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XXII. SEMAINE

Ou vingt-uniestne Octobre 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Quand vous partistea de Vincbhnbs

Pour retourner à Saint Gerhain ,

Mon cœur vous suivit en chemin.

Ne l'y vites'VOus pas qui traversoit les plaines 5 Et qui passoit mesme avec vous

Le Bac que l'on passe à Ckatous ?

Peut-estre , parmy le grand nombre

Qui TOUS suit ormnairement ,

Ne l'avez-vous pu voir assez distinctement ,

i« Car , quand vous allez loin , il est mesme un peu sombre.

Quoy qu'il en soit , Û vous suivit :

Hus d'une personne le vit.

Il est avecque vous encore ,

Et , si vous ne IV trouvez pas 13 Dana quelque coin de vos appas

Ou dans vostre Esprit qu'il adore ,

Allez visiter un moment

Vostre Maxeschalle fidelle ;

Elle l'aura certainement :

10 Lors qu'il n'est point chez vous , c'est qu'il est avec elle.

Que faites-vous à Saint Gerhain?

V ous Y voit-on aussi les armes à la main ?

Sans doute , car ce sont des charmes Pour vous tres-puissans que les Armas.

15 Mais qu'y disent les curieux ?

Y prise-t'on du Roy la tendresse Royale

Ou soin qu'elle a des mal-heureux ,

Comm£ on fait dans sa Capitale ?

Je voudrois , Pamcs , sur ma foy, 30 Que pour un jour ou deux vous fussiez invisible ,

Afin d'aller ainsi , s'il vous estoît possible , Dans les lieux differens où l'on parle du Rov ; Vous auriez le plaisir qu'au moins , sans complaisance .

B C ptrttatitmfUmtnt XXI. Scimlne. | ij ^ [1 c*t mcnnc cha vou« esMN.

klQi^lc

397 *M- — '^ »• Octobre 1666 (SvnjoirT.) 398

Od diroit soa avis mesme en vostre preieacc. j} Dés qu'on sceut par quelle boaté

Et de quelle tenore manière Il avoit fait agir sa libéralité Pour les pEsnmaz qui sont sur la Fiontibke , Vous croyez assez que Paxis 40 Mit ce bon Roy sur le tapis.

Selon qu'on s'y trouva sensible , Chacun en dît son sentiment , ' Et c'est ce qu'estant invisible Vous auriez appris plaisamment.

45 Hé ! que vous ririez , mon beau PaniCB ,

D'entendre ainsi louer le plus grand de nos Rois Ou par un Artisan, ou pu- un bon Bourgeois. Ou par un Noble de Province I L'un dit ; < quand h. kitoit pittt,

fO > Cs BON NATQRSL FUT PRBBtT ; »

L'autre : < o. bst, piaBLiii, grand Monabqub ; »

L'autre dît : € in voila la harqdb ; >

Un autre boit A sa santé ,

Un autre jure une Mordienne ti Qu'il a , jusqu'à la mort, une épée au costé

Pour le servir, quoy qu'il avienne ; Et . tout présentement . une fille des champs

Me demande , quand je le nomme ,

S'il est fait comme d'autres gens , te Ou «'il est un Géant, puisqu'il est si grand Homme.

Vous me direz que ces propos

Sont ridicules aux oreilles ;

Mais qu'heureux est un grand Héros . Quand il donne matière 1 des choses pareilles [

^ De quelque forme que chez soy,

Pour ignorant qu'il soit , un peuple le figure . U en a toujours hit assez bien la peinture

Quand il dit qu'il est un bon Roy.

Madame de Vivonne , ft U fin arrivée , 7e Cher Dauphin , n'enragera pas ,

Et Monsieur son Mary, depuis qu'elle est lavée , Peut , sans estre mordu , visiter ses appas. C'eust esté vrayment grand dommage Que cette Dame eût eu U rage , 7) Car, comme on l'aime tendrement ,

Il est seur qu'en cette occurrence Elle eut, dans le mesme moment , Fait enrager toute U France.

Dites-luy, ù vous la voyez , Qu'elle vous conte la NouveUis

craK

Bell*.

)9 A V«H ne dontei pu qne Pam*. I 66 A Qyindil craK

40 jf N« l'ak bien mit. | 74 Qjie ccHe Belle.

6} Â Mm Uo) tal)aun ■■) Hero*. |

$99 i84- — ^ 3.1. Octolve 1666 (Sobliokt.]

Des Makchahds iNDtsm noyez.

C'est au Vli qu'arriva cette affaire cruelle. Et , comme elle revient fraischement de dos Ports, Qui dans ceux du Vli mesme ont leurs correspondances , 8j Elle aura pu sçavoir toutes ses circonstances

Par les gens mesme de dehors.

De mon costé , pour vous en dire

Tout ce que j'en sçais & la fois ,

Voicy ce qu'on vient de m'écrire, qo Du septième jour de ce mois.

Le Vu fut attaqué d'une tempeste horrible 'Et la Mer de long-temps n'y parut si terrible ; Le choc endommagea quantité de Vaisseaux , Sans parler de celuy de I'Indb Orientalb 9; Qui , comme il abordoit , se mit en cent morceaux.

Dans cette bourasque btale , De tous les passagers , Marchands ou Matelots ,

Qui dans ce Vaisseau se trouvèrent ,

La pluspart périt sous les flots , 100 Et vingt & deux scub se sauvèrent.

Encore fallut-il qu'ils eussent le secours D'une Fkmme Indienne , à mon gré Femme forte ,

Qui nagea de si bonne sorte Que , seule , d'onze ou douze elle sauva les jours, loj Ce ne seroit jamais Madahe de Vivohhb

Qui feroit un coup si nouveau , Car. qui crie au voleur quand on la met dans l'eau.

Est bien loîii d'en sauver personne.

A Propos d'eau , Dauphin , quand je songe à cela .

Celles de Bodxbok sont plaisantes.

Quelles pestes d'eaux sont-ce là Qui ramènent icy nos Bbautez languissantes ?

Mademoiselle d'Hoqdincouk

En est revenue à la Cour

Mourir de PErrrs Verolle ,

Et cela veut dire y laisser

Un regret tel qu'on peut penser

Et que rien du tout ne console.

Madame dk Ckequy souffre dans ses appas , Depuis Qu'elle en a beu, pareille maladie.

Hormis qu'elle n'en mourra pas ,

Ou la Mort seroit bien hardie.

Ce mal tient encor sans pitié

Le beau Chevalier de Loraine , Qui se verra réduit la semaine prochaine A ne prendre plus que le quart ou moitié

Des ccEurs qu'il gagaoît à centaine.

Cene peste , en un mot , se craint pour les Beautés ,

i84- — Du 31. Octobre 1666 {Sonjoirr.

Beauté femelle ou Beauté mâle , Qu'on a veu boire des satitez De cette eau claire & minérale.

Le Médecin qui se mesla D'ordonner ce breuvage-là (Je vay l'Injurier, mais le sujet m'y pousse] Fut bien un Médecin d'eau douce.

Le Duc de NonutousnER est mort.

N'attendez pas que je vous die Le genre de sa maladie ; On m'a dit seulement qu'il a Bny son sort: 140 Qu'on perd un Seigneur d'importance ,

Remply de zèle pour la France , Et de qui la rare valeur A servy mille fois son Prince avec chaleur.

Peut-estre cela vous attriste ?

1^ Mais voicy, tout à l'improviste ,

Une Nouvelle du retour Du CoiTTK DE SoissoNS en Cour.

II chassera cette tristesse .

Ramenant avec luy sa charmante Comtesse. t jo Vous la verrez bien-tost avec tous ses attraits ,

Si déjà prés de vous elle ne s'est rendue , Et pour moj. qui l'ay déjà veue , J'ay trouve qu'elle estoit plus belle que jamais.

Il se fit grand bruit , à Valbncb , ij) Le sixième du mois courant;

De ça , de là , le Peuple errant Y cria tout le jour avecque violence.

Chacun , dés le matin , courut à son quartier Ftour y prendre ^ste les armes ; 160 Les Ponts-le^s par les Portiers

Furent mesme haussez , ainsi qu'en temps d'alannes. L'Evbsquk y quitta son Palais Pour foire le tour de la Ville Et pour mettre l'ordre & la Paix ■«s Dans la confusion civile.

Apres , le Clkrgâ s'assembla

Et fit un corps considérable .

Qui par les Regoliers enfin se redoubla ,

Et qui fit dans la suite un effet admirable.

: 70 Lors , le Peuple , avec zrand éclat ,

Courut , enseignes déployées , '

A la rencontre du Prsut ,

i^j-l j4 Cet imt vtn umt MtrpasJi âmn A. 1 . ^ ehiMcra cette triitoa*

■ 36 A êC NAiHOumii. Ancquci I17 mient Masami U CMnUM.

>47-'19 /^ De MoMStiui li Comti à U Conr, |

4o3 184. — Dd 31. Octobre 1666 (Stnuoinr.)

Avec armes A feu qui furent employéet.

On n'enteodit plus que les coua 17$ Que tonn<Ht la Mousqueterie ;

On n'eatendit plut que crierie.

Que gens demandans grâce numblement A gsnous , Que tambours , fi&es &, bntiires Et que chose* encor plus rares.

180 Quoy ? je vous voy tout estonné.

Vous croyez peut-estre , mon Pkwck , Avoir déjà perdu tout voatre DAOPHnri Et que vos Ennemis sont dans cène IVovinc* ? Mais soyez-en désabusé.

iS; Toute cette grande tempeste

N'est qu'un portrait d'un jour de feits Que Valenck a solemnisé .

Qu'use Procession faite en cérémonie De la Translation du Corps de Sukt Romain , 100 Dont le dernier Leoat fit ofî^re en son dmnin

Aux FiLLSS de Saints Marie , Et j'ay crû que , patiemment , Vous vous verriez conter cette Magnificence, Parce qu'on a toujours quelque contentement 1» A sçavoir ce que fait I'Evbsqde dk Vaixmcx. ^

Venons aux Estats Hollamdois , Qui chez eux jouent A coupe-teste.

Ils firent decoler Boat l'onze du mois. Mais d'une façon fort honneate.

MO On le tira de fa prison ,

SuivT de toute sa Maison ; En deuil , de fin drap de Hcdlande , On avoit tendu l'écha&ut.

Depuis le bas jusques en haut , aoj Pour rendre la pompe plus grande ,

Et puis on le pQt voir A pîé , Au milieu des troupes en haye.

Avancer gravement & sans estre lié Jusqu'A la place de la Hayi.

i[o Boat ne fut que mal-heureux

Et Victime de Politique.

Au reste , Pbince , entre nous-deux , N'admirerez-vous pas l'honneur dont on te pique Et les traitemens obUgeans 115 Qu'on fait dans ce païs en decolant les gens î

Cela me remet en mémoire Ce que j'ouis dire , à Lyon , A certain plaisant &t remply de vaine gloire. Qui , v^ant pendre un homme avec procession , 110 raur ces honneurs estoit si tendre

MoWupriMM. I 111^ Polir iwir bit le PolttHM.

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