‹ Les continuateurs de LoretChapitre 82 sur 217 · XXIII. SEMAINE · texte numérisé non relu

XXIII. SEMAINE

Du Tiagt-buitiesme Octobre ifi66.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

J'apprens , de moment en moment ,

Qu'à Saint Gbrmain , malgré la pLujre ,

Le temps coule si doucement ,

Qu'en ce lieu pas un ne s'ennuye.

Dans cet estât , je crois assez

Que tous mes contes ramassez Ne vaudront pas les jeux où vostre temps s'employe. Accordez-teur pourtant un moment d'entretien :

S'ils n'augmentent pas vostre joye ,

Du moins ils n'y gasteront rien.

Tandis qu'à la Cour on se joue , Vous apprendrez , Daqphih sans pux , Qu'on ne comptera plus la boue

Entre les raretez que Von voit à Paris.

De tout temps , on vit cent obstacles Au dessein de les nettoyer,

Et , quelque invention qu'on ait sceu déployer.

On ne le pouvoit pas , cnsoit-on , sans imraclei. Or, je ne scay si par eiiet Monsieur Defita , que je nomme , Est quelque chose plus qu'un homme .

Mais Monsieur Defita l'a fait.

Pour en parler avec Justice , Cela dépendoit du bon chois Que devoit faire un de nos Roys Des Ministres de la Pouce , Et cela dépendoit aussi

D'avoir des Defitas qui se missent en peine D'entreprendre l'affaire ainsi ,

Et l'on n'en trouve pas quatorze à la douzaine.

n.i,z.dbvGoOi^lc

i86. — Du 38. Octobre 1666 (SobugnyI. 418

Lors que , par un choix solemnel , Le Rot le déclara LtEUTBNAKT CRiMtNEL , Il fit d'un mot" ou deux cent choses solemnelles :

Il donna la chasse aux Filous , Et . purgeant tous les lieux afîeaez aux Donzklles , U fit miséricorde à cent mille jaloux.

A la Cour vous estes en proye

A mille plaisirs differens ,

Mais TOUS en auriez de plus grands Si vous voyez les tours de ces Filles de iove. On ne se trompoit pas, autrefois, tout-a-bit

En disant que le plus habile Ne pouvoit sans miracle en purger cette Ville ;

Asseurémeat il s'en est fait.

Chacun sçaït que , sans un prodige ,

Quand une fille, par mal-heur.

S'est laissé voler une fieur Qui ne revient jamais parce qu'elle est sans tige ;

Chacun sçait , ais-je , dans la Cour, Qu'à cette fieur perdue il n'est point de retour,

Et pourtant , dans cette avanture,

L'Ombre du moindre des Sergens ,

Plus puissante que la Nature ,

La rendoit par jour à cinq cens ,

Et la plus pleine de malice

Eut osé prouver en Justice

Qu'elle n'avoit jamais perdu

Ce qu'elle avoit cent fois vendu.

On dira que c'estoit Tcntendre

Et qu'on ne perd rien à bien vendre ,

Mais trêve de subtilité :

Je croy qu'à prouver le contraire

Nv' Magistrat nv ComnssAns

N^auroient pas de facilité ,

Car tout le Chastellst sans doute

En telle affaire ne voit goûte.

Mais changeons un peu de discours.

Il nous est revenu de Rome ,

Depuis environ douze jours.

Un Dec vrayment bien galant homme , Je vous parle , Dauphin , de Monsieur de Nevkrs . En qui j ay retrouvé mille charmes divers.

Son retour rejouit la France ,

Et j'en voy toute l'apparence.

Sçavez-vous, cependant, que je tremble de peur

Que , pour peu qu en France il séjourne ,

Il ne raille enfin par mal-heur

Qu'en Italie il s'en retourne.

J'ay déjà cent fois assisté ,

i86. — Du >S. Ocuibre 1666 (SmuoifT].

A dM cfHitraftl àf Maria^ Où , depuis qu'on U sçaiC en âge , On l'engage de tout cotté :

Cela se fait sans ùty, nuis , SEiaiiEint , s'il s'échappe , Quand il pourra rgpprsnidre , à tes accompliF tQus . Il Mudra, pour en estre absous.

Qu'il s'ea aille bien viste au Pape.

Le Doc DE Mazàrim l'avoit joint & Bouxbon ,

Dont il^ sont revenus ensemble ; Mais de ce Duc cncor, mon PaiHcy , que vous semble? Vous le voyez enfin sur ses pieds , tout de bon ,

Et , malgré l'incommode envie

De nos Gazetiers à la main , Qui le fiaisoient mourir lors qu'il estait bien ^in ,

Le voilà frais et plein de vie.

J'en suis bien aise, en v^té :

Quoy qu'au chemii) e^u'on luy voit suivre Sa mort luy fust un pas & l'immortalité , Personne mieux que luy n'a nurittf de vivre.

Nous parlerons d'un Duc ctupr.

Mais d'un Duc qui vaut un trésor.

Dans l'Eglise CanoniaUe Qu'on nomme ^imr J^n bk Latkak , Le Chapttre , obligé vers la Maison Horall» , Fit un très-beau Service â vsstre «4mb^Maiun , La magnifieence y hit plaine Et telle que le demandoit Le nom de cena grande tl*y<|c , A qui ce devoir sa rendoit.

L'Ambassadeur extraordinaire Que nous avons là sur las lieux , Le Duc DE Chaume , y fut dans l'ordre glorieux Dont d'ordinaire il bit briller son Ministère. Deux ç^ns carQsses Iç sujvqîfjfif; , Et dans trois de sp^ ^q^îp^e , Dont six chevaux ctf^cun cppiposoient l'^tt^age , Quatorze Prélats se trouvoipnt.

Ils esfoi^nt syi^s de sept autres , Remplis de gçns lU qualité , ,

Tant Sâgneurs Romains qup des nâtrps , Qui s'estoient voulu repère & la solemnîté. On receut nostrp Duc au;i pofteq ^e l'Eglise

Je ifj ce qu'on bit k me* jnw :

Il n'cft preique pi> de joamét Qlt'on ne te mtric en tou* lieui , Sourdement, *aus la cheminée.

J'iy dej> m^ mumc uiiité A d«* contrMt* d« Miriife Qpc, depsU qu'on le «çalt es Ifc,

On 1 voulii qu'il lit ligné ieti

JUMuet i 1« iceompli Ift • -

Qli'il retourne bien viite mi P*rl.

toSAC H.

1 10 A denut lc« Ihu.

n.i,z.dbvG00l^lc

it6. '^ Du »&. Octobre 1666 (Sonjacr).

Avec tous les honneurs qui pour Ion sont d« mise ; i^ Carihnaçx AKTBoats & le noble Us£dii ,

Le MujucHiN , le Mancini , S'estoient rendus tout quatre à U ccremonie. Le sacrifice , en suite , y fut feit en cbautant

Par l'EvBSQDS de la Hinib ,

Quatre Evesqdbs luy ministrant.

En un mot , l'Oraison Funèbre

Y fut prononcée en Latin Par le BoxnAM , Jésuite célèbre , Qui ne &t pas de Ijonte au superbe Destin

Non plus qu'à la gloire féconde D'une Reyne autrefois la meilleure du monde.

■39 Changeons Vistement de propos

Et sur sa mort passons l'éponge , Car, seulement lors que j'y songe , J'en pers pour long-temps le repos, La Flotte de Holiakdz & celle d' Angleterre nf Ont baisé les mains & la guerre

Jusques au retour du Prin-temps , Et , sçavantes à leurs dépens Depuis la dernière tempeste , Ne songent plus s'il est bonneste '4î De tenir la Mer plus long-temps. *

Mais qu'il ne fait pas bon de se fier aux vents 1 Cette engeance . en effet , se rend fort infidelle ,

En Hyver principalement.

J'aurois bien de la peins à ne rien craindre d'elle , ■ï<> S'il me Mloit courir sur l'humide Elément.

Durant la dernière Bourasque , Il fut aisé de voir combien elle est fantasque : Le combat alloit se donner, Les Flottes estoient en présence >55 Et le vent leur estoit propice en apparence :

Tout d'un coup , on le vît tourner.

Faire écumer les Flots , séparer les Armées

Déjà par la gloire animées , Oemaster aux Anglois neuf ou iix grands Vaisseaux , '^ En abyameF au fond des Eaux

Et , par un efïon très fiineste , il Endommager beaucpup le reste.

La FLorrs de Hollanbe en souffrit bien aussi , Sans perte pourtant , Dieu-mercy, ■^ Et, la tempeste estant passée ,

L'une & l'autre fut en estât , Après s'estre un peu ramassée , De s'of&ir encor le Combat ; Du moins en firent-elles mine.

'7" Les Anqlois , fiers comme devant ,

lai A AvMque ki. '*» *^ ''"*^*-

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