous daps une heure arive.

f I'at PArrcBs Vers, selon mon oc Le viNT-&-im DU mois d' Aoust.

À Para. ChejCi.Chauaa. lMp.&Lib.,na Arma iu Ray , ruâ dt U Haetutu . Ava Friç.US.M.

(Blbliotb. de I'AtmiuI. B. L. 11800. — Bibliotb. de M. lebwoa JunndeRotluchilil. — Ce dernier cumpUîre porte la date du 33 loQt , mail l'adresac du libraire n't pu été chiQgfe.J

.yGoQl^lc

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pak Chakli* robinet.] Du 23. Aoust 1666.

La Migraine qui , l'autre fois , C'est à dire l'autre Semaine , Crût tout court arrêter ma Veine ,

Reconut de quel Bois , ma foy, je me chaufois. Elle Teîd bien , l'Acariâtre , Que Charle étoit opiniAtre, Tout autant qu'elle pour le moins , Et , quoi qu'»le eût pris pour Seconde Une rlévre assez furibonde ,

A Madame pourtant je rendis tous mes soins.

Depuis , sans qu'il m'en ait coûté

Une coûte du Sang de France

(Que j'estime plus que Finance] , J'ay mis Fièvre & Migraine enfin sur le côté.

L'une & l'autre , étant fort camuse ,

Laisse présentement la Muze

Exercer en paix son Emplov ,

Et c'est la première Nouvelle

Que je vous débite ; elle est belle , Et , si ce n'est pour vous . elle est belle pour Moy.

MaItke Gomin, quoi qu'on en die, N'est pas mort : il est plein de vie. Ce LuBOMntsKi Polokois , Qui vous &it si bien le Sournois ,

»5 Le Cbien-couchant , la Ciiate-mite .

Ed loi vnùment le ressuscite.

Peste ! comme il sçait attraper Et finement tes Gens duper I Eq conscience , je l'admire.

jo Vous avez sceu comme ft son Sire Il témoîgnoit ttre soumis , Et . d'un esprit bumble , remis Et tout contrit de répentance , S'abandonner A sa Clémence ,

j5 Sans aucnn Si, ni Car, ni Miis, Voulant obéir désormais ; Mais le Dissimulé , le Fourbe , Qui plus qu'un Arc a l'Ame courbe.

Las I reculoît pour mieux sauter, 40 Et l'on Went de me raconter

Qu'il a si bien pris ses mesures ,

Qu'il a rabatu les Coutures

A maints Soldats de I'Ost du Rot.

Vous m'entendez prou, que je croy; 45 Sinon , par diction plus daire ,

Je dis qu'A grands coups de Rajnére

Il a Mt passer A Trépas

De rOsT de son Roy maints Soldats ;

Et j'ajoute , selon l'Histoire , vi Qu il fit cette Action si noire

Ou si rouge (c'est mieux parler.

Pour le sang qu'on y veio couler)

Au de-Ià d'un Pont, que le Traître .

Mus méchant qu'un vieux Singe ou 3j Fit abatre sur leurs Talons [Reitre ,

Pour les égorger en Moutons.

i63. — Du 22. Aoust 1666 (Robinst).

Néantmoins , plein de vaine gloire , Il appella cela Victoire , Et les CoNFÉDÉBEz pcrvcrs,

6) Assez décriez dans mes Vers, Eurent le &-ont & l'impudance D'envoyer (quelle outrecuidance !) Des D^in^z devers leur Roy Pour lui faire encore la Loy ,

éi En lui proposant mainte chose Digne oe Censure & de Glose.

Mail aussi ces beaux Députez Furent , avec un pied de nez , Et (car il faut que Je le dise)

70 Plus penauts que Peteurs d'Eglise , Renvoyez avecque mépris ; Cazihir , de colère épris , Comme il avoit raison de l'être , Leur ayant fait défense , en Maître ,

75 De se remontrer à ses Yeux ,

Flamboyans de courroux contr'eux, Qu'avec un certain Forhduurs De Paix, qui seul pouvoit lui plaire, Et qu'on leur mit A lors en main

SoDe la part de ce Souverain.

Cependant , pour tirer vengeance De cette trop rebelle Engeance , Tout de plus belle , il la poursuit , Et LuBOMiRSKi, m'a t'on dit,

85 Qui craint l'abord de son AimiE , A son Devoir bien animée , S'est bloti , quoi que Rodomont , En Paçnote , demére un Mont, Ne désuant pas en découdre ;

90 Mais il y peut tomber un Foudre.

Sur le Point des derniers Exflois Des HouNoois & des Angloib , Ce qu'on sçait avec certitude Est qu'après un Cboc assez rude , 95 Où i on perdit des Vaisseaux neuf , Tant de bois vieux que bâtant neuf, A sçavoir sept , en cas qu'on n'erre , Pour le compte de I'Anoleierre , Et deux pour celui des Ectats ,

100 De HoLAKDz les Potentats, Les AncHpOIS , de façon civile , Ayans lors exhalé leur tnle Dedans ces belliqueux Efforts , Les conduisirent vers leurs Ports

105 Par réciproque courtoisie ; Car vous n'avez oublié mie Qu'avant ce' Choc itératif.

Où pas un ne fit le Rétif.

Les HoLANMts, avec leur Suite,

110 Dés long-temps leur rendoyent viri- Jusques dans le Fleuve Londrois, [te Et c est selon les bonnes Loix Sçavoir le Monde & bien l'entendre.

Que, lors qu'on a receu, de rendre.

1 15 Mais n'oublions pas pour la fin Que le Chevalier Coasun, Qui n'étoit pas dans le Mémoire Eut pourtant grand'part à Is gloire Des chers Boote-feox du BRnu>T

110 Que poussoit le Vent & le Flot Contre l'AïQBAL de Holande , Comme en ma demîére Légende Je le marqué fidellement Et, sans doute, équitablement,

115 Car l'on doit bien un Trait de Plume A ces Héros en grand Volume Qui , s'exposans k tels hazars , Biffent la gloire des Cêzars.

Ce qui couroit du Marquis Ville

ijo N'est nulement un bruit de Ville, Non , ce n'est point un &ux caquet , Car il a levé le Piquet De* devant la Neuve Candie.

Mais, quoi que le Grand Turc en die.

ijj Ce preux & ce sage Seigneur Ne l'a levé qu'avec honneur ; Et , comme on dît . une Retraite , Avec prudence A propos faite , N'est pas un moins noble Laurier

140 Dessus le fi-ont d'un grand Guerrier Que le Gain de quelque Bataille , Que le Débris d'une Muraille Et la Prise d'une Cité , Non , non , en bonne vérité.

14; Il manquoit , primo , de Fourage , Qui donne aux Chevaux du courage; Secundo , sous ses Etendards Il voyott trop peu de Soudards Pour ce Siéçe de conséquence ;

150 Tertio (voia l'importance) , Les égrillards de Musuuuns .

Malgré les CiaftnENS peu dormans, Avoyent jette dedans la Ville , D'une manière fort habile .

IJ5 Quatre mille de ces Humains Qu'on appelle chez eux Janios (Je vouloia dire Janniaaairea] , iM tiiHinppiii.

klQi^lc

io5

i6i. — Du 32. Aou$t 1666 iRoBrKET).

Qui ne sont pas de chetifs Hères.

Après cela juges , Leaeur, 160 St le Marquis manque de cœur.

Non plus que de bonne cerveUe , Pour avoir levé t'Escabelle , Fondé , comme il est , en Raison ; Pour moy, je réponds bien que non.

léj L'IupÉKATBtcB , peu contante.

Est encore Fébrintante , Et la Fièvre qui la retient Fortement aussi serre & tient Le Doc d'Aj.BiTQCERQCE en Personne.

170 Bref, cette Fièvre , trop félonne , Comme on vient de me le conter.

Fait par plaisir fèbriciter La pîuspart de son Domestique.

Voyez quel Destin lunatique

IJ5 Fait agir cette Fièvre ainsi , Pour faire mourir de souci L'Ehperedr & I'Ihpératrice , Sans falrt à I'Ahour sacrifice.

Ah ! cène Fièvre & le Destin

•loOnt un caprice bien malin I

Quant ft la Reyke Poktooaise , Elle est vraiment beaucoup plus aise.

Malgré de certains Vents mutins , Qui vouloyent iaire les Lutins ,

185 Comme Partisans de l'EspiaNB , Dessus la flotante Campagne , Le petit Dieu qui ^t aimer, Etant tout Puissant sur la Mbr , D'où sa Mers , en Amours féconde ,

19a Pour tout féconder vinst au Monde, Des âots émeus calma les bonds .

Fit par tout voir les Alcions , Et, comme dessus une Glace , La conduisit de bonne grâce

If) Et par un agréable sort ,

Saine & sauve , & Lisbone . au Port.

Dieu sçaîl comme elle y fut receue De qui l'avoit trop attendue j L'Amour, l'Hymen & les Plaisirs ,

MO De I'Epous comblans les Désirs, Sçavent ce qu'en secret ce Sire Et lui pût &ire & lui pût dire :

Vous le devinez; je croy, bien.

Sans donc vous en dire ici rien ,

MjJevais par un autre Cbapitie

WJ EllOM.

Poursuivre la présente Epttre.

Ah t je tombe sur un Billet Qui ne contient rien de follet , Mais , certe , une triste matière

iioA faire humecter la Paupière Et tirer des soupirs du cœur.

Par une équitable douleur.

Le Feo , pire encor que là Gresle , L'autre Jour, s'étant pris à Nesle,

iijDans une Grange, sans nul bruit, A deux heures après minuit , Eparpilla si bien ses Sâmes Que, glaçant d'efroy maintes Ames, Il fit des Cendres & Tisons

11» De quarante & tant de Maisons , • D'où diacun , durant la Nuit bise , Sortit tout an nud , en Chemise , Bien-heureux, pour tout résidu.

De sauver son Individu.

las Or de Grands & Pffnrs la Bource Est l'unique & seule Ressource De tant de pauvres Mal-heureux.

Ayez . s'il vous plaît , pitié d'eux :

De très-bon cœur, en ma Légende,

ajoJe les prône &. les recommande.

Les DÉPOTEZ du Lanooedoc

(Où l'on sçait bien le Jed du Hoc)

Eurent n'aguëres audiance

Du Grand Monarque de la France.

i^j D'Alby le brave Episcopus , [Onpwd

Disert comme un Balsac , & plus , d^ob

Fit pour Eux, en Françoise Langue, *" ^"^l

Une sage & belle Harangue ,

A laquelle , ce m'a-t'on dit , 140 Tres-accortement répondit

Ce tres-charmant & rare Sire ,

Que par tout le Monde on admire.

Le même Jour, ces Députez

Furent aussi bien écoutez 14; De nôtre ravissante Reyne ,

Beaucoup plus divine qu'humaine ,

Et de son merveilleux Dauphin ,

Déjà Politique fort fin.

Pareillement . du beau Phhjppes , 150 Plus brillant que mille Tulippes ,

Et de son illustre MomÊ .

Si digne de son amitié ,

Us ont eu paisible audiance

Et fort grand accueil, d'asseurance :

i62. — Du 23. Aoust t666 (Robimbt).

sj; Mais vous le croirez aisément Si je vous dis tant seulement Que le Duc de VEtutEtitL , ce Prikcb Lequel gouverne leur Province , Etoit par tout leur Conducteiir ,

ate Et vous conessez le SsieNEtiR.

La CouK, des Cours la plus galante La plus polie & plus brillante , "*'"'> Ayant déserté son Désert, Si délicieux & si vert , aéi Pour être de Nous plus prochaine , Séjourne à présent à Vincskme.

Du Mois des Moissonneurs le pro-

[pre jour vingt-un

Ceci fut fait par Moy, qui bais fort

[le Petun.

Je veux vous sémondre à la Noce, 170 A l'Hôtel , & non chez Mandoce ;

Vous n'y mangerez que du Ris , *"

Mais il n'est point de Mets au Prix.

On vous y donne pour Entrée

Une Pièce qui fort récrée , a7jSçavair l'Invisible Jalous ,

Où l'on rit ainsi que des Fous.

Par Magie I& daignez m'en croire .

Mille fois plus blanche que noire) ,

On void là de drôles de cas ; 3S0 Mais plutôt ne m'en croyez pas ,

Non , non, allez-y voir vous-mesme :

Vous aurez un plaisir extrême.

Comme au Feu tout chacun y court

Pour admirer le sieur Brécourt , iSj Autheur de tout ce beau Comique ,

Qui fait faire au Chagrin la nique.

A Ptril , Cit*{ F. MugMtl , rai Je la Harpt , «u Irait Rùii. Avtc Primtigi du Rty.

LA MUSE DE LA COUR

[Pa» PERDOU bi SUBUGNY.]

Page 1