VI OBSERVATIONS
d'un cataclysme final, vaguement pressenti. Sans parler de la préface des Mémoires^ où l'évolution philosophique du xviii^ siècle se trouve exposée avec une netteté, une décision comminatoire, les quatre premiers tomes de l'Observateur surtout sont une suite de témoignages de Tirritation morale qui était alors Tétat général des esprits : « Si vous eussiez consulté tous les Français avant les États-généraux, écrivait un royaliste en 1792, vous auriez vu que chacun voulait un peu de la révolution actuelle. Il semble que la fortune n'ait fait que recueillir les voix, pour la donner tout entière (i). »
Quoi qu41 en soit, durant les deux années et quelques mois qui lui restaient à vivre (janvier 1777 à avril 1779), Mairobert s'épargna assez peu pour desserrer de continuité, et comme d'abondance, les douze premiers volumes des Mémoires et les quatre premiers de VObservateur^ juste le tiers de ces deux recueils, à propos desquels son nom reste si peu prononcé. L'un devait se terminer en 1784, et Tautre en 1789 seulement.
Les Mémoires secrets eurent facilement des continuateurs. Pour V Observateur, ce fut tout autre chose : après Mairobert il ne se trouva plus d'homme expérimenté, équipé, et de reins
(i) Rivarol, Pensées inédites.