XERCÈS
La guerre coûte plus que ses frais; elle coûte ce qu'elle empoche de gagner,
Say.
Parmi tous ces héros, demi-dieux de Tépée Qui, dans le saug humain traçant leur épopée. Sont venus jusqu'à nous, grandis et glorieux. Apportas sur les bras des ancêtres pieux ; Parmi tous ces Nemrods et tous ces Alexandres, Qui prenaient les cités et les changeaient en cendres, Qui foulaient Thomme aux pieds comme un pâle bétail, Dont les chevaux avaient du sang jusqu'au poitrail,. Qui n'avaient pour désir, pour espoir et pour rêve Que le glaive, toujours le glaive, encor le glaive;
Ai
Parmi tous ces fléaux du Dieu vengeur ; parmi Ces conquérants brutaux qui n'ont jamais dormi Et qui toujours suivaient leur chemin fanatique, C'est toi surtout que j'aime, ô roi mélancolique, Qui, sur tes éléphants traversant le désert.
Attachais des colliers au sycomore vert, Qui, te croyant divin, voulais charger de chaînes Les flots noirs souriant à tes colères vaines ; C'est toi, vêtu de pourpre et la couronne au front, Levant les yeux au ciel dans un regard profond. C'est toi, dont se souvient ma mémoire charmée, Xercès ! qui pleurais en comptant ton armée !
Avril 1850.