Labour Gazelle, janvier
2,5. et B. Webb, History of trade-unionism, pp. 57-107.
1805. Les tonneliers de Londres avaient, en 1815, une organisation reconnue ; cette année, un tarif des
salaires fut établi par les représentants des patrons et des ouvriers, tarif qui fut revisé en 1816 et 1819, sans
que les ouvriers aient été poursuivis pour ces faits.
Les fabricants de brosses de Londres ont établi, après entente entre employeurs etemployés,une convention collective réglant l’organisation générale du travail, en 1805 ; cette convention est encore en vigueur aujourd'hui, après plusieurs revisions successives (1).
De 1800 à 1824, les clubs et sociétés d'ouvriers de métiers et d'artisans furent l’âme du mouvement trade-unioniste. Ce mouvement aboutit à l’Act du Parlement du 21 juin 1824 qui autorisait les coalitions d'ouvriers, passagères ou permanentes, pour le règlement des salaires et heures de travail. Loin d'accorder un régime de liberté complète aux unions ouvrières, on interpréta la loi de 1824 d’une façon restrictive et la tyrannie des patrons valut aux ouvriers qui se coalisaient des vexations de toutes sortes. Les ouvriers répondirent par une véritable révolution politique et sociale qui fait de la période de l’histoire anglaise, qui va de 1825 à 1835, une période très agitée et très troublée au point de vue économi-
que (2).
1. H. Crompton, /ndustrial conciliation ; — L. Price, /ndustrial peace. Les deux ouvrages racontent les premiers efforts des ouvriers anglais pour conclure des ententes collectives avec leurs patrons.
>. S.et B. Webb. History of trade-unionism, pp. 102-161. Les Webb désignent eux-mêmes cette période de l’histoire du trade-unionisme comme
période.de la Révolution,
A cette période succède une ère de prospérité industrielle, qui permet aux unions ouvrières de s’organiser, en limitant strictement leur action à l’amélioration des salaires et des conditions du travail. De 1840 à 1860 les unions se fortifient et grandissent et se groupent en un comité central, la Junte (1), dont le but est d'assurer à tous les ouvriers syndiqués les conditions consenties par les meilleurs patrons dans chaque métier. Grâce à cette politique économique habile et énergique, les ouvriers anglais obtinrent par les lois du 13 août 1875 et du 30 juin 186 la reconnaissance officielle des tradeunions (2).
Les patrons anglais ont aujourd'hui, et depuis plus de trente ans, accepté le principe de la réglementation des conditions du travail et de la solution des confits industriels par des comités mixtes de concilation ou par des arbitres choisis par les deux parties. De nombreux conseils de conciliation et d’ar-: bitrage ont été établis de 1867 à nos jours. En un mot, patrons et ouvriers ont réussi, en Angleterre, à substituer les conventions collectives de travail au contrat individuel (3).
L'industrie du bâtiment est celle qui pratique la convention. collective de travail depuis le plus grand nombre d'années. On peut citer comme contrat-type la convention passée entre l'association centrale des masters builders de Londres et les délégués des unions de maçons, charpentiers, menui-
1, S. et B. Webb, {ndustrial democracy, p. 249. — History of trade-unionism, pp. 212-220.