‹ Les contrées mystérieuses et les peuples inconnusChapitre 12 sur 56 · DT DU · texte numérisé non relu

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CONTRÉES MYSTÉËRIEUSES,

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Fig. 80, — Vallée de la rivière de la Paix,

Disons toute fois que lors de la recherche de sir John Franklin et ses compagnons, le lac du Grand Ours fut assigné par l’amirauté anglaise à sir John Richardson pour ses quartiers d'hiver. L’explorateur devait battre le pays entre la rivière des Mines de cuivre, la terre de Wollaston et le fleuve Mackensie, en s’appuyant sur le fort Bonne-Espérance situé sur ce dernier fleuve, et le fort Confidence qui est au nord du lac du Grand Ours. La Compagnie de la baie d'Hudson se chargea du transport, à travers ses vastes domaines, des bateaux destinés à l'exploration des côtes de la mer et des cours d’eau.

Mieux vaut aller vers l’ouest, se rapprocher des montagnes Rocheuses qui nous ramèneront vers le &« Far-West », objet de nos plus prochaines investigations. Aussi bien est-il impossible de ne pas accorder quelque attention à l’un des affluents du lac Athabaska, la rivière de la Paix. En la remontant nous allons vers les montagnes Rocheuses.

En effet cette rivière importante prend sa source dans un petit lac situé au milieu de ces montagnes. Dans son cours rapide depuis sa source jusqu'au lac dont elle est tributaire, elle s’est creusé un lit très profond ; sur son parcours ses rives sont bordées de masses rocheuses fort élevées.

Vers la fin du mois de juin et pendant le mois de juillet, la rivière, accrue par la fonte des glaces des montagnes où elle prend sa source, charrie des arbres de haute futaie. La masse d’eau de cette rivière à cette époque est énorme, et fait monter de trois ou quatre mètres la vaste superficie du lac Athabaska, en s’y déversant.

Les terres traversées par la rivière de la Paix fourniraient un sol f6cond s’il était livré à la culture. Un missionnaire a vu au fort Vermillon des épis de blé en parfaite maturité. D’immenses prairies, dédaienées maintenant des bufiles, sont bornées à l’horizon par des hauteurs boisées. Aujourd’hui tous les affluents de cette grande rivière abondent en castors. C’est la présence de ces animaux qui à fait donner aux Indiens échelonnés le long des rives le nom de Castors.

Outre le fort Vermillon, la Compagnie de la baie d'Hudson possède deux autres forts sur cette rivière, le fort Dunvergun et, presque à sa source, le fort John.

A soixante-dix lieues à l’ouest, un autre cours d’eau considérable coule parallèlement à la rivière de la Paix, c’est la rivière des Lyards, — le

lyard est une sorte d'arbre, — qui descend des montagnes Rocheuses avec l’impétuosité d’un torrent. Les timoniers métis quand ils se hasardent sur ses eaux se font attacher à leur canot pour triompher de la violence du courant.

Fig. 81. — Pont suspendu des Indiens.

Et maintenant, avant de franchir ces montagnes Rochenses qui se trouvent sans cesse à notre horizon, nous allons abandonner l’Amérique britannique et descendre au sud pour visiter les territoires nouvellement constitués de l’ouest, c’est-à-dire la vaste région, sauvage encore, qui s'étend à l’ouest des États-Unis : le Far-West.

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Les Peaux Rouges et les Visages Pâles. — Hostilité permanente, — La légende de Fergusson. — Une rixe sanglante. — Ruse de Peau Rouge. — Incendie dans la Prairie. — Scalpé ou brûlé vif. — Quelques relations amicales. — Les Français du Canada. — Les Quakers. — - John Smith et Pocahontas. — Ce qu'était l'Amérique il y a deux siècles. — La forêt vierge.

Le voyage de Chateaubriand dans le nouveau monde, la peinture qu'il nous à faite de la vie des Natchez, le récit des amours d’Atala et de Chactas, nous ont fait connaitre une Amérique pittoresque, poétique et grandiose, — avec ses larges fleuves, ses forêts vierges, ses cités nées de la veille.

A leur tour, les romans de Fenimore Cooper sont venus séduire les jeunes imaginations par les tableaux si colorés, si vrais, si séduisants qu'ils présentent. C’est dans ces compositions que nous avons tous appris à aimer ces Indiens, héroïques dans leur résistance à l'invasion de leur pays ; ces pionniers qui, presque toujours pour secouer toute contrainte des institutions sociales, s’en vont au loin dans le désert, et justement pour le plus grand profit de cette civilisation dédaignée par eux ; ces colons, — véritables « chasseurs de terre » comme on les à appelés, — maniant également la bêche et la carabine, qui font des conquêtes sur un sol n'ayant jamais été défriché, toujours prêts à soutenir une lutte acharnée contre des sauvages qui se &« mettent sur le sentier de la guerre » non par gloriole ou turbulence, mais avec l'énergie du désespoir.

Chateaubriand et Cooper, — celui-ci du moins pour la plupart de ses romans, — ont placé les cadres de leurs œuvres dans la région des grands lacs, où se sont formés depuis des centres de population; mais il suffit pour que les peintures des deux grands écrivains gardent toute la vive animation de leur coloris, de se porter un peu vers l’ouest du continent

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