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Cbailois,
Maître
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D'ailleurs , nôtre illustre Jeunesse Ou bien nôtre jeune Noblesse , Brûlant de cueiUir des Lauriers A coté de ces grands Guerriers Et sur les pas de la Victoire Qui nôtre Koy couvre de gloire , Apprend le beau Métier de Mars , Et comme on force des Ramparts , Attaquant une Forteresse , Qu'au plus grand Faux-bourg de L'Académiste Bernardy, [Lutéce Personnage d'un cœur hardy, Exprés pour l'instruire , a fait faire, Par un zélé ou'on ne peut taire.
Monsieur le Marquis de Bréval , Qui des mieux se tient à cheval , L'Attaque du Poste commande , Avec une adresse fort grande , Faisant ce qu'on fait en cela .
Mais , pour le repousser de4à , Saint Maurice fait la Sortie , De Cadets très-bien assortie , Et , bref , l'Autheur du Fort susdit Est dedans , à ce qu'on m'a dit , Pour travailler à sa Défense ; Ce qui se fait en la présence Du plus beau Moncle de Paris , De cette belle Guerre épris , Où de franche poudre de Chypre (Qui rime des mieux avec Ypre) On charge , je croy, les Mousquets , Pour en tirer des coups coquets.
Mais vîte bornons nôtre Epitre ,
Enfin » par le dernier Chapitre.
Les Amams coupables punis
Certain Noble Provincial , Que le Nœud matrimonial
205 Assembloit avec une Belle , Tout-à-fait digne de son zelle , Et qu'il aimoit aussi , dit-on , Avec beaucoup de passion , Etant allé dans un Voyage ,
110 S'y piqua pourtant d'un Visage Où , sans doute , la nouveauté Lui fit trouver plus de Beauté.
Ce nouvel Objet de sa Flâme A tel point donc touche son Ame ,
215 Qu'il est TAscendant amoureux De ses soupirs & de ses vœux , Et qu'il l'engage en un Dédale Où se pert sa Fov conjugale.
Etoufant ainsi l'amitié
220 Qu'il doit à sa chère Moitié , Tous ses soins alors il aplique A se faire aimer d'Angélique ^ous nommerons ainsi rObjet Dont son cœur devient le sujet].
225 Comme il poussoit bien la Fleu-
[rette , Que sa Personne étoit bien-faite Et qu'il possédoit , en un mot , Ce qui peut faire un cœur capot .
Angélique prend feu de même ,
230 Et, quoy (ju'en autre-part, elle aime. Devenant mfidelle aussi , Donne son cœur à celui-ci.
Un seul Point arrête l'Affaire , Et ce Point est en tel Mystère
235 Proprement le Nœud Gordien , Car on ne veut accorder rien Que sous les Loix du Mariage , Et le susdit Amant volage , Ainsi que vous l'avez appris ,
240 Pour Duppe , de la sorte , est pris. Mais voyez , tant sa flâme est forte , A quel Crime noir il se porte Pour trancher ce Lien sacré , Des plus Barbares révéré.
245 II s'accorde aveque Angélique Et , dans s6n Transport frénétique, Vient , comme un T ygre sans pitié , Etrangler sa belle Moitié.
De ses propres mains il l'immole
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aSi. — Du 1. Octobre 1667 (Rovnbt].
350 A sa nouvelle & chère Idole , Et , paliant d'un Acddant Ce Crime au seul Ciel évidant , Avec la Défunte il Tenserre , Dans un Cercueil dessous la Terre.
255 Ayant versé de feintes pleurs Et montré de fausses douleurs
' Qui trompent tout son Voisinage , Pour jouir du Prix de sa rage , Sous de beaux Prétextes il part
s6o Et , sur sa route , tout gaillard D'avoir si bien joué son rôle , Devers son Angélique il vole.
Mais où court ce coupable Amant ?
On vient de mettre au Monument
^5 Cette Angélique , aussi coupable.
Il apprend (ceci n'est point fable) Que ce digne Objet de son cœtu* Avoit fiait faillite à l'Honneur Et qu'en un mot , son triste Père ,
S70 Avant sceu le honteux Mystère , L avoit , par un Poison vangeur , Immolée à ce même Honneur.
Jugez ce que l'Epoux perfide ,
Et de sa Femme l'Homidde , 375 Devient en apprenant ce cas Et quels sont les affreux combas Que du Ciel la juste Vengeance Luy livre dans la conscience !
Ils sont tels , 6 mon cher Lecteur, aSo Qu'à lui-même tout plein d'horreur De son énorme Barbarie , Poussé de plus d'une Furie , Il s'en retourne sur ses pas Faire ce qu'autre fois fit l'infâme Judas.
a85 En finissant , je viens d'apprendre Ce qu'à peine je puis comprendre , Que la Fièvre a surpris MoMsisint, Lui • di-je , qui luy faisoit peur A la Teste de la Tranchée ,
290 Où cette mièvre étoit nichée.
Cela ne peut-être , ma foy.
Ou bien , si la chose est , je croy Que son beau San^ • tout en colère.
Chez lui ne la soufnira guère ,
295 Et , sans nulement en douter.
Je m'en vais promtement , dater.
Ced fut rimaillé , le premier jour d'Octobre , Par moy qui pms me nonuner Sobre.
j1 PëHs, Cke^ Ck. ChmumU, Imp. à Ub., nu de Ut HmchetU, aux Armn dm Rêy. Avec FriviUgf éê Ss Hisfesii,
269 triftrc.
(Bibiiotb. net., Lc>, 2a. Rés.— Biblioth. Mazarinc, 296 A3.)
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LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charlbs ROBINET.]
Du 8. Octobre 1667.
Madame , quoi qu'une Insomnie , Procédant de quelques ennuys , M'ait disloqué tout le Génie Depuis du moins quatre ou cinq nuits , 5 Quoique je baftille & je sois lâche ,
Et que , pour réussir en mon illustre Tâche • Je me sente en mauvais état , A tout hazard , je m'y vais mettre , De crainte de passer pour Fat 10 Si j'étois quinze jours sans vous écrire en Métré.
D'ailleurs , Altbsse belle & grande , On me fait à présent l'honneur D'imprimer ma Lettre en Holande ; Ainsi je doi reprendre cœur ;
15 Autrement Messieurs de la Haye
Auroient chez l'Imprimeur une plaisante Baye , Si j'allois demeurer tout court ; Car, se tenant seur de ma Veine , Il leur a fait sçavoir le jour
ao Que se vendroyent chez-lui mes Vers chaque Semaine.
Mais , n'en déplaise au Typographe , Il auroit dû me consulter Et même avoir mon Paragraphe Avant qu'ainsi me débiter,
35 Car l'Imprimeur de Paris grogne
Et me dit là-dessus , en faisant grise trogne , Que moindre en sera son Débit.
Mais ce n'est pas là vôtre Affaire , Et, pour moi-même, il ne s'agit
io (C'est là mon intérest) que de vous satisfaire.
Hé bien L Tay des mieux raisonné Et sans nul doute deviné Touchant cette mal-sage Fièvre Qui, bonne pour un sang de Lièvre, 35 Pensoit tenir son Quant-à-soy Dans celui du FuiiiE du Roy, Car la Félonne & la Perverse , Qui se nommoit Double-Tierce,
A quité la Place aussi-tôt , 40 Sans Ajournement sur Défaut , Tant d une façon vigoureuse Il a repoussé la Trembleuse.
Louis , par un charmant soud , De son Saint-Germain vinst Id ,
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