‹ Les Contusions du PancréasChapitre 13 sur 36 · SOS · texte numérisé non relu

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après le traumatisme, toutes deux ayant leur origine au niveau du pancréas où dans son voisinage, toutes deux enfin certainement en rapport avec la rupture des vaisseaux sanguins due à la digestion de leurs parois par le suc pancréatique.

Ce sont ces hémorragies qui, dans les cas de contusion du pancréas, obligent à réserver le pronostic, même quand les accidents primitifs sont suivis d'amélioration comme dans le cas de Kolaczeck.

3° Action du suc pancréatique sur le tissu graisseux. — L'action du suc pancréatique sur le tissu graisseux est un des faits les plus curieux à étudier. C’est Balser le premier qui, en 1882, attra l'attention sur ce phénomène et l'appela « Fettnekrose, nécrose graisseuse », parce que les parties atteintes du tissu adipeux sont régulièrement détruites. Cette remarque fut confirmée par Langerhans qui proposa l'expression plus exacte de « nécrose du tissu graisseux, Fettgewebsnecrose ».

Dans ces toutes premières phases, cet état morbide n’est appréciable que sous le microscope. Dans des stades plus avancés, l'ouverture de la cavité abdominale révèle des choses intéressantes et très caractéristiques. L'œil aperçoit dans le tissu adipeux du grand épiploon et du mésentère et surtout dans les points les plus voisins du pancréas, du nombreuses taches ponctiformes de volume variant entre celui d’un grain de millet et celui d'une lentille. Ces taches peuvent converger l’une vers l’autre et venir former des foyers pouvant atteindre les dimensions d’une fève. Leur couleur le plus souvent d’un blanc pur, peut être grise ou jaune, ou au contraire,

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brillant comme de la stéarine. Leur état caséo-granuleux permet facilement de reconnaître le tissu adipeux malade du tissu adipeux normal.

La pathogénie de cette nécrose du tissu adipeux a passé longtemps très obscure. Des travaux récents, sans donner une certitude complète, sont venus jeter beaucoup de clarté sur cette question.

Toute la discussion se résume à ceci: la nécrose du üissu graisseux est-elle due à l’action du suc pancréatique ou à un autre agent destructeur ?

Balser considère la nécrose graisseuse comme une phase ultime d’une prolifération intense du tissu adipeux qui aboutit même à la nécrose partielle.

Chiari reconnaît pour cause à cet état morbide des processus de nécrobiose et Ponfick qui, avant Balzer, avait déjà fait des observations analogues dans la moelle osseuse, croit que la cause de la nécrose du tissu graisseux est d'origine parasilaire.

Payr et Martina attribuent cette nécrose à des embolies de cellules du pancréas ; il ont vu apparaître ces embolies après une contusion légère de la glande. Ces recherches n'ont pas été vérifiées.

Truhart conclut à une action directe du suc pancréatique. C’est le suc pancréatique qui, pour lui, agit sur les cellules adipeuses. Mais le fait existe que dans de nombreuses ruptures du pancréas, la modification du tissu graisseux n'existe pas, malgré son contact avec le suc pancréatique.

Les expériences sur des animaux, fistules chez le chien et le chat, nous apprennent également que chez ces animaux 1l ne faut pas craindre l’action du suc pancréatique.

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Kôürte et Senn prétendent même qu’on peut couper chez le chien et le chat, le pancréas transversalement et même ne pas réunir les deux portions sans danger pour ces animaux.

À cette affirmation on peut opposer les résultats obteaus par Wells qui, injectant à des chats une solution de pancréaline pure à 5 °/, dans du carbonate de soude à 1 °/,, a toujours constaté une nécrose disséminée du üissu graisseux de l'abdomen.

De toute façon on ne peut appliquer ces conclusions à l’homme, car chez d'autres animaux que le chien et le chat, chez le porc par exemple, on constate la nécrose du tissu graisseux.

Le degré d'activité du pancréas pendant le traumatisme est à prendre beaucoup plus en considération ; pendant la digestion les conséquences étant tout autres que dans le jeûne. On peut expliquer ce fait que l’accu- mulation du suc pancréatique dans la cavité abdominale reste parfois sans effet, par les expériences de Paulow et de ses élèves. Ils démontrent que le suc pancréatique ne devient actif qu'après avoir subi l'influence de la bile et de l’entérokinase ; donc pour activer le suc pancréatique épanché, 1l faut une blessure concomitante de l'intestin.

Polya est partisan de cette dernière opinion, mais il interprète cette dernière action par la pénétration du suc intestinal dans le pancréas. On peut admettre en effet qu'une contusion simultanée de l'intestin a lieu, et ses parois broyées peuvent laisser filtrer le suc intestinal dans l’intérieur de la glande pancréatique directement, ou par l'intermédiaire des voies lymphatiques et sanguines.

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Pour Lazarus, il y a deux causes principales à eetle nécrose du tissu graisseux :

1° Une inflammation de nature chimique ou infectieuse ;

2° Une autodigestion.

Aujourd'hui la théorie des ferments semble être la meilleure explication, elle est basée sur l'expérimentaton et bien établie par Hildebrandt et son élève Dettmer. Le liquide secrélé provenant du pancréas lésé et suintant dans le üissu intra et péripancréatique, détermine grâce à son ferment saponifiant, une décomposition de la graisse neutre. Les cellules graisseuses sont détruites et il se forme avec la chaux provenant du sang des savons de chaux, dont les produits solubles provoquent secondairement la fonte, d'où la nécrose.

L'étendue de la nécrose du tissu graisseux est indépendante du degré de destruction du pancréas. Souvent on a trouvé des nécroses graisseuses importantes avec de toutes petites lésions glandulaires.

Cliniquement et expérimentalement il est donc prouvé que c’est le suc pancréatique qui produit la nécrose du üssu graisseux. Nous allons citer quelques observations très suggestives à ce suJel.

Obs. 1 (Simmonns, Münch. med. Woch., n° 6, p. 169, 1896). — Un homme de grande corpulence reçoit pendant la nuit un coup de feu, au côté gauche du thorax entre la Ge et la 7° côte. Dès le matin on le transporte à l'hôpital. La température est à 35°. Le pouls difficilement perçu, le ventre distendu et très douloureux. Le profond état d’anémie fait porter le diagnostic d’ hémorragie interne. La laparotomie est pratiquée.

On trouve du sang coagulé et liquide dans la cavité du ventre et

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