Du i3. Février 1667 (Robimit
A ce Recueil d'Appas qui n'est rien que cela ! Voyons vite comment nous allons nous y prendre ,
Et, si je l'ay , ce Mal'heur-là »
Allons sans hésiter de regret nous en pendre.
Le Roy Polonois Cazimir N'a pas besoin de s'endormir ; Les Cosaques & les Taktares , Ces francs Rebelles & Barbares ,
35 Luy taillent bien certainement De la Besogne honétement.
Par le Pillage & l'Incendie Exerçans leur noire fiirie , Comme un Torrent qui prend son
40 Ib désolent Villes & Bourgs, [cours, Et l'on dit que dans les Entraves Us ont mis des six cents Esclaves Qu'en Campagne, en ce temps d'Hy- Ils ont la pluspart pris sans vert, [ver,
45 On ajoute que cette Engeance , Sans bornes dedans sa licence , Faisant banqueroute à l'Honneur, S'est dévouée au Grand Seigneur , Et aue les Otomanes Troupes
50 Veulent venir tailler leurs Soupes Dans la Pologne , au premier Jour , Et jusqu'en la Royale Cour.
Ah ! Republique infortunée , Quelle est ta triste Destinée ,
55 Et de quels Astres trop hagards Reçois-tu les malins regards ?
L'Empereur Léopold Ignace , Exempt d'une telle Disgrâce, Ne pense à présent tous les jours ,
^ Entre les Jeux & les Amours , Qu[à faire ébaudir son Epouse , Qui n'a des An^ guère oue douze ; Et, se plaisant fort aux Traîneaux , Sur le Sien , certe des plus beaux ,
^5 II la conduisit , à son aise, Encor du mois dernier le seize.
L'illustre Marquis de Dourlac .
Qui , dit-on , aime le Trie-Trac , Et le beau Prince de Lorraine,
70 Qui courageusement dégaine , Avoyent sur deux autres Traîneaux Deux assez précieux Dépots , A sçavoir, les Archiduchesses , Qu'on tient deux aimables Prin-
Jortphe «rXatriche] [CESSES .
75 Maint autre Seigneur Alsmant Sur le Sien & tres-galammant , Menoit une Dame Alemande , Et la Trainée estoit fort grande.
Mais un Cheval, pour cent raisons
80 Digne des Petites Maisons, Troubla soudain la belle Feste , S'estant mis dans sa foie Teste De prendre un trop fougueux Essor.
Si bien que , malgré tout effort,
85 II emporta loin sa Voiture , Hors de Chiemin & de droiture; Et c'estoit le Second Traîneau , Tout à fait magnifique & beau, Portant TArchiduchesse Ainée ,
90 Qui plus que Jeu fut lors trainée , Avec le Marquis Conducteur , Qui moins qu'elle n'eut pas de peur.
Mais enfin pour la peur susdite Chacun de ces deux en fut quite ,
95 Et ce petit Evénement , Presqu'à la mode du Romant .
Ne fit qu'augmenter l'Alaigresse , Plus grande après quelque Détresse Ainsi , de retour au Palais ,
100 Tous ces Gens à Traîneaux, fort gais. Déconfirent un grand Régale , D'une guise bien joviale , Et puis, en dépit du Cheval , Gambadèrent des mieux au Bal.
105 L'ImpI^ratrice Douairière , Galante de belle manière , Donna , dit-on , dernièrement Aussi leJDivertissement D'une agréable Loterie,
00 En laquelle , sans tricherie, La jeune Impératrice eut l'heur , Chez le Sort estant en faveur , D'emporter certaine Cassette Qui auneseule Agathe est faite,
I «5 Les deux Princesses , à leur tour, Et chaque Dame de la Cour Ayans , selon l'intelligence Qu'elles avoyent avec la Chance , Aussi tiré divers Bijoux ,