‹ Les Contusions du PancréasChapitre 25 sur 36 · LAVER · texte numérisé non relu

LAVER

contusions du troisième degré se compliquent habituellement de péritonite. L'infection peut venir de la blessure d’un organe voisin du pancréas à contenu septique comme dans le cas de Groeningen :

Obs. 19. — Un homme reçoit un coup de pied de cheval dans le creux de l'estomac, demi-heure sans connaissance, douleurs aiguës, vomissements. Mort après deux Jours de symptômes de péritonite. À l’autopsie, déchirure du jéjunum, hémorragies sous le péritoine, dans lépiploon, le pancréas, le mésentère, les parois de l'intestin grêle et du gros intestin. Péritonite.

Morestin a observé à l'hôpital Saint-Louis une déchirure du pancréas par contusion de l'abdomen. Le sujet avait été renversé par une voiture qui lui avait passé sur le ventre. Outre cette lésion 1l existait une perforation intestinale et une blessure de la rate. Au moment de l'intervention pratiquée tardivement, le malade n'ayant été amené à l'hôpital que 48 heures après l'accident, il y avait une péritonite diffuse qui emporta l’opéré. La plaie du pancréas siégeait à gauche de la colonne vertébrale, elle ne saignait plus. Sur le péritoine et l'épiploon on apercevait un grand nombre de taches blanchâtres, comparables à des gouttes de bougie, caractéristiques de l’effusion du suc pancréatique.

Dans les cas où la déchirure est limitée au seul pancréas, l'infection de la séreuse est réalisée soit par voie sanguine, mas surtout par voie canaliculaire, il y a infection ascendante par les canaux excréteurs rompus.

Obs. 20. — Un homme de 20 ans reçoit un coup de volant de machine dans l'abdomen, Extérieurement aucune trace de blessure. Par contre, douleur intense à l’épigastre surtout à la pression et au

moment des vomissements. L’abdomen pas météorisé. Pouls et température normaux. À la laparotomie on trouve environ 300 centimètres cubes de sang sur le foie, la source de l’hémorragie n'a pu être trouvée. Fermeture. Drainage. Le lendemain, mort avec le tableau de péritonite. A l’autopsie, on a trouvé environ un demi litre de sang épanché, le pancréas coupé en son milieu comme avec un couteau, artères et veines spléniques déchirées. Les autres organes abdominaux non blessés (Villière).

Cette infection dn péritoine se fait d'autant plus facilement que le contact du suc pancréatique, comme nous l'avons signalé dans un chapitre précédent, irrite la séreuse, que le tissu pancréatique écrasé, rapidement nécrosé, constitue un excellent milieu de culture ainsi que le sang épanché.

Cette péritonite se traduit par les signes habituels : douleur, vomissements, accélération du pouls, élévation de la température, météorisme abdominal. Ces symptômes ne présentent aucune particularité qui indique leur origine pancréalique, si ce n'est que les accidents sont habituellement limités à la région épigastrique. Parfois, cependant, il peut y avoir péritonile généralisée.

En résumé, l'étude des observations précédentes nous montre, avec la notion du traumatisme en la région épigastrique, un ensemble de signes permettant d'établir l'existence d’une lésion d’un organe siégeant dans l’élage supérieur de l'abdomen. Il serait de toute importance de pouvoir localiser la lésion au pancréas, surtout quand c'est le seul organe lésé par le traumatisme. Nous avons vu à la physiologie pathologique, que :

Ni la présence d'indican ;

— de glucose ;

GRR

Ni la présence de maltose ; La de pentose ; Ni la réaction de Cammidge ; 22: d'Opie ; ne permettent d’avoir la certitude, et avant l'acte opératoire nous attacherons plus d'importance avec Guinard :

A la bénignité des symptômes initiaux ;

A l'absence ou à la faiblesse des vomissements ;

A la douleur modérée et sans grande défense musculare ;

Au pouls peu fréquent.

Tels sont les signes négatifs qui peuvent au début dans une contusion de l'étage supérieur de l'abdomen, faire penser à une lésion du pancréas. A titre exceplionnel on peut noter la douleur des épaules comme daus le cas d’Auvray,- l’existence d’une sialorrhée d’une abondance extrême qui entraîne une double parotidite comme dans le cas de Guillemain, ce seront de fortes présomptions en faveur d’une lésion du pancréas.

C'est un point très caractéristique de l'histoire clinique des contusions isolées du pancréas que leur latence iniliale relative, la véritable existence d’un intervalle libre avant l'apparition des signes de localisation, ce sera un élément clinique très important pour le diagnostic.

Si quelques jours après un traumatisme, on constate des signes de péritonite localisée à maximun épigastrique, avec voussure et douleur plus marquées en cette région, on peut affirmer une lésion viscérale. Tenant compte alors de la bénignité des symptômes initiaux, de l’évolution des signes de péritonite après un frei-intervalle, on pensera avec raison à une contusion du pancréas,

mn pÿ re

$ 2. — Pseudokystes pancréatiques.

Lorsque l'hémorragie n'est pas mortelle, et que l’infecton est légère ou nulle, cas habituel des contusions du deuxième degré, nous avons un tableau clinique très spécial, la conlusion du pancréas se vérifiant par la formation d'hématome ou de pseudokyste traumatique.

Au point de vue anatomo-pathologique, comme au point de vue clinique, nous pouvons diviser cette évolution à la suite de contusion du pancréas en trois classes de lésions.

Page 1