‹ Les Conventions Collectives Relatives aux Conditions du TravailChapitre 31 sur 69 · Cf. Sociale Prazis, année 1902, n · texte numérisé non relu

Cf. Sociale Prazis, année 1902, n

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pionniers de l’organisation du travail, c’est qu'ils occupaient une situation privilégiée. En dehors de connaissances économiques très développées, les imprimeurs avaient une culture générale bien plus élevée que dans les autres métiers. De plus, les relations entre patrons et ouvriers étaient amicales et cordiales. Enfin, on peut dire que par leur métier même, les imprimeurs étaient mieux préparés aux conventions collectives ; en effet, pour l'imprimerie, les méthodes de travail sont uniformes partout, l’emploi des matières premières est le même dans toute les régions ainsi que celui des instruments de travail. Toutes ces raisons permettaient l’extension de la convention collective à l’ensemble de la nation, ce qui est diflicile sinon impossible à réaliser pour les autres industries (1).

Depuis 1873, la convention collective nationale des imprimeurs se développe chaque année et tend à la perfection absolue. En 1886, la question de l’apprentissage fut réglée par la convention. En 1907, à la dernière revision, ce fut le tour de la question de la preuve du contrat de travail. Ce qui nous frappe, en même temps, c'est le mouvement lent et silencieux, mais puissant, qui tend à implanter de plus en plus solidement la réglementation collective du travail et à l'étendre, étape, par étape, au pays entier. C’est ainsi, qu'en 1901, on gagna à la cause de la convention collective les régions rhénanes et de la Westphalie longtemps réfractaires. Quelques

1. Fanny Imle, Gewerbliche Friedensdokumente, pp. 3 à 59 ; — Sociale Praxis, année 1903, n° 40.

chiffres vont nous permettre de faire ressortir ces

progrès (1).

Tableau des imprimeries et des imprimeurs soumis à la convention collective (2).

1896 : 895 établissements avec 15.550 employés dans 285 localités

1902 : 3.464 » 36.527 » 1.043 Oo» 1903 : 4.251 » 39.464 » 1OTO) 1904 : 4.559 » h1.438 » 1.382 »

Il résulte des chiffres indiqués au 1° juillet 1906 que 66 0/0 des patrons et 90 o/o des ouvriers imprimeurs, en Allemagne, sont aujourd'hui soumis à des conventions collectives pour la réglementation de leurs conditions de travail.

Une réglementation analogue pour l’ensemble de l'Allemagne a été entreprise par les lithographes et les graveurs, qui ont conclu une convention collective de travail en 1903 (3). Mais les résultats dans ces industries sont restés bien au-dessous de ceux obtenus par les imprimeurs. Quant aux relieurs, ils ont conclu, en 1805, une convention collective qui ne s'étend encore qu’à Berlin, Leipzig et Stuttgart,

1. Sociale Praxis, année 1904, n° 30 ; — Sociale Praæis, année 1902, n° 35.

2. On trouvera un compte rendu complet des étapes successives de la convention collective de travail pour l'imprimerie dans Fanny Imle. Les mêmes exemples et les mêmes arguments se retrouvent dans deux brochures socialistes allemandes : Dennoch, par Sombart, et Die Deutsche Gewerkschafisbewequng, par Legien.

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