Du 18. Septembre 1667 (Robinbt
Qui rend la Mienne bien camuse 293 De n'avoir rien vraiment d'égal :
C'est Mademoiselle Paschal ,
Qui sçait, tant qu'en Bime ou'en Ecrire mainte belle chose. [Prose ,
A Pmris, dU^ C. CkenauH, nu de la Huckêttt.
(Biblioth. nat.» Lc^, 13. Rés. — Bibliotb. Maxirine, 296- Ai.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 24. Septembre 1667.
Ma Muzette , je viens d'apprendre Qu'on attend dans deux jours , en leur Palais Royal , Ce Couple si charmant , si noble & si loyal , A qui de nos Respects le Tribut il faut rendre.
O l'agréabie nouveauté,
Dedans nôtre grande Cité , De revoir ce Héros bnllant de fine Gloire , Et sa belle Héroïne étalant mille Attrais I Ouvrons donc promptement, Clion, nôtre Ecritoire Et , pour les régaler, tenons nos Vers tous prests.
Je suis si ravi des merveilles Qui charmèrent mes deux Oreilles , Dans nôtre Sorbone , Lundi , Pendant tout un Apres-midi ,
15 Qu'il faut que par ce beau* Chapitre Je débute dans mon Epître.
Le jeune Prince , & vieux Doctrur, Dont chacun est l'Admirateur, D'Albret, dans cette Vespertine ,
90 Dessus la Science Divine Continuant de s'exercer Et tous ses Rivaux surpasser, Etoit l'Autheur de ces Merveilles Que je puis nommer non-pareilles.
25 Avec quelle vivacité
Douceur, grâce & facilité , Soûtinst-il ses Antagonistes , Quoi que trés-doctes Sorbonistes 1 Avec quelle force d'Esprit
>o Mit-il à bout qui l'entreprit
Sur chaque scavante Matière Qui servoit alors de Carrière !
Avec quelle solidité , Avec quelle fécondité
35 Et quelle admirable mémoire Cotta-t'il de la Sainte Histoire Les Passages qui lui servoyent Et ses AssaiUans confondoyent I Avec quelles lumières pures
40 Ecarta t'il des Ecritures Les divines obscuritez , Pour mettre au jour leurs véritez !
Il ne faut pas que je me taise Des deux plus beaux Points de sa
[Thèze,
45 Dessus lesquels on prit l'essort Et qui , certe , me plurent fort , N'êtans pas moins Philosophiques , Sans doute , aue Théologiques.
On demandoit , au premier cas ,
25o. — Du 24. Septembre 1667 (Rontir].
50 Si le Signe qu'Eséchias E^eceut de sa santé future.
Ainsi que porte i*Ecriture »
Fut la Rétrogadation (Curieuse est la Question)
55 Seulement de l'Ombre Solaire , Ou du Corps du Grand Luminaire?
L'autre » aussi curieuse encor, Touchoit Nacabudonosor :
Sçavoir si ce Prince superbe ,
60 Qui fut réduit à brouter l'herbe , Etoit & dedans & dehors Changé, tant d'Ame que de Corps.
Or. sur l'un & sur l'autre Thème, Ou sur l'un & l'autre Problême,
65 Ce Princb , toujours glorieux, Discourut & prouva des mieux ; lïjgj^ Et d* Amiens le Prélat illustre , Dont le mérite a tant de lustre.
Ne l'ataqua sur ces Points-là ,
70 Avec les beaux Talens qu'il a , Que pour lui donner plus de gloire De sa belle & pleine Victoire.
Donc , ce Sorboniste Héros Receut un universel los ,
75 Tant des Citoyens de Sorbone, [ne.
Qui certe en grands Docteurs foiso- Que de plusieurs sçavans Prélats , Ducs & Pairs , Princes , Magistrats , Et d'autres de haute volée ,
80 Qui lors composoient l'Assamblée.
Mais , HaRDOUIN de PERBFnL ;
L'auguste Prélat de Paris ,
Qui scait si bien dire & bien faire ,
Présidant illec dans la Chaire ,
85 L'apostropha dessus la fin .
En élégant & beau Latin , Et , d'une grâce sans seconde , L'élogisa le mieux du Monde , Au nom de tout le grand Concours,
90 Qui fut charmé de son Discours , Où , sans aucun mot bas ni mince , Il condud fort bien que ce Princb, Doué d'un si docte Cerveau , Etoit im Prodige nouveau.
95 Le lendemain , en grande Sale , Et Sale Archiépiscopale , Il receut , de belle hauteur, L'illustre Bonet de Docteur, Ainsi q^ue la juste Courone 100 Que lui présentoit la Sorbone.
u chM- Le Chef de l'Université ,
Avec grande solenoité ,
Le lui donna donc , en présence
D'une magnifique AsaiMmce ,
105 Où nôtre admirable Prélat , En son pontifical éclat , Faisoit fort dignement figure , En tête de la Prélature Et de la docte Faculté ,
1 10 Charmée , en bonne vérité , De voir dedans sa Compagnie Un Docteur de si haut Génie , De telle Naissance & , de plus , Orné de toutes les Vertus.
115 Les Candiots , par Contre-mines, Rendent inutiles les Mines Des laids & cornus Musulmans , Et voua en font, à tous momens.
Sauter en l'Air un si grand nombre
110 Que le Vism, tout morne & sombre.
En enrage au fonds de son coeur, Perdant l'espoir d'être Vainqueur.
Car, enfin , sans en rien rabatre , Encor deux mille & deux cens qua-
125 On fait le saut comme cela |tre Avec ces Contremines-là ; De plus, dans un Assaut, n'aguére8,|^ Cinq cens de ces malheureux Hères Dtfc» Furent de même abasourdis
130 Et mortellement étourdis , Si bien que toute leur Armée , Au dire de la Renommée , A le cœur failli tellement , De maint semblable Evénement ,
135 Que les SpAms & Janissaires , Qui sont leurs meilleurs Militaires, Crièrent l'autre-jour « Paix , Paix »
(Comme l'Objet de leurs souhaits) Au Sbcretairb de Venizb ,
140 Dont le beau Renom s'étemize.
Au reste , à l'Assaut ci-dessus, .
Où ces Turcs furent bien receus.
Le brave Généralissime
Parut , certe , vaillantissime 145 Et, dedans ce guerrier Trie-Trac,
Receut même dans TEstomach
Une Otomane Mousquetade ,
Mais de qui toute la boutade
Contre son Plastron s'amortit , 150 Et ni mal ni peur ne lui fit.
LepreuxSavoyard, Marquis-Viixb,
25o. — Du 24. Septembre 1667 (Robinet).
Y montram son cœur en beau stfle.
Eut aussi , dedans le» Cheveux , Un coup de Flèche fort heureux , 155 Et nôtre âvanturier illustre , Commençant d'y mettre en son
[Lustre , Ou , si vous voulez , en son Jour, Ce Feu qu'il tient du Grand d'HAR-