‹ Les continuateurs de LoretChapitre 81 sur 217 · I>ii ai> Octobre 1666 (Subuont · texte numérisé non relu

I>ii ai> Octobre 1666 (Subuont

Que , cbarmé d'avoir Teu cela .

Il me disoit qu'il trouvoit là Du plaisir à se faire pendre.

Venub a de l'afSicdon

De ce que les Toacs de Dulons Prirent , le mois passé , ix Coma sa Sabwk , L'un de ses GENsaAnx de ^ep^tatio^.

Il alloît commander l'Armée en Dujuns , Avec son fils unique & l'un de ses Neveux ,

Y Êdsant conduire avec eux La solde des Soldats & force argenterie. Un grand coup de tempeste, écartant son vaisseau , Le jenant sur la coste , ayda fort à sa prise , Et ces Damnez pendaids coupent , d'un coup si beau ,

L'un des meilleurs bras de Venise.

Finirons-nous icy nos entretiens divers î Non . je sçais encore une chose Que je dîr»is par tout en prose Si je ne la disois en vers.

140 L'autre jour, dans les Carmeutbs

Que l'on appelle do Bodloy .

f^esens , dit-on , u Rettis & lb Fasas on Roy , PouoNAC prit l'habit qui sied mieux aux hermites Qu'à des filles de qualité a4} Qui , comme elle , ont de la beauté.

Je l'aurois pu voir sans colère Se donner à ce Monastère Si MoKSizuB de Comminoe alors n'eut point prescbé ; ^STS^cSSi Mais qui n'en serait point fascné ?

ajo On souhaitoit , dit-oo , qu'elle restât au monde ,

Et l'on choisit tout justement.

Pour la porter plus fort à son déucbement , Une grande Eloquence , une vertu profonde , Un homme sçavant de tout point , >55 Qui change comme 11 veut les épines en roses

Et qui me feroit croire , en un mot , toutes choses , Hors me persuader que je ne l'ayme point.

DB SUBLIGNY

jt Paru, Cht^ ÂUamtirt iawte, «a ««te A ia rw Dm^^Um, dnwrt U FoKtunf. Av*e frnO^

l]4 /4 Mti* CM pnidardi uni dont* ent prit d'un j 149 A Mil), pour n'tn pu mentir, c'cit « qui

[coup fi brau [m'i buU.

Trente mille bomne* i Vm». J La lignaturt dt Ftatar il Fa^rtiu 4» litnin m

têtmiotmt^timA.— BC piaci»! iti U daH.

{A Li MuM de Cwir 1666 (raf. kmtm I. cet. 909), pp. i7)-i8o. B La MoM Dnnpfaine 1667 — iQl-aoï.

C U Moee [luphiM t6£S — lyt^Oi.)

...Caio^^Ic

LETTRE EN VERS A MADAME

[PAi Chaklii robinet )

Du 34. Octobre 1666.

Exerçant pour Vous mon Génie ,

Héroïne aux yeux si brilUns , Que ne puis-je enfanter des Vers aussi coulans Que les Fredons du Luth de la belle Uranie ,

Qui TOUS encbantoit l'autre soir

Dedans vôtre pompeux Manoir?

Que ses beaux doigts sont volubiles I O Dieux , qu'ils pincent hardiment Les Ner6 mélodieux de ce rare Instrument I Elle y feroit leçon aux Maîtres plus habiles. Les Cordes parlent sous ses mains Et font des effets plus qu'humains.

Ce sont vos Orades , Princesse .

Qu'avecque soin j'ay recueillis , Et j'ay pour Caution de ce qu'ici je dis Le digne Epous aus« de rostre illustre Altesse .

Lequel fixé constamment fut

Sur Uranie & sur son Luth.

C'estoit bien assez pour sa gloire

D'avoir deux tels Approbateurs , Que l'on preféreroit à cent Admirateurs , Mais vingt Beautez encor étoient de l'Auditoire ,

Et des Seigneurs en quantité ,

Tous enchantez , en vérité.

Moy, vray friand de Symphonie , J'eusse voulu , pour l'ouïr mieux , N'être qu'Oreille alors comme Argus fut tout yeux , Tant j'étois transporté de sa douce harmonie. Qui seule de vingt Instrumens Valoit les Accords plus charmans.

Jugez, donc, Auguste Héroïne, Si j'en avois assez de deux , Puisqu'en ce même temps le Poète aux blons cheveux Me husoit part des Tons de sa Muze divine ,

i85. ~ Du 24. Octobre 1666 (Romnbt).

Me disant deux de ses Sonnets, Aussi forts & galans que nets. j^^^; ^ rVoS. «r^p

■on da U utaiu du Ladlt,

Ahl que ne sul-je Camarade ii«irt«rB.prit

Et d' Apollon & des Neuf Saura ?

Ouy , que n'ay-je , en un mot , leurs exquises Faveurs Ainsi que ce Galant & fameux Benserade ?

Comme Uranie & comme Luy,

Je vous ravirais aujourd'hujr.

Mais , â Princesse débonnaire , Daignez pourtant m' ouïr en mon stile ordinaire.

4} Par un bien juste Suplément , Je d<^ dire historiquement Que vous payâtes Uranik ^r une faveur infinie , En touchant de vos blanches mains

yi Le plus grand de vos Clavecins , D'une manière si sçavante.

Si noble & si passionnante , Qu'on fut en peine qui des deux , Avoit, dans son Jeu, fait le mieux.

j5 Je sortis bien à la mal'heure , Princesse , de vôtre Demeure Pour ainsi perdre le meilleur 1 Ab 1 que je*pesté de bon cœur Contre ia Fortune cruelle

60 Lors que j'appris cette Nouvelle , Vous remettant en propre Main Ma D^ÊCHE, le lendemain I

Veuillent les Diedx qu'en cette Epî- Par d, par là, quelque Chapitre [tre,

65 Vous ait diverae un moment , Tandis que si commodément Et comme une belle AccoticHÉE , En vôtre Chaise bien couchée , On vous portoit sur le chemin

70 Qui conduit droit & Saint Geruin , Où l'on arait porté de même La Belle Porte-Dluiême.

jj-)6 La dtux uuMttl dnt ptrtt HM%tl u trauvtnt Jamt U Kccucil de Piteci gilintt* en Profc & m Vcn de Midamc II Comtcue de li Suie, etc. (or U CepU: i Parig, Clu^ GabriilQiàiiul [HaIlMdê],m. BC. Luvm, tit-i»), [, t6».i€y U frtmiir perti : A Moatieur Eiprit, (ur li gBeriion de Madime de Ludre, it t'tii oteomffi Saaemu ligHdtart : U IfcnJ, qai m'a fatdri tilrt fw /( mal Seniul. al ùgni : Bin- ■IKADI. La itmièrt piict m'a pat itt rieuallit itiMi bi Œinrei de Moniieur de Bcnuende (A Parii.CMtfCharUidtStref, m. dc. icvii, i vot. ÏD-li} j la première l'jt trnvt aa eentrairt, MW U tare vmiavt: K Menilcur Etprit, Prcmiar Mededa à» Mouleur (I, 175).

On ne peut dire aux Curieux Rien qui leur puisse plaire mieux :

75 C'est leur annoncer les Grossesses De nos deux Prehiâres Princesses , Et leur faire voir qu'à l'cnvi , Dont tout François se sent ravi , Elle provignent leurs Liomêes

go Si belles & si fortunées , Et travaillent , sans nul repos , A nous construire des Héros Pour les Appuis de U Couronne , Qui d'un SI noble feu rayonne

gj Sur l'auguste Front de Loms Que nos yeux en sont éblouis.

De SoiMERZN le Ddc & Psiitis Qui , ce dit-on , n'a rien de mince , A Clkve épousa , l'autre jour ,

90 Un diçne Objet de son amour, Sçavoir la Princesse d'ÛRENOE , Aussi belle qu'un petit Ange, Du moins la Rime vous le dit.

L'ELBCTBtm de BRAitoEBooxa fit

9j Le Bantjuet de ces Epousailles , De manière i. faire gogaiUes.

Ce Festin fiit suivi du Bal , Où l'on ne s'exerça pas mal , Et , quand la minuit fut venue ,

100 Heure à bien d'autres Plaisirs due , On conduisit finalement Le Couple en son Appartement, Paré d'un Ameublement riche , Dont nôtre Rot, qui n'est pas chiche.

[ojMais m^nifique toutft Ait, Ainsi qu un Monarque parfait , Avoit régalé I'Elbctrice.

Là donc , tout se trouvant propice Aux EpouB jeunes & frians ,

: 10 Ils abandonnèrent leurs sens

Aux chers Ebats qui, lors qu'on s'aï- Causent une Douceur extrême, [me.

(85. — Du ft4- Octobre 1666 (Robinet].

L'Emperbdr , impatianunent , Attend ce fortuné moment

115 Dans le mois successeur d'OcroBKB , Et , s'il est jusques-là fort sobre , Il sçaura se récompenser, (Du moins je l'ose ainsi penser), Et son Amour la garde bonne

iioA cette charmante Personne , Qui le fait jeûner si long-temps.

Malgré tous ses déàrs pressant.

Cependant , par ^za noble zélé , Pour les Ehnolbs de la Bzu^ ,

115 Les Etats se sont cottisez , Selon qu'ils se trouvent aisez.

L'Ekmre , ayant plus de Finance , Donne une Somme d'importance , Sçafoir deux cent mille Florins 1

ijo La Hongrie [ hors-mis les chagrins Qui lujr sont restez de la Guerre] Gayemeût vingt-quatre en desserre ; La BoHBMK avecque plaisir Cent cinquante en prétend fournir,

ijS Et la SiiisiB & r Autriche , L'une & l'antre étant assez riche , En veulent débourcer deux cent , Par égale moitié s'entend ; La CJuHNTms & Moravie ,

140 Par une tres-louable envie , En donnent, en fort bon aloy, La première trente , je croy, Et Paotre jusques à soixante:

Le Ttkol en offre quarante,

I4J Sur luy la SnaiE enchérir De dix , à ce que l'on m'a dit , Et , pour achever, la Province Qui de toutes est la plus mince , Sçavoir la Province de Crain ,

ijo En tire vingt de son Ecrin.

Or, si vous entendez le sdle , Par tout vous ajouterez mille , Puis , supputant enfin le tout De l'un jusquet A l'autre bout,

ijj Voua verrez que la belle Dame Ne manquera pas, sur mon ame , D'Epingles ni de Camions , Ni , bref, de toutes les façons.

Et son Eions , sans qui je compte ,

160 Doit sçavoir si je me mfojmpte.

A La an , le sisna du Bdat, Etant pris aan* verd, conuoe un fat,

Et cotmïncu de sotes Brigues Et de criminelles Intrigues ,

lé} A , par Sentence en Holandois , Senti pour une bonne fois Abatre sa Teste infidelte , Et voila certe un beau Modèle Pour tout mal-heureux Traiutor ,

170 Car tôt ou tard tel est son Sort.

La maie PsirrE Vérole , Poursuivant son funeste Rôle , A précipité le Trépas D'une jeune Source d'Appas .

175 D'une charmante Chakocnesse ; Vous en maudirez la Tygresse , Sçachans que c'est, pour trancher [court.

MADENOrSBLLB D'HocQOiMCODirr.

Nôtre Comtesse de Vivonnb , 1 Bo Qui craignoit la Rage félonne .

Des Flots Marins est de retour.

Comme devant digne d'amour.

Et [que la Mer en soit bénite I } Pour la Peur Elle s'en void quite.

185 L'aimable ft sage PoLiGNAC , i

Désirant fuir le Trie-Trac [ne . ^

De la Pompe & Grandeur Mondù-^ Comme a rait l'illustre d'ARDXNNE , da Se consacra n'aguére a Dieu,

190 Ce m'a-t'on dit , au mesme Lieu , ■' Cachant dessous le premier Voœe i Ses yeux plus brillans qu'une Etoile.^ Avec tous ses autres Attrais , Pour n'en plus décocher les Trais,

19J Par une Flflme sainte & pure Et qui dans tous les Siècles dure , Qu'au cœur d'un Immortel Akamt, Qui n'aime pas moins constamment.

Un PaiuT, sur cette matière ™

KKiPrit agréablement carrière ; c

La Reynb , son charmant DAunH , J^ Monsieur & vous , Madame , enfin . > L'ouistes , & par conséquence ci

Il luy falloit de l'Eloquence.

105 En ce CoNVEMT, deux jours après. Vous allâtes encor exprès Pour voiler une autre Novice , ï]

Qui de cet obligeant office

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i85. — Du 14. Octobre 1666 (Rounkt].

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Resseodt sans doute, en son coeur,

Une ravissante douceur.

Et rAoMÔNiER de Vôtre Altesse ,

Poli , doae & plein de Sagesse ,

Encor qu'il soit toujours Testu ,

Y fit merveille. Je l'ay sceu

Ou TooR du susdit Monastère,

Qui me parloit comme eust pu faire

Une Personne ayant esprit.

Et d'abord cela me surprit : [radeî

< Comment donc, »di-je, «quclMî-

> Ce Too» cache-t'il un Oracle?

» Est-il d'un Génie animé ? [mé , » Quoy qu'il en soit, j'en suis char-

> Et je vQudrois toujours l'enten-

[dre. »

A ta an , on me fit comprendre Que Madame Rbmehbcodk Estott derrière ïcelujr Ton» , Et que c'estoït 1& comme aux Grilles Parloient d'IOec les chastes Filles , Sans qu'on les veîst aucunement.

Mais sus 1 achevons promptement

LaPjutQtJS, qui nos jours contrôle, - A depuis peu mis sur son Rôle Certain Controlleur Général Qu'on peut dire l'Original , 335 Ou l'Exemplaire & le Modèle , D'un Officier bon & fidèle , Car c'est , & de nom & d'effet , Monsieur le Gânéru. Pahfait.

Ledit Défunt , ce n'est pas conte , 140 Etant sur l'examen d'un Compte , En santé , dans son Cabinet , Une Voix, d'un ton clair & net > ( O la surprenante Merveille I ] Tout à coup IU7 frape l'Oreille.

145 II écoute , & la même Voa Répète son nom par trois fois, A chaque fois qu elle redouble , 11 est surpris d un jirotbnd trouble, Et , sans qu'il devine pourquoy,

130 Ce trouble se change en éfroy.

Il frissonne , il devient tout blême ; Mais, enfin, rentrant en luy-même.

Après s'être un peu r'asseuré , A son tour, d'un ton asseuré : [le , >

33J » Quelle est cette Voix qui m'appel- Ce dit-il , < & que me veut-elle? »

Puis de son Cabinet il sort , Cherche par tout , crie assex fort , Mais, las I hélas ! il peit sa peine

160 Et toute sa recherche est vaine :

Il ne void rien , nul ne répond.

Alors , dans un respect profond , U se prosterne contre Terre , Il étend ses mains , il les serre ,

a6s Puis les élevé vers les Cikdz Et dit , en y tournant les yeux :

« Aittbxur de la Machine Ronde , » J'adore u Bonté profonde.

» Lors que mon Onde trépassa

170» Une Voix sa mort annonça ; » Cette autre sonne ma Retraite, » Grand Dieu, ta volonté soit faite I » En suite , il fit en bon Chrétikm , Puis , ayant mis l'ordre à son Ken,

171 '^^^ 1^'*^ 'c jugeoit nécessaire , Il vécut à son ordinaire.

Or, environ huit jours après , Il a de Fi^RE quelque accès , Et puis elle devient si forte

iSo Qu en douze jours elle l'emporte. Heureux Sort d'estre ainsi prévu I C'est le vray Trépas d'un Elu.

Altesse Illustre , Belle & Sage , J'ay rempli ma troisième page , i8> Et je n'y puis ajouter rien ,

Si ce n'est que je suis vôtre humble Historien.

De Paris , le vingt-troisième Du Mois l'sntipénultième.

A Para , Ouf F. Mupitt , nu di U Harpt , aiuc troii Roa. Avti PrmUgr dm X*r.

LA MUSE DE LA COUR

[ Pu PEKDOU H SUBUGNY. ]

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