‹ Les conversations du jour de l'an chez Madame Du Deffand il y a un siécleChapitre 3 sur 22 · IV . OBSeBVATIONS · texte numérisé non relu

IV . OBSeBVATIONS

Lorsqu'il mit en train, à neuf mois d'intervalle, les Mémoires et l'Observateur^ Mairobert avait cinquante ans ; il s'était montré, toute sa vie, nouvelliste . passionné , et Tétait plus que jamais. Par une fantaisie qui a fait hési ter ses biographes, il se prétendait fils de Petit de Bachaumont et de M'"^* Doublet de Persan dans la maison de qui il avait été élevé ; façon gaillarde et littéraire de se poser en héritier de la nouvelle et du fait-divers personnifiés. Ses successeurs dans la rédaction des Mémoires se^ crets le dépeignent comme un grand amateur, en quête de toutes les nouveautés qu'il rassemblait, ne manquant auoune première représentation, et toujours entouré dans les foyers. Côté extérieur d^une vie sérieuse, appliquée, estimée et honorée : il avait eu successivement les confidences de grands fonctionnaires, tels que Malesherbes, Sartines et Lenoir ; il était devenu censeur royal, secrétaire des commandements du duc de Chartres, et avait le titre de secrétaire du roi. Dans aucun temps, sans doute, un annaliste, par vocation, de la république des lettres, ne s'était mis à l'œuvre avec une telle expérience, une passion si vivace, et des réserves rassemblées d'aussi longue main aux sources les plus abondantes et les plus diverses.

Cette accumulation de documents variés et de

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