Du 22. Aoust 1666 (Robinet
Néantmoins, plein de vaine gloire, Il appella cela Victoire , Et les CoNFÉDÉREz pervers ,
60 Assez décriez dans mes Vers , Eurent le front & Timpudance D'envoyer (quelle outrecuidance I) Des Députez devers leur Roy Pour lui faire encore la Loy ,
65 En lui proposant mainte chose Digne de Censure & de Glose.
Mais aussi ces beaux Députez Furent, avec un pied de nez.
Et (car il faut que je le dise]
70 Plus penauts que Peteurs d'Eglise , Renvoyez avecque mépris ; Cazimir , de colère épns , Comme il avoit raison de Têtre , Leur ayant fait défense , en Maître >
75 De se remontrer à ses Yeux , Flamboyans de courroux contr'eux.
Qu'avec un certain Formulaire De Paix, qui seul pouvoit lui plaire.
Et qu'on feur mit à lors en main
So De la part de ce Souverain.
Cependant , pour tirer vengeance De cette trop rebelle Engeance , Tout de plus belle , il la poursuit , Et LuBOMiRSKi, m'a t'on dit,
85 Qui craint l'abord de son Armée , A son Devoir bien animée , S'est bloti , quoi <^ue Rodomont , En Paçnote, demére un Mont, Ne désirant pas en découdre ;
90 Mais il y peut tomber un Foudre.
Sur le Point des derniers Explois Des HoLANDois & des Anglois, Ce qu'on sçait avec certitude Est qu'après un Choc assez rude ,
95 Oti 1 on perdit des Vaisseaux neuf. Tant de bois vieux que bâtant neuf, A sçavoir sept , en cas qu'on n'erre , Pour le compte de I'Angleterre , Et deux pour celui des Estats ,
100 De Holandb les Potentats , Les Anglois , de façon civile , Ayans lors exhalé leur bile Dedans ces belliqueux Efforts , Les conduisirent vers leurs Ports
105 Par réciproque courtoisie ; Car vous n'avez oublié mie Qu'avant ce Choc itératif,
Où pas un ne fit le Rétif,
Les HoLANDOis , avec leur Suite »
1 10 Dés long-temps leur rendoyent visi- Jusques dans le Fleuve Londrois, [te Et c'est selon les bonnes Loix Sçavoir le Monde & bien l'entendre.
Que, lors qu'on a receu, de rendre.
1 15 Mais n'oublions pas pour la fin Que le Chevauer Coasun , Qui n'étoit pas dans le Mémoire Eut pourtant grand'part à la gloire Des. chers Boute-feux du Brûlot
laoQue poussoit le Vent & le Flot Contre I'Amulal de Holandb , Comme en ma dernière Légende Je le marqué fidellement Et, sans doute, équitablement,
i»5 Car l'on doit bien un Trait de Plume A ces Héros en grand Volume Qui , s'exposans à tels bazars , Biffent la gloire des CézARs.
Ce qui couroit du Marquis Voxe
130 N'est nulement un bruit de Ville , Non , ce n'est point un faux caquet , Car il a levé le Piquet De devant la Neuve Candie.
Mais, quoi que le Grand Turc en die,
135 Ce preux & ce sage Seigneur Ne l'a levé qu'avec honneur ; Et , coimne on dit , une Retraite , Avec prudence à propos faite , N'est pas un moins noble Laurier
140 Dessus le front d'un grand Guerrier Que le Gain de qoeloue BncedUe , Que le Débris d'une Muraille Et la Priae d'une Cité , Non , non , en bonne vérité.
145 II manquoit , primo ,*de Foarage , Qui donne aux Chevaux du courage; Secundo , sous ses Etendards Il voyoit trop peu de Soudards Pour ce Siéçe de conséquence;
150 Tertio ( voici l'importance) , Les égrillards de Musulmans , Malgré les Chrétiens peu dormans , Avoyent jette dedans la Ville , D'une manière fort habile ,
155 Quatre mille de ces Humains Qu'on a]>peUe chez eux Janins (Je voulois dire Jannitsaires) ,
110 et 49i iMppUi.
jo5
i6a. — Du 32. Aonst 1666 (Robinet),
Qui ne sont pas de chetîfs Hères.
Après cela fngez , Lecteur, 160 Si le Marquis manque de cœur.
Non plus que de bonne cervelle , Pour avoir levé l'Escabelle , Fondé , comme il est , en Raison ; Pour moy, je réponds bien que non.
165 L'Impératuce , peu contante , Est encore Fébricitante , Et la Fièvre qui la retient Fortement aussi serre & tient Le Duc d'ALBUQUERQUE en Personne.
,70 Bref . cette Fièvre . trop félonne , Comme on vient de me le conter, Fait par plaisir fébriciter La piuspart de son Domestique.
Wojez cjud Destin lunatique
175 Fait 1^ cette Fièvre ainsi , Pour faire mourir de souci L'Empereur & riMPÉRATRiCB , Sans fiaire à I'Amour sacrifice.
Ah ! cette Fièvre & le Destin
.80 Ont un caprice bien maUn I
Quant à la Reyne Portugaise , Elle est vraiment beaucoup plus aise.
Malgré de certains Vents mutins , Qui vouloyent faire les Lutins ,
183 Comme {artisans de TEspagne , Dessus la flotante Campagne , Le petit Dieu qui fait aimer.
Etant tout Puissant sur la Mer , D'oti sa MÈRE , en Amours féconde ,
190 Pour tout féconder vinst au-Monde, Des flots émeus calma les bonds , Fit par tout voir les Aidons , Et, comme dessus une Glace , La conduisit de bonne grâce
195 Et par un agréable sort , Saine & sauve , à Lisbone , au Port.
Dieu sçait comme elle y fut receue De qui l'avoit trop attendue : L'Amour, l'Hymen & les Plaisirs ,
)o*De rEpous comblans les Désirs, Sçavent ce qu'en secret ce Sire Et lui pût fiure & lui pût dire :
Vous le devinez , je croy, bien.
Sans donc vous en dire ici rien ,
305 Je vais par un autre Chapitie aoj Et
Poursuivre la présente Epitre.
Ah I je tombe sur un Billet Qui ne contient rien de follet , Mais , certe , une triste matière
210 A faire humecter la Paupière Et tirer des soupirs du cœur.
Par une équitable douleur.
Le Feu , pire encor que la Gresle , L'autre Jour, s'étant pris à Nesle , en
215 Dans une Grange, sans nul bruit, «««lie A deux heures après minuit , Eparpilla si bien ses fiâmes Que, glaçant d'efroy maintes Ames, Il fît des Cendres & Tisons
220 De quarante & tant de Maisons , D'où chacun , durant la Nuit bise , Sortit tout hn nud , en Chemise , Bien-heureux , pour tout résidu , De sauver son Individu.
225 Or de Grands & Petits la Bource Est l'unique & seule Ressource De tant de pauvres Mal-heureux.
Ayez , s'il vous plaît , pitié d'eux :
De tres-bon cœur, en ma Légende,
230 Je les prône & les recommande.
Les DÉPUTEZ du Languedoc
(Où l'on sçait bien le Jeu du Hoc)
Eurent n'aguéres audiance
Du Grand Monarque de la France.
235 D'Alby le brave Episcopus , [Otapard
Disert comme un Balsac , & plus , DeSicm*
Fit pour Eux, en Françoise Langue, *" ^^^^
Une sage & belle Harangue ,
A laquelle , ce m'a-t'on dit, 24oTres-accortement répondit
Ce tres-charmant & rare Sire ,
Que par tout le Mondé on admire.
Le même Jour, ces Députez
Furent aussi bien écoutez 245 De nôtre ravissante Reyne ,
Beaucoup plus divine qu'humaine ,
Et de son merveilleux Daiiphin ,
Déjà Politique fort fin.
Pareillement , du beau Phiuppes , 250 Plus brillant que mille Tulippes ,
Et 4e ^on illustre Momé ,
Si digne de son amitié ,
Us ont eu paisible audiance
Et fort grand accueil, d'asseurance :