‹ Les Contusions du PancréasChapitre 24 sur 36 · LS PO TES · texte numérisé non relu

LS PO TES

Enfin précisant bien cette période latente du début, dans le cas d’Auvray, les symptômes parurent trop peu graves pour qu'il fût nécessaire de déranger le chirurgien de garde.

L'étude des observations précédentes nous a montré que durant cette période latente, il n'y a parfois aucun symplôme. D'ordinaire on trouve deux signes extrèmement importants : Douleur et contracture abdominale.

La douleur apparaît presque toujours très vite dès qu'a disparu la stupeur causée par le choc traumatique. Quelquefois c’est une douleur diffuse dans tout l'abdomen sans aucun caractère électif. D'ordinaire lorsque les lésions n’atteignent que le pancréas, la douleur est localisée à l'épigastre, ou plus rarement à l’hypochondre gauche en cas de blessure de la queue du pancréas. Cette douleur est exaspérée par la pression, toutefois une pression superficielle déprimant seulement la paroi abdominale est habituellement bien supportée, tandis qu’une pression profonde qui comprime le pancréas contre la colonne vertébrale détermine une douleur extrêmement vive.

Dans le cas d'Auvray, la douleur présentait des caractères très parüculiers. Toutes les trois ou quatre minutes le blessé reposant sur le dos était pris d’une cerise de douleurs violentes à point de départ épigastrique, qui lui arrachait des cris, irradiant dans les deux épaules et s’accompagnant de secousses convulsives des muscles de la région de l'épaule. La crise douloureuse était calmée par une pression sur la partie antérieure des deux épaules, ayant pour effet de comprimer le dos sur le plan du hit. Auvray pense que ce caractère très spécial des douleurs

ne.le retrouve signalé dans aucune autre observation.

La contracture abdominale apparaît également presque toujours de bonne heure ; parfois diffuse, elle est presque toujours bien localisée à l’épigastre, prédominant même parfois sur une partie de la région épigastrique, ainsi dans le cas de Piquand, la contracture était limitée tout au début au muscle droit du côté droit. Cette localisation constitue un signe de grande valeur indiquant presque sûrement la blessure d’un organe de l'étage supérieur de l'abdomen. C’est cette contracture localisée qui a conduit Garrè, Karewski, Heincke, Hofmeier à opérer dans les prenuères heures.

était dû à la blessure du pancréas ; malheureusement on

Douleur et contracture abdominale constituent habituellement pendant un certain temps les seuls signes d'une blessure isolée du pancréas. Le pouls est à peu près normal, il n'y a pas de fièvre, peu de vomissements, pas de météorisme abdominal. Cependant au bout de quelques heures l'examen du ventre montre en même temps que la contracture une matité épigastrique résultant de l'épanchement de sang et de suc pancréatique dans l’arrière-cavilé des épiploons. Mais cet épanchement souvent peu considérable est masqué par la sonorité de l’estomac et peut facilement passer inaperçu.

Cette période initiale de latence presque complète présente une durée très variable. Souvent elle ne dure que quelques heures, mais elle peut persister pendant plusieurs jours (Wagstaif, Schneider, Hadra, Picqué).

Après ce frei-intervalle, les phénomènes sont extrèmement variables suivant la gravité des lésions du pancréas

et suivant les complications qui les accompagnent. Les LENOIR. a)

Page 1