‹ Les contrées mystérieuses et les peuples inconnusChapitre 38 sur 56 · JA ME · texte numérisé non relu

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Le Thibet, — Troupeaux de bœufs incrustés dans la glace. — Lhassa, — Le pontificat thibétain. — Le Dalaï-Lama. — Les Bouddhas vivants. — L'arbre des cent mille images. — Les $i-fan. — Les funcrailles et les chiens. — La poste au Thibet.

Peu de pays offrent autant d'intérêt que cette portion de l’Asie, que nous ne connaissons cependant que par des demi-révélations.

On sait quels obstacles de toute nature rendent périlleux aux Européens l’accès du Thibet. C’est au point que l’on peut compter les voyageurs et les missionnaires qui ont obtenu la permission de pénétrer dans le Thibet ou qui ont tenté cette entreprise, malgré les dangers qu’elle recèle. Quatre Anglais sont entrés dans les Himalayas : Boyle en 1774, Turner en 1783, Thomas Manning en 1811, et Pemberton en 1838; à ces noms il faut ajouter les PP. Huc et Gabet, expulsés violemment de la capitale du Grand Lama où ils étaient arrivés au prix des plus grands périls ; le P. Krick, missionnaire lorrain, assassiné au milieu des tribus barbares de la frontière du sud, en essayant de pénétrer par l’Assam dans les provinces intérieures (1), les frères Schlagintweit et quelques pandits de l’Inde. Il faut y ajouter l’abbé Desgodins, envoyé en mission en 1857, et quelques autres missionnaires qui ont réussi à établir cinq résidences du côté du Yun-Nân, sur le chemin de Lhassa. On le voit, la liste est bientôt close.

Il y a quelques années un Anglais, M. Drummond, eut la témérité de lancer sur le lac Mansarovar, l’une des belles nappes d’eau du pays, un bateau en osier recouvert de peaux pour faire des reconnaissances autour du lac. Mais l'éveil fut donné. Le guide indigène qui avait accompagné le voyageur anglais fut mis à mort et des ordres venus de Lhassa,

(1) Le courageux missionnaire fut assassiné avec un de ses compagnons, le P. Boury, par

la tribu thibétaine des Michemis, Son corps fut coupé en deux. Le P. Boury eut la tête tranchée.

nl al)

Fig, 196. — La maison du Thibétain,

interdirent expressément de laisser pénétrer aucun étranger dans le pays.

Point culminant du globe, le Thibet, malgré sa latitude, est loin de jouir d’un climat doux. Aussi y rencontre-t-on une flore et une faune spéciales. C’est de tout le globe le pays qui présente des habitations à la plus grande altitude ; ainsi la ville de Daba est à 4,786 mètres au-dessus du niveau de l'Océan; c’est à peu près la hauteur du mont Blanc.

Voici quel est le premier aspect des campagnes du Thibet, en venant du sud :

« La vallée s’élargit sur les deux rives du Brahmapoutre, des champs bien tenus en occupent le fond; des forêts de pins épais et vigoureux couvrent les pentes latérales, et vont s’éclaircissant à mesure qu’elles approchent du sommet. Au pied des montagnes, dans les terrains d’alluvion et sur les bords des différents cours d’eau, sont des bosquets toujours verts, des massifs d'arbres aussi beaux que variés, tels que le bambou, l’oranger, le citronnier, le pêcher, le laurier même... Il est rare, impossible même, de rencontrer ailleurs des bois plus frais et plus riants (1). » Le Brahmapoutre coule au fond de la vallée, encadrée par de hautes montagnes parallèles dont les flancs sont couverts de pins gigantesques et les sommets blanchis de neige.

On voit des troupeaux de vaches, de bœufs, de chèvres, d’ânes, de maulets pâturant çà et là en toute liberté; et, de distance en distance, des villages formés de maisons bâties en terre et de quantité de tentes de couleur noire.

Si l’on aborde ce pays par le Thibet antérieur, ainsi que l’ont fait les PP. Huc et Gabet, les déserts que l’on doit traverser sont, sans contredit, ce qu’on peut imaginer de plus affreux. On chemine par la neïge, le vent et le froid au milieu de terres bouleversées qui ressemblent aux excavations d’un cimetière, tant il en sort de tous côtés des ossements humains et des carcasses d'animaux.

Là coule, sous le nom d’Eau tortueuse, le fleuve qui s’appellera plus loin le Fleuve au sable d’or, et plus loin encore, lorsqu'il pénètre en

(1) Le P. Krick.

Chine, le fleuve Bleu : c’est le fameux Yang-Tsé-Kiang. Dans son cours supérieur, il n’est pas rare de voir incrusté au milieu de ses eaux, subitement glacées, tout un troupeau de ces grands bœufs sauvages, au poil noir et long, aux cornes superbes, que les chasseurs n’attaquent pas sans danger. Ces animaux ont essayé de traverser le cours d’eau au milieu des glaçons en mouvement ; quelques-uns ont atteint la rive opposée ; les autres, et c’est le plus grand nombre, se sont trouvés pris au milieu des blocs se solidifiant rapidement sous l’action d’un froid devenu tout à coup intense. Leurs fières têtes émergent du fleuve suspendu dans sa marche; la glace est si transparente qu'on aperçoit à travers son épaisseur leurs corps tout entiers : les imprudentes bêtes semblent encore essayer de nager. Des aigles et des corbeaux perchés sur leurs cornes leur mangent les yeux, leur labourent le front ; d’autres planent au-dessus de ces proies assurées en faisant entendre des cris rauques et perçants.

L'hiver est long au Thibet et âpre dans certaines régions. Au mois de juin, il y tombe encore de la neige. Vers les premiers jours de juillet les chaleurs commencent. Les fraises parfument la montagne. Alors, les herbes de la vallée grandissent à vue d'œil, les campagnes se couvrent de fleurs et de verdure comme par enchantement.

C’est dans la belle saison qu'il faut voir certaines vallées, certaines plaines favorisées ; la ravissante plaine de Bathang, par exemple, qui offre aux regards les merveilles de la végétation la plus riche et la plus variée. C’est un véritable jardin qui fournit parfois deux récoltes par an. On y cultive le riz, le maïs, l’orge grise, le blé, les pois, les choux, le navet, les oignons, les melons d’eau. La vigne, le grenadier, le pêcher et l’abricotier y donnent leurs fruits.

Il ya dans les montagnes du Thibet de belles forêts ; les pins, les cèdres, les houx y entrelacent leurs branches vigoureuses, formant un dôme impénétrable au soleil et peut-être à la pluie. Le houx y prend les proportions d’un arbre élevé. Les branches et les troncs de tous ces arbres sont recouverts d’une épaisse mousse.

Dans le Thibet antérieur on rencontre, en outre des troupeaux de bœufs sauvages, des lynx, des chamois, des rennes et des bouquetins.

Le mulet sauvage où cheval hémione abonde dans toutes les parties CONTRÉES MYSTÉRIEUSES, 71

du Thibet. On le tue avec des flèches ou à coups de fusil. Sa chair est appréciée; son cuir est utilisé ; mais on n’a jamais pu le plier à la domesticité.

S'il faut en croire l’abbé Huc, la licorne, qu'on a regardée longtemps comme un animal fabuleux, existe réellement dans le Thibet.

fependant le missionnaire n’en a pas vu. Il appuie son assertion de lextrait d’un Zfinéraire chinois qui dit que la licorne se trouve dans le voisinage d’un lac situé près d’Atdza. Dans le Journal asiatique, Klaproth a donné les noms de la licorne en thibétain (sérou) et en mongol (Æcré).

L'abbé Huc a décrit les monts Tant-La comme une vaste chaîne de montagnes avec un plateau fameux, qui est pent-être le point le plus élevé du globe. Il ne s’y trouve pour toute végétation que des touffes d’une herbe courte, pointue, lisse et dure. Des bords de ce plateau, on apercoit à ses pieds les pics et les aiguilles de plusieurs immenses massifs, dont les derniers rameaux vont se perdre à l’horizon. C’est là un bien grandiose spectacle. Pendant les douze jours que l’abbé Huc et son compagnon, M. Gabet, voyagèrent sur les hauteurs du Tant-La, des aigles monstrueux les suivirent. La descente fut brusque et rapide. Durant quatre jours, ils allèrent comme par un gigantesque escalier dont chaque marche aurait été formée d’une montagne. Au bas du Tant- La se trouvent des sources d’eaux thermales magnifiques. On voit, parmi d'énormes rochers, plusieurs réservoirs naturels où l’eau bouillonne comme elle pourrait le faire dans de grandes chaudières placées sur un feu très vif.

Des monts Tant-La à Lhassa, la déclivité du sol se prononce de plus en plus ; le froid diminue et la terre se couvre d'herbes vigoureuses ; il

y a même de vastes plaines où les pâturages sont d’une merveilleuse abondance.

De nombreux pèlerins se rendent à Lhassa. Les petites caravanes de bœufs à longs poils qu'on rencontre animent la route, jalonnée de pierres sur lesquelles des sentences sont gravées.

À quelques journées de marche de la célèbre métropole du monde bouddhique, le caractère essentiellement nomade des Thibétains s’efface. Les campagnes sont cultivées ; les maisons de terre remplacent les ten-

ns

Fig, 197. — Lamaserie dans la plaine de Bathang,

tes noires. La ville sainte est entourée d’arbres séculaires qui lui font une verte ceinture.

Au bord d’un affluent du fleuve Tsang-bo-tchou, et à un quart d'heure de la ville de Lhassa, capitale de la province et du pays tout entier, s'élève une montagne à trois sommets. Le sommet central, appelé la montagne Rouge, supporte un vaste ensemble de constructions, au milieu desquelles un temple ou palais à quatre étages, surmonté d’un dôme doré que soutiennent des colonnes également dorées, attire de loin les regards. Les statues, les obélisques, les tours, les pierres de grand prix et les métaux précieux sont prodigués dans la décoration de l'édifice. C’est là que réside, entouré de tout un peuple de moines, le plus haut dignitaire du bouddhisme lamaïque, le Dalaï-lama ; c’est là qu'il recoit les adorations et les présents d’une multitude de pèlerins venus de tous les points de la Tartarie, de la Chine et du Thibet, dont la foule, tout à la fois empressée et recueillie, va et vient constamment le long des deux grandes allées d'arbres qui font communiquer la ville de Lhassa avec la montagne.

Le pontificat thibétain est constitué en deux pontifes sacrés dont l’un réside à Lhassa et l’autre à Tachilhounpo. Dans cette contrée mystérieuse il est admis sans conteste que ces pontifes sont immortels : leur âme animant après chaque décès un nouveau corps qui possède la conscience de sa vie antérieure. Ils sont l’expression la plus vivante et la manifestation la plus auguste de la croyance à la transmigration des âmes.

Ces deux grands dignitaires ne sont pas seuls à jouir du privilège de revenir perpétuellement dans le monde ; beaucoup de chefs de couvents ou de lamas le partagent avec eux. Ces personnages forment une classe spéciale et considérable. Les Chinois leur donnent le nom plus expressif que juste de « Bouddhas vivants ».

L'enfant appelé à jouer le rôle de Bouddha vivant y est dressé dès son entrée dans la vie ; à quatre ou cinq ans, on lui fait subir un examen public qui doit le faire reconnaître. On le questionne sur certaines circonstances de sa vie antérieure, c’est-à-dire de la vie du lama qu’il doit remplacer; on lui présente divers objets, habits, livres, sonnettes, écuelles à thé, etc., parmi lesquels il doit reconnaître les siens, c’est-

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à-dire ceux du défunt. Il ne se trompe jamais, et si on a eu soin d'oublier un des objets favoris du lama qui n’est plus, mais qui revit en cet enfant, l'enfant n’a garde d’en prendre un autre à la place, et. il s’écrie d’un ton désolé : « Mais où donc avez-vous mis ma chère sonnette? où est

Fig. 198. — Caravane de porteurs au Thibet.

mon écuelle?» Samuel Turner raconte que, dans la visite qu’il fit dans le monastère de Terpaling au Pan-tchhen-rin-po-tchhe (c’est le collègue du Dalaï-lama) âgé de dix-huit mois, le père et la mère du lama étant seuls présents, l'enfant le regarda avec intérêt et gravité, ne disant rien sans doute, mais paraissant comprendre tout ce qui se passait, attentif à ce que rien ne manquât au visiteur, veillant à ce que sa tasse de thé fût toujours pleine, et manifestant de l'inquiétude quand elle était

vide. Lorsque Turner lui adressa un compliment et lui exprima le chagrin que le gouverneur du Bengale avait éprouvé à la nouvelle du départ du lama de ce monde, et la joie qu’il avait ressentie de le savoir de retour, l'enfant donna des signes d’intelligence et d’approbation. Enfin l'ambassadeur anglais, qu'on ne peut pas plus accuser de tendances lamaïques que de fraude littéraire, et qui avait la tête assez forte pour ne pas être pris de vertige en face du représentant d’une des plus étranges théories que les hommes aient inventées et mises en pratique, conclut son récit en disant : « Quelque soin qu'on ait pu prendre pour former ses manières, je dois avouer que sa conduite dans cette occasion m'a paru naturelle, et qu’elle ne fut nullement dirigée par des gestes ou des signes d'autorité. Condamnons sans hésiter la part d’imposture qui se trouve dans ces scènes lamaïques, mais reconnaissons aussi que tout n’est pas tromperie et fausseté ; il y a là des habitudes prises, une sorte d'aptitude acquise, et, à la base, une conviction entière, énergique, qui domine et subjugue les esprits. Les fourbes, ici, sont peut-être les premières dupes. La croyance à la transmigration des âmes, qui pénètre toute la doctrine bouddhique, qui est à la fois la plus ancienne et la plus facile à comprendre de toute la religion, devait saisir fortement les esprits, fasciner les imaginations des peuples simples et sans culture de l’Asie centrale : aussi, ne doit-on s’étonner d’aucune des extravagances qu'elle a pu engendrer (1). »

Que faut-il croire aussi au sujet de cet arbre étrange des cent mille images dont nous à parlé l’abbé Huc? Chaque feuille porte gravé un caractère en langue thibétaine. Les feuilles poussent ainsi! Devons-nous accuser les lamas de supercherie? En établissant les règles de la langue écrite, n’a-t-on pas plutôt copié les nervures même du feuillage ? Questions insolubles, — de si loin surtout.

L'organisation du lamaïsme actuel remonte au quatorzième siècle de notre ère. Selon la légende, le fondateur du lamaïsme avait trois ans lorsqu'il adopta la vie religieuse ; et sa mère lui avait fait l’indispensable opération de la coupe des cheveux; la chevelure du merveilleux enfant, jetée à terre, y devint aussitôt un arbre magnifique et mira-

(1) Léon Fcer, Le pontificat thibétain.

culeux : c’est l’arbre des cent mille images qui subsiste encore aujourd’hui. L'empereur chinois Kang-hi le fit couvrir d’un dôme d’argent. Auprès de cet arbre, — si curieux à tant de titres, — a été bâti le monastère de Koun-boum, un des plus célèbres, des plus populeux, des plus fréquentés et des plus savants du bouddhisme septentrional.

Les Thibétains ont les cheveux noirs, la barbe peu fournie, les yeux petits et bridés, le nez court, la bouche fendue et les lèvres minces. Ils sont de taille moyenne.

Quant au caractère, on les dit généreux et braves.

Ils ne se rasent pas la tête et laissent flotter leurs cheveux sur leurs épaules.

Ils portent de grands chapeaux rouges. Leur large robe est agrafée au côté droit .par quatre crochets et serrée par une ceinture

rouge ; leurs bottes sont en drap rouge ou violet; — à F

g. 199. — Un patriarche de la montagne, au Thibet. leur ceinture pend un sac

en taffetas jaune renfermant l’écuelle de bois et deux petites bourses de forme ovale richement brodées qui servent de parure. .

Le vêtement des femmes diffère peu de celui des hommes; par-dessus la robe est passée une tunique courte, bigarrée de diverses couleurs. Elles partagent leurs cheveux en deux tresses pendant sur les épaules. Les femmes de la classe inférieure sont coiffées d’un petit chapeau jaune; les grandes dames ont sur la tête une couronne en perles. Les femmes distinguées se soumettent dans leur toilette à une règle qu'on ne leur empruntera certainement pas chez nous ; avant de sortir de leurs maisons elles s’enduisent le visage d’une espèce de vernis noir et gluant qui dissimule toute la beauté de leurs traits. Les femmes qui se barbouillent de la manière la plus excessive sont réputées les plus pieuses. Dans les campagnes les femmes, en général, se noircissent scrupuleusement. À Lhassa, on en rencontre quelquefois qui, au mépris

des convenances, osent se montrer à visage découvert et naturel, mais elles ont une très mauvaise réputation et ne manquent pas de se cacher si elles aperçoivent un agent chargé de faire respecter les ordonnances de police.

Das la province de Kham-do, la plus orientale et aussi la plus âpre et la plus sauvage du Thibet, vit une population de pasteurs nomades que les Chinois appellent Si-fan où Tangout.

Les Si-fan ont plusieurs traits de ressemblance avec les Tartares Mongols et vivent sous des tentes de toile noire. Ils sont caractérisés par une haute stature, une physionomie sauvage, de longs cheveux pendants; ils sont coiffés d'énormes turbans et vêtus de peaux de mouton dont la laine est tournée en dedans, ou d'immenses robes flottantes serrées par une corde à la ceinture. Ces nomades ont de larges et puissantes épaules ; le teint presque aussi clair que des Européens; beaucoup d’entre eux sont remarquablement beaux. Leur allure est aisée ; ils sont vifs, gais, d’une humeur belliqueuse, et font preuve au besoin d’un courage indomptable.

L'abbé Krick à vu des populations entières de Thibétains défigurées par le goître.

Notons, en passant, comme une bizarrerie, que dans le Thibet, pour saluer, on se découvre la tête, on tire la langue, et on se gratte l'oreille en même temps. Lorsque les hommes élèvent vers le ciel les deux pouces de leurs poings fermés, c’est le superlatif de leurs témoignages d'affection et d'estime.

Les sépultures des Thibétains sont de quatre sortes : la première est la combustion; la seconde l’immersion dans les rivières et les lacs ; la troisième l’exposition des corps sur le sommet des montagnes; la quatrième sépulture consiste à couper les cadavres par morceaux et à les faire manger aux chiens. C’est celle qui est la plus en faveur. Les pauvres gens sont tout simplement dévorés par les chiens errants; mais pour les personnes de distinction il y a des chiens sacrés nourris dans les lamaseries. C’est à n’y pas croire!

Quelques mots encore.

Tout le Thibet oriental, et une partie considérable du Thibet occidental vivent sous l’autorité directe de la Chine ; ces provinces loin-

taines sont administrées par des fonctionnaires chinois, qui reçoivent leurs instructions des ministères de Pékin. La transmission des ordres se fait au moyen de courriers à cheval qui trouvent des stations de poste de distance en distance et des chevaux frais. Les dépêches du gouvernement parviennent à Lhassa en vingt-huit jours, tandis qu’il faut

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