CHANSON
Ce n'est pas peu de cliose d'être content de Dieu et de l'univers.
Leibniti.
Aux blés! aux blés! les brunes filles!
Là-bas, sous les ardents rayons, L'épi mûr songe à vos faucilles En se courbant sur les sillons;
Accourez, il vous fera fcte, Car ses hauts brins échevelés Vous font des signes de li tùlc^ Aux blés! auxl)los!
Au bois ! au bois ! les haches l)lanches !
Là-bas les chênes couronnés Laissent tomber leurs vieilles branches Sur leurs grands pieds déracinés ; Leurs rejetons ont soif de vie; Le vent pousse sa grande voix Oui vous appelle et vous convie Au bois ! au bois !
Aux prés 1 aux prés l les bœufs superbes !
Là-bas, sur son lit de velours Le peuple vert des longues herbes Se dresse au bruit de vos pas lourds ;
Le myosotis au cœur tendre, Parmi les roseaux acérés, Est fatigué de vous attendre Aux prés ! aux prés 1
Aux flots ! aux flots t les barques vives!
Là-bas, roulant sur les galets, Les belles vagues attentives Yont au-devant de vos filets ; Par delà les rochers, la brise, Émue aux chants des matelots.
S'arrête immobile et surprise ; Aux flots! aux flots!
Au ciei ! au ciel ! les âmes pures 1 Là-haut on a besoin d'amour; Les chérubins par leurs murmureg^ Vous attirent au bleu séjour;
Tout est misère dans ce monde, Près d'eux, tout est parfum et miel Ames, ouvrez votre aile blonde, Au ciel! au ciel I
Octobre 18S7.