La Bonne Souffrance , Préface, p
âme orageuse ». Le récit de sa conversion, « sincère et scrupuleusement exact », nous assure-t-il lui-même1, écrit dans une langue savoureuse qui n'est pas la langue classique, bien agencé — j'allais dire presque trop bien par endroits, mais l'art tout seul ne détruit pas la sincérité — est, en somme, très touchant.
Adolphe Retté,né et baptisé dans la religion catholique, mais « élevé sans la foi », fut mis dans un collège protestant et suivit les pratiques de la confession d'Augsbourg. Il n'en garda qu'un vague théisme et un invincible éloignement pour la sécheresse de la religion réformée. A dix-huit ans, engagé comme soldat, il fit... tout ce qu'un soldat peut faire. Rentré dans la vie civile, il écrivit des livres où il mêla « l'érotisme au blasphème ». Socialisme, anarchie, collectivisme, radicalisme, paganisme orgiaque, bouddhisme brumeux, il traversa ces diverses hôtelleries sans trop s'y arrêter, allant de l'une à l'autre, dégoûté, enfin de compte, des hommes politiques avec lesquels il collaborait, mais haïssant encore plus le Christ, de cette haine mystérieuse que souffle l'enfer. Un jour, à Fontainebleau, où il avait annoncé pompeusement, dans une conférence, que la science amènerait l'âge d'or, des