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d'hyperchlorhydriques, d'hypersthéniques, mais souvent aussi le spasme doit être mis sur le compte
d’une excitabilité spéciale du système nerveux. En
effet, les aérophages sont très souvent des névropa-
thes, au sens vulgaire du mot, des sujets fortement.
influencés par les fatigues, le surmenage, les émotion morales ; ce sont des émotifs, des hyperexcitables. Leurs spasmes peuvent se localiser non seulement au pylore mais encore à l’œsophage, au cardia, au sphincter anal, aux divers segments du tube digestif. |
Salles, dans sa thèse, rapporte le cas d’un dyspeptique aérophage qui fut soigné comme un dyspeptique simple, puis pour un ulcère de l'estomac :
« Une radioscopie faite dans la suite ne montre pas. « de modification dans la capacité, la situation, la for- « me, le fonctionnement de l'estomac. En revanche, « le bismuth montre que l'œsophage est le siège de.
« mouvements péristaltiques et antipéristaltiques « évidents. Le bismuth descend par saccades et pour « ainsi dire marche par marche, le trajet œsopha-
« gien remontant et descendant alternativement sur :
« une étendue de 3 à 4 cm. puis progressivement « pour finalement atteindre le cardia. A ce mo- « ment, douleur très vive, constriction correspon- « dante au cardia ; on voit celui-ci resserré, enchâs- « sant et étreignant le bismuth qui a servi à l’expé- « rience. Finalement, le cardia s’entr’ouvre et le «Je bismuth franchit l’orifice : à ce moment pré- « cis, cessation complète de la douleur. Le diagnos-
es
« tic de spasme œsophagien, de spasme du cardia ‘ « devenait désormais évident. »
Deux phénomènes peuvent donc s'associer pour augmenter la motricité de l'estomac dans l’œsophagie : le spasme du pylore et l'hyperexcitabilité toute spéciale de la muqueuse, hyperexcitabilité qui permet d'expliquer la violence de cette réaction mo- | trice, souvent hors de proportion avec le peu d'intensité du spasme, |
Chez nos malades, en effet, les contractions péristaltiques de l'estomac peuvent s'accompagner de clapotage gastrique assez accentué, de douleurs violentes ; l'existence du spasme pylorique est évidente. Quelques jours après les malades étant examinés dans les mêmes conditions, à la même heure après le repas, on ne trouve plus de clapotage gastrique et cependant les contractions péristaltiques sont aussi nettes, l'hyperexcitabilité, ce jour-là, l’emporte sur le spasme.
Enfin, l'examen radioscopique qui complète notre dernière observation laisse soupçonner la pneumocolie dans la genèse des contractions péristaltiques chez un malade aérophage. MM. Enriquez et Gaston-Durand, rapportent l’histoire clinique et radiologique de pluieurs malades à estomac biloculé et c’est à l’aérophagie et à la pneumocolie qu'ils attribuent les troubles fonctionnels et les déformations gastriques chez ces malades. La difficulté du diagnostic relevait dans ce cas, de l’importance des troubles accusés par le malade, de l'existence, antérieu-
DH UREES
: rement aux phénomènes actuels de symptômes gastriques pouvant éveiller l'idée d’un ulcus, du type. de l'aérophagie presque silencieuse, de la prédominance des sympliômes intestinaux. Ces auteurs expliquent la biloculation par l'action compressive et déformante du côlon ectasié et plein de gaz.
Il n'a pas été relevé, dans ces observations, de contractions péristaltiques visibles. Peut-être-la biloculation de l'estomac produite par la compression du côlon plein de gaz, n'’était-elle pas suffisante pour produire une gêne dans le transit de l'estomac? Peut-être l'estomac de ces malades n'était-1l pas particulièrement hyperesthésique? Qu'il nous soit permis, cependant, en nous basant sur les signes radiologiques et sur les cas publiés par MM. Enriquez et Gaston-Durand, d'attribuer pour une large part à la pneumocolie, les contractions péristaltiques observées chez la petite malade qui fait l’objet de notre dernière observation.
Comme on le voit, cette pathogé énie est complexe, les contractions péristaltiques nettes, sans sténose, au cours de l’aérophagie, peuvent être engendrées par un spasme du pylore chez des malades nerveux, spasmophiles, par une irritabilité spéciale de la mu- ,;
queuse gastrique et du système neuro-musculaire, enfin, dans les cas d’aérocolie l’action compressive
du côlon peut être aussi incriminée.
ONE En
Traitement
Nous avons vu que.la radioscopie était un moyen de diagnostic très utile, malheureusement elle ne peut être pratiquée que dans les grands centres, ce qui forcément, en limite l'emploi. Il existe heureusement un autre moyen de diagnostic d’une grande simplicité, applicable en tout lieu, à la portée de tous les médecins, c’est le traitement médical.
1° Traitement de l’aérophagie. —— Pour lutter contre le tic d’avalement, si l’on ne peut compter sur la bonne volonté, l'énergie du malade, divers procédés ont été imaginés. La présence d’une cravate légèrement serrée au-dessus de la pomme d'Adam, entrave suffisamment l'ascension du larynx pour rappeler au malade qu'il ne doit pas avaler. La ‘compression des fosses nasales imaginée par
M. J.-A. Sicard, donne aussi de très bons résultats.
Lorsque l’aérophagie est liée à la dilatation de l'estomac, le relèvement gastrique préconisé par M. Leven ,supprime parfois le tic d’avalement. On conseillera à ces malades, dont très souvent la respiration diaphragmatique est imparfaite, des mouvements de gymnastique convenables ; de plus, 6n les
obligera à manger lentement et le bismuth sera prescrit à doses petites et fractionnées.
2° Taitement anti-spasmodique. — Il découle de la pathogénie que nous avons cherchée à établir. L'hydrothérapie, les compresses chaudes sur lépigastre, associées à la médication par le bromure et la belladone devront être instituées dès le début et par cure.
3° Traitement de la cause. — La dyspepsie et ses causes, une inflammation du naso-pharynx qui détermine de nombreux mouvements de déglutition, seront recherchées et traitées. :
La suppression d'un dentier coïncidera parfois
avec la guérison de l’aérophagie. :
L’aérophagie nerveuse pure est rare. Cette variété a le plus souvent, une cause réelle qu'il faut trouver. Ges malades, qu’on appelle des nerveux, sont presque toujours des dyspeptiques à des degrés divers. C’est à cette dyspepsie encore qu’il faudra s’attaauer.