Du 6. Février 1667 (Robinbt
Deux Patriarches à grand'barbes,
5oEtans montez dessus des Barbes , Sont arrivez dedans Moscou , Capitale vous sçavez d'où , Et si vous ne le sçavez taie • Je vous dis que c*est de Russie.
55 Or ces deux Vénérables là Ont été fort bien receus là.
Et de manière tres-civile , Par le Clergé d'icelle Ville , Où , ce dit-on , ils sont allez
^ Pour assoupir des Démeslez Sur le Sujet de la Créance (Et, par conséquent, d'importance), Ayans été mandez exprés , Non , je vous jure , d Ici-prés .
^5 Mais , sans aucune menterie , D*Antioche & d* Alexandrie.
La DiÉTE du POLONOIS ,
Dont je VOUS parlay Tautre-fois , Fut effectiveraent rompue
70 Dans le bruit 6i dans la Cohue, Par la Querelle d'AUemant Qu'un Nonce fit expressément , Comme je devinay la Chose , Par un guet-append & pour cause.
75 Mais je ne sçavois pas le tout, [bout. Comme aujourd'huy, de bout en
O que le Genre humain est fourbe !
LuBOMiRSQui , cette Ame courbe , Qui , disoit-on , ne brouilloit plus ,
80 A voit donné deux mille Ecus , Avec un Cheval, pour salaire A ce Nonce , son Emissaire .
A dessein qu'il fist ce beau coup , Qu'on n'estimera pas beaucoup.
8'> C'est avoir l'ame bien vénale De trahir, pour un tel Régale , Les Interests de son Pays .
Et pareils Traîtres sont haïs Tant du Ciel comme de la Terre
90 Et dignes des coups du Tonnerre.
Au reste, on doit, le premier Mars, Temps à manger des Epinars , Dequoi maint Douillet s'inquiète , Commancer une autre Diète; 95 Mais les Cosaques, cependant.
Le Tartare les secondant .
Donnent assez de Tablature ,
Et , n'aguére, en déconfiture ,
Ils mirent l'Osr des Polonois loû Sans en faire à plus de deux fois.
Car ces Maudits , avec furie ,
En batitent une Partie ,
Dans un Lieu , Sgiàno nommé ,
Qui par là sera renommé ; 105 Puis , allans dedans la Russie
Ainsi que dans la Vounie ,
Ils V défirent le surplus ,
Et le Prince Démétrius
Se veid tout prés d'estre leur Proje; » »o Mais (dont il eut beaucoup de joye)
Il évita ce mauvais pas ,
Car il ne les attendit pas.
Des Aigles le jeune & beau Sirs , Dont I'Amour partage l'Empire,
115 Divertissant, mais du bel air, L'Objet à son Cœur le plus cher.
Cette belle Infante d'EsPAGNE , A présent sa digne Compagne , Après les Feux , Chasses, Cadeaux,
«*<> La fait courir sur les Traîneaux, Et ce Plaisir Elle eut n'aguére D'une fort galante manière.
Auprès de son aimable Epous , Qui des mieux lui fait les yeux doux,
125 Elle étoit sur un magnifique , Atoumée à la Germanique , Ayant un Bouquet ample & beau De Plumes vertes au Chapeau , Tout brillant des Trésors qu'étale
«^ La superbe Inde Orientale.
Plus de soixante autres Traîneaux, Des plus galans & plus nouveaux , Qui tenoyent presqu'un quart de
[lieue, Rouloyent en bon ordre à sa Queue,
»35 Avec 1 Elite de la Cour ,
Tout-à-fait pimpante en ce Jour.
On y voyoit les deux Psuncesses ^ Que l'on appelle Archiduchesses , < Derrière les deux Majbstez ,
«40 Chacune ayant à ses Costez ,
Pour Conducteur, un Seigneur grave Que l'on appelle lUec Marckgrave , Ce qui veut dire Ici Marquis , Et tous deux d'un mérite exquis.
145 Quarante-six Dames en suite , Et chacune d'EUes conduite Aussi par un leste Galant