Les chutes du Mosi-oa-Tounia, su le Zambèse
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La chute la plus petite est aussi la plus belle « ou, à dire vrai, elle est la seule qui soit belle, car pour tout le reste Mosi-oa-Tounia n’est qu’une sublime horreur. Ce gouffre énorme, noir comme le basalte où il est béant, sombre à cause de l’obscurité du nuage qui l’enveloppe, s’il eût été connu aux temps bibliques, eût été pris pour l’image des régions infernales, pour un enfer d’eaux et de ténèbres plus redoutable peutêtre que celui de feu et de lumière... Parfois, quand l’œil pénètre jusqu'aux profondeurs, à travers le brouillard éternel, il aperçoit une masse aux formes confuses, pareilles à des ruines aussi vastes qu’effroyables. Ce sont des pics de rochers d’une hauteur énorme, sur lesquels l’eau qui les fouette se convertit en une nuée d’écume (1). »
Aux environs de cette chute le Zambèse est parsemé d'îles verdoyantes et fleuries. Les eaux transparentes prennent une teinte vert glauque ; cà et là des crocodiles, des hippopotames gigantesques émergent et replongent parmi les ondes rapides.
Dans sa traversée du Barozé, le fleuve, lors de la saison des pluies, inonde la plaine, qui à une étendue de plus de 50 kilomètres.
Des colonies portugaises occupent le cours inférieur du Zambèse. Elles se composent généralement de sangs-mêlés, gens d’une santé languissante, d’un aspect grossier et plus ou moins engagés dans le trafic des esclaves.
En fait de montagnes, — nous ne nous occupons, qu'on ne l’oublie pas, que de la partie inexplorée ou peu connue de l’Afrique, — les cimes neigeuses du Kilima-Ndjaro et du mont Kénia, situées dans le pays des Masaïs, non loin de l’océan Indien, marquent les points les plus élevés dans l’état actuel de nos connaissances sur ce continent.
Ces géants africains, suivant le baron de Decken, n’auraient pas moins de 20,000 pieds de hauteur. « Le ciel étant clair, dit-il, je pus voir en plein la montagne de neige ; elle semblait-un mur gigantesque, sur le sommet duquel j’aperçus deux tours immenses. Ces deux tours, placées à peu de distance l’une de l’autre, donnent à la montagne un aspect imposant, qui me jeta en de profondes rêveries. Le Kilima-Ndjaro a un sommet en
(1) Comment j'ai traversé. l'Afrique,
forme de dôme, mais le Kénia à la forme d’un toit gigantesque, sur lequel ces deux tours se dressent comme deux énormes piliers qui, sans aucun doute, sont vus par les habitants des contrées avoisinant les latitudes septentrionales de l’équateur. »