‹ Les contrées mystérieuses et les peuples inconnusChapitre 23 sur 56 · Z 4 DD LU · texte numérisé non relu

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Fig. 129. — L'anaconda ou boa d’eau,

sur l’un des affluents de l’Amazone, mais dont tout Indien s’est gardé jusqu'à ce jour de désigner l’emplacement. Ce temple, construit sans doute par les Incas, s’il existe encore, doit contenir des richesses fabuleuses, car les Indiens « sabéistes »,— toujours selon les mêmes traditions, — viendraient chaque année y verser des sacs de poudre d’or, comme offrande à l’astre-roi. A plusieurs reprises des voyageurs ont tenté de se mettre en route en formant le projet de découvrir ce sanctuaire vénéré des Indiens. Mais jusqu’à présent aucun résultat ne permet d’afñirmer l'existence du temple du soleil ou de détruire la légende qui s’est formée sur son existence.

Les voyageurs qui ont parcouru la fertile vallée de l’Amazone s’extasient tous sur sa merveilleuse magnificence. Et l’on peut dire que le cours de ce fleuve immense n’est que vaguement exploré. Cependant chaque jour s’affirme davantage la possibilité d'établir, par l’Amazone et son gigantesque réseau d’aflluents, navigables en amont presque jusqu'au pied des Cordillères, un système régulier de communications entre les deux Océans, qui éviterait au commerce la longue et périlleuse circumnavigation du cap Horn. Il suffirait pour cela d’ouvrir un canal à travers l’arête des Cordillères, qui dans la partie méridionale du Pérou et du Chili n’est en quelque sorte que la falaise de l'Océan Pacifique, et d’exécuter de la sorte pour l'Amérique du Sud, un travail analogue à ce que doit être pour l'Amérique centrale le fameux canal de Panama.

Passons au Parana. Ÿ

C’est un fleuve superbe, dont les eaux coulent entre des rives un peu basses, mais très vertes, éloignées l’une de l’autre de plusieurs kilomètres. Son lit supérieur et son lit moyen sont coupés de rapides et de cataractes. Le Salto Grande de Maracayu, tout à la fois rapide et cascade, épouvante par le tourbillon et le fracas de sa chute. Qu'on imagine un fleuve de plus d’une lieue de largeur changeant tout à coup de niveau et resserré dans un lit d’une soixantaine de mètres ; ses eaux tombent à flots brisés, en écume, en pluie dans une gorge que les Indiens désignent comme l’entrée de leur monde infernal. Dans son cours inférieur, au sein des plaines argentines et paraguéennes, le Parana donne accès aux plus grands vaisseaux. Accru du rio Paraguay,

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