‹ Les conversations du jour de l'an chez Madame Du Deffand il y a un siécleChapitre 2 sur 22 · II OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

II OBSERVATIONS

dialogue, maniée avec légèreté et précision, ait une sorte de grâce d'évocation.

Ce n'est pas d'hier que nous avons remarqué et noté les Conversations, au tome V de VEspion anglois. Il y a vingt ans déjà, nous avons mis le sinet à ce morceau curieux, et le livre ne nous est plus passé par les mains sans l'avoir irrésistiblement feuilleté à ce bon endroit. Cet attrait persistant, et les recherches qu'il nous a imposées, ont amené, à la longue, la remarque bibliographique qui fait l'objet de cette note, et peut se résumer en ceci : Non-seulement Pidanzat de Mairobert a rédigé les douze premiers volumes des Mémoires secrets, sans parler des Suppléments des volumes postérieurs, mais il est l'auteur, le seul auteur, des dix volumes de VEs' pion anglois, dont on ne lui attribue que les quatre premiers* Jamais écrivain, interrompu dans son œuvre par une mort inopinée et violente, n'eut moins les honneurs d'un aussi notable effort littéraire que le sien.

Les Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres en France..»^ connus sous le nom de Bachaumont, commencèrent à paraître en janvier 1777* L'Observateur anglais^ l'Espion anglois, à partir du cinquième volume, fut mis sous presse un peu plus tard. Les Mé" moires secrets annoncent son apparition au

NOUVELLES. m

14 septembre de la même année : « VObserya" teur anglais fait un bruit du diable, sur parole, car on ne connaît que très-peu d'exemplaires que ne montrent pas ceux qui les ont... »

Aucun bibliographe ne semble s'être aperçu que la seconde en date de ces publications, dans les intentions de leur auteur commun, devait former un recueil annexe et complémentaire à la première, comprenant les documents et pièces de toute sorte d'une trop grande étendue pour prendre place parmi les nouvelles à la main soigneusement morcelées, émiettées même, des Mémoires secrets. Et Mairobert n'entendait pas se priver de reprendre, comme c'était son droit, dans le plus ancien recueil en date, nombre de menus faits et de détails anecdotiques pouvant figurer dans les morceaux de longue haleine du deuxième, sans se mettre en de nouveaux frais de rédaction. Les Conversations du Jour de l'an en fournissent, elles seules, de suffisantes preuves ; on le constatera en se reportant à nos notes sous les numéros 2, 4, 6, 23 et 26 ; de même qu'à la note 1 1 , on relèvera un exemple d'histoire mise en réserve pour être racontée dans toutes ses particularités, dont l'auteur a composé la Lettre X, du tome V de* V Espion, le premier des volumes du recueil qu'on a persisté, sans examen, à ne pas lui attribuer.

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