LA MALE
Un Quu>AM beaucoup obéré , s7»S'âant vu mis in Carcérb De par la Troupe Créancière , Pour n'y loger Quimsaine entière S'avisa d'un drôle de Tour ,
Que bonnement je mets au jour,
275 Pouvant servir de TaUature
A quelqu'autre , en telle Avanture, D'autant plus que l'Evénement Est arrivé tout fraichement.
Il se fit porter une Baie ,
aSoQu plutôt une lon^e Maie , Qui contenoit pluâeurs Dosuers Et Liasses de vieux Papiers , Sous prétexte qu'en ses AiEdres Maints d'iceux étoyent nécessaires.
2^5 Mais s'étant enfermé dedans , Par l'intrigue de quelques Gens , La Maie aussi-tôt se remporte Et lui se sauve de la sorte.
Le Tour vraiment n'est pas mau-
29^ Et le Quidam n'étoit pas mais : [vais Au besoin » qui pourra , l'imite .
Et de Prison sorte au plus vîte , Car c'est un maussade Logis.
Mais ces Tours ne se font pas bis
^$ Et, de plus, lesGsouBasdeFRAM:! Sont un peu trop matcûs , je pense , Car , pour vous parier franchement.
Ce singulier Evénement Est arrivé dans la Hollande .
>oo Et de la Hatb on me le mande.
Ne pouvant tourner le Papier , Je m'en vais dater es Cahyer »
Du mois de May le Qustorxiéme , Oti la Chaleur n'est pas extrême.
• A Ftris, Cks^ F. Muguet, nu éê la Harpe , aux trois Rois Avec Frroilige du Roy.
(Biblioth. Maurine , 29e. Ai. — Biblioth. de TAnenl , B. L I i8o2 — Biblioth. de M. le baron James de Rotbachild.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charlbs ROBINET.]
Du 22. May 1667.
Henriette-Anne , & non Marie , Belle Altesse Royale , excusez , je vous prie Si dans mon autre Ecrit je mis mal v6tre Nom. Hélas I alors qu'on se propose
&49 3^* "^ ^u ^2- ^^7 ^^ (Robwbt).
5 De dbcpurir de vous , soit en Vers , soit en Prose ,
On peut en telle erreur tomber avec raison.
De tant d'Appas dignes d'hommages L'Esprit reçoit adors tes brillantes Images , Que , comme en un Dédale il se trouve surpris
Et sonee peu , dans ces Idées , De lui tout à la lois ardamment regirdées , Au vrai Nom dessous qui ce beau Tout est compris.
Aussi, croyez, belle. Princesse, Que l'on connêt bien moins les Noms de vdtre Altesse 15 Que ses divins Attrais & ses grands Attributs.
Ainsi , sans reste de scrupule , Je vais nouvelliser, après ce Préambule Et m'acquitter vers Vous de mes humbles Tributs.
Vous sçavez ce que je vais dire , ao Mais au Public je doi l'écrire :
Les Vers seront pour vous & les Choses pour lui. Maiumb , agréez ce Partage Et daignez , sur ce , sans ennuy , Ecouter mon petit ramage.
>3 En Public , et non en Secret , L'incomparable Duc d'ALBRirr , Que déjà la Gloire couronne , Fit encor miracle en Sorbonne , Soutenant, avec majesté ,
30 Bonne grâce & facilité , Son dernier Actb de Licence , Plein d'une profonde Science , Si bien que , r^ondant couvert , On ne pût le prendre sans vert
35 En aucun endroit de sa Th^se , Qu'il vaudroit mieux , ne vous dé-
[plaise, Appeiler un gros Livre entier , Qu on pourroit faire relier , Car elle contient la Doctrine
40 La plus solide & la plus fine , Conmie aussi les Dimcultez Et rares Curiositez De tous les Siècles de I'Eouse.
Je puis le dire sans méprise ,
45 Ayant leu la Théze . ma foy , Tres-bellé & dédiée au Roy , Duquel , comme un Astsb propice , Le Portrait est au Frontispice , Et qui sur le Sujet vient bien ,
50 Etant d'un Prii«cb très Chrestibii.
D'étonnement , donc, fot comblée La noble et célèbre Assamblée , Dont , entr'autres Gens bien titrez , Etoyent quantité de Mftrez ,
55 Le grand Condé , dont les lumières Egalent ses Vertus guerrières , Monsieur ub Duc , son sage Fils , Aussi du Rang des beaux Esprits , De Saint Paul, jeune & digne Comte,
^Que dans ce même nombre on
[compte , Force autres Grands & Ducs & Pairs, A nôtre Monarque tres-chers , Et , pour rendre la Liste entière , Maints Messieurs à Robe & Rapière,
65 Sans que j'obmette de coter Deux Seigneurs des plus à noter , Le feuneux PRmcE de Turenne, Si rare & si preux Capitaine , Et le vaillant Duc de Bouillon ,
70 Qui fieiisoyent les Honneurs , dit-on, En qualité d'ONCLS & de Frère , Ayans lors une joye entière be voir les Applaudissemens Que l'on donnoit à tous momens
75 A ce Soutenant d'importance , Que sa belle & noble Naissance
a32. — Du 21. May 1667 (Robwet).
N'élève pas , en vérité , Plus que foit sa CAPACiré , Sur ceux qui sont en concurrence 80 Pour le même Acte de Licence .
Id est les autres Bacheliers , Tant ses Talens sont singuliers.
En concluant donc ce Chapitre, L'un des plus beaux de mon Epître^ 85 Ajoutons encore cela , Qu'enfin ce jeune PRiNcs-là , Qui peut à tous faire la nique En Positive & Scolastique , Fit conêtre qu'asseurément 90 II seroît bien-tôt l'Ornement wn*da" ^® ladite Maison illustre , Boainon Qui tire son ancien lustre De la Valeur & du Sçavoir Que tous ses Descendans font voir.
95 Dimanche , le jeune de Guyse • Duc d'une tres-charmante guise.
Fils & Neveu de deux Héros Dont toujours vivra le beau los , Receut des Mains de I'Hyménée ,
too Par une auguste Destinée , Mademoiselle d'ALBNÇON , De son Cœur le noble Ameçon , Où de nos Roys le beau Sang brille Et de feu Monsieur Gaston Fille ,
105 Comme le Duc , d'âge vraiment Propre à l'aimable Ebatement.
Une honorable Compagnie Signala la Cérémonie .
Car , outre les deux Majestez
1 10 Et les Parens des deux cotez , Toute la Cour , gaye & pimpante ; Au nœud Gordien étoit présente , [^'*«* Et ce fut l'EvESQUE d'AuTUN .
Roqwtto] Prélat qui n'a rien de commun .
1 1 5 Lequel dît , dans ce beau Mystère , Le CoNJUNGo-vos nécessaire , Que , sans doute , les jeunes Gens Font profiter , sans perdre Temps.
Alors la nouvelle Duchesse ,
120 Ayant le cœur plein d'alaigresse , Dîna , dans son rang , aux cotez De nos chères Divihitez Et puis, de deux Pendans d'OREiLLEs, Riches , certe , & beaux à merveilles,
'25 Le plus charmant des Potentats Ayant régalé ses Appas , Le noble Couple , en cette Ville ,
Vint gtter en son Domicile , Au pompeux Palais d'ORLÉANS.
»3oOr Monsieur , les suivant léans .
Avec une pleine firanchise , A I'Epous donna la Chemise , Et la Robe , je pense , aussi :
Mais le beau Duc prit le souci
>35 Que tout Epous qui sjait l'entendre En telle occurence doit prendre .
Et pour empêcher que mesbui Sa Race ne finisse en Lui.
La nuit du quinze au seizième ,
«40 Je ne sçai par quel stratagème ,
Cloton surprit Monsieur Guknaud *^^^^i Mais , las ! dont il fut fort penaut. ib rsjw Se retirant de chez la Reyne , Il fut saisi par l'inhumaine ,
145 Et , quoi qu'il fist pour éluder Et de ses Pâtes évader , Quoi que deux de ses chers Collègues Apportassent illec leurs Grégues Et joignissent . pour son secours,
150 Leurs beaux Secrets &leurs Discours, La Masque , s'appellant là Roche, Dessus Guenaua son Trait décoche, Bravant même ainsi , par ma foy .
Trois grands Médeqns , chez le Roy.
155 Néantmoins, qu'avec moins de Elle vante cette Victoire : [gloire Le Mort ayan^ quatre-vingts ans.
Ce fut , comme je croi , le Temps Qui fit , aux pieds de ce Fantôme .
160 Choir , de la sorte , ce rare Home. . Cent fois plus grand Praticien Qu'Hypocratb ni Gauen.
Mais n'en parlons pas davantage , Il est dispensé du Voyage
165 Que fait la Reyne , en bel arroy , Sur la Frontière , avec le Roy, Car , enfin , ce digne Monarque , Où tant de Hauteur on remarque , S'en va s'avancer , à grands pas ,
170 Dans le fin cœur des Pays-Bas , Précédé de la Renommée Et même suivi d'une Armée De soixante mil Combatans , Qui sont tous de terribles Gens.
175 Mais , quoi ? le Grand Porte-Cou-
fronne Ne veutïaire mal à Personne
232 *— Du 22. M«7 1667 (Robinbt).
Et ne marche , il est bien certain .
A si grand bruit & si beau Train , Comme Foy de Prince il l'atteste
180 Lui-même , par maint Manifeste , Que pour forcer quelque Iluon Dont la louche Rbbeluon Fermeroit la Porte à la ÏIbyne , Méconessant sa Souveraine ,
185 Et qui déniroit en un mot • Dans le Brabant , dans le Hainaut Et dedans les autres Provinces , Tant les grosses comme les minces , Ce qui , selon toute équité ,
190 Appartient à sa Majesté ,
Comme clairement on le preuve Dans r Impression toute neuve Des Trattez donnez rie à rie , Même en trois Langues au Public.
Bn PrençoiSi BipMiiol ot Latin.
[Traité des Droltide la Reyne Tres-Glires- Uanne sur âtren Bststs de la monarchie dSapagpe. Paris, impHwtiriê Aotfa/*, 1667. In-4.]
[Tratado de los Derechos de la Reyna Ghilstutblssima sobre varios Batados de la moiiarqola de Bspa?a. Pari», Bmprmla Htal, 1607 In-lS.I
IRe^D» GhrlatianlsaiaM» Jura in IHicatinn Bfiibantiie et aUos dttkmia HJspaniOB Prindpatoa. ifiOl. 8. (.,in-4etUi IS.]
195 Mais quels Peuples , d*âme tygres- Ne recevroyent pas la Princesse [se, Et, de bon cœur, ne rendroyentpas Hommage à tant de grands Appas Qui , joins à la Haute Naissance ,
aoo Font voir , avec trop d'évidance , Qu'on ne peut en plus belles Mains Mettre l'Empire des Humains ?
Aussi Louis , & bon & sage , Avant qu'aller à son Voyage ,
305 Lui remit , avec grand éclat , Les Soins du dedans de I'Estat , Luy laissant la pleine Puissance De la Souveraine Régence , Et Sa Majesté mêmement
»>o Le fit sçavoir au Parlement ,
Ainsi qu'à la Chambre des Comptes (Ce que je dis ne sont point contes]»
Et je dois ajouter ici :
A la Cour des Aydes aussi.
*»5 Sur cela , cette Reyne illustre Receut , en son royal Ballustre , Les Respects de leurs Dépotez , Qui furent d'aise transportez A l'aspect de telle Régente ,
'20 Egalement sage & charmante.
Au reste , il n'est rien de pareil A nostre Guerrier Appareil ;
On diroit qu'il est fait pour peindre.
Mais il n'en est pas moins à craindre. 225 Tous ces riches Acoutremens ,
Tous ces lestes Ajustemens ;
Ces superbes Orphévreries ,
Ces Plumes & ces Broderies ,
Qu'on void jusques aux Gens de Pie, *3o Sont pour protester amitié ,
D'une façon plus solennelle
Et plus éclatante & plus belle ,
Avecque Messieurs les Flamens ,
S'ils ont pour nous des Sentimens 235 De chers & bons Compatriotes ,
Ennemis de toutes Riotes.
Mais s'ils ne parlent pas François
Et s'ils paraissent discourtois ,
Cette même Magnificence *4o Servira , comme je le pense
(Et je le pense tout de bon) ,
A les réduire à la Raison
D'une façon plus solennelle ,
Et plus éclatante & plus belle , 245 Car nos Gens , bien certainement ,
Sont des Gens Braves doublement
Et qui joindront , sans raillerie ,
La bravoure à la Braverie.
Mais, attendant qu'aux premiers
[jours 250 Nous puissions pousser ce Discours,
Parlons un j>eu d'autres Nouvelles :
J'en tiens déjà deux assez belles.
En premier chef I'Abbé Paumy , Lequel a mérite & demy , ^33 Et dans sa Maison , qu'on exalte , Compte des Grands Mahiœs de
iMALTHE , AIZ,
Est Prélat Mitré de Rodez , Et , par notre illustre Archevâque .ff •^Sw? 260 Qui du même Lieu fut Evêque , «ont de On le vcid , n'aguere . mytrer . p*^*»»»]
C'est à dire autrement sacrer , Ayant , pour Assistans de marque , Ces deux qu'à côté je remarque.
Les Bvesgoes d'Angonlâme [Prangols de Périotrd] et d'Aoqs [Hogoes & Bar].
265 L'autre Nouvelle , la voici :
Par un louable & saint souci ,
Huit Députez de notre Dame ,
Oti l'on chante en si belle Game ,
Composent une Mission , 270 Digne de Bénédiction .
23a. — Do 22. May 1667 (Robinet).
Sur les Terres où ce Chafithb Sei^eurie avec juste Titre , ^^ Et j'ay sceu, d'un fort bon Marchand, ^^SéSmST Qu'à Siaint Mathurin de LABCHiurr
275 Ces ravissans Missionnaires Font des Progrez extraordinaires , Et <|ue les plus grands Pervertis Deviennent de saints Convertis , Ce que je mets en mon Epître ,
280 Pour bel Exemple à tout Chapftrb.
Le vingt-deux du Mois trépassé , Le Pape n*étoit point passé Et combatoit en Alexandre La Mort , qui pensoitle surprendre.
285 Par un mauvais Aspect des Cieux, En je ne sçai combien de Lieux De la Province d' Albanie , Comme on l'a sceu de Dalmade , Il s'est foit de tels TremUemens ,
290 Que tant VÉNntENs qu'OroicANs Ont , avec des Villes entières , Ainsi trouvé leurs Cimetières.
Ah 1 baste encor pour les derniers ; , Mais j'ay grand' pitié des premiers.
295 Ailleurs j'en diray davantage ,
N'ayant en ma troisième Page Que place pour dater & dire que ces
rVcrs
Sont du vingt-^un de May, l'un des Mois
[les plus verts.